Jérusalem : Trump faiseur d’Histoire.

Ça y est, l’impensable s’est produit au Proche-Orient : les États-Unis d’Amérique ont reconnu Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël. Qu’un pays change de capitale est rare mais d’autres cas existent à l’époque moderne, par exemple Brasília au Brésil,  Ankara en Turquie. Là, il s’agit pour 220 millions d’arabes et 1,2 milliard de musulmans, de la reconnaissance de Al-Quds comme capitale de l’État Juif.

Lorsque Islamabad à été reconnu comme capitale du Pakistan, avec le message religieux fort et agressif que cela représentait pour les minorités bouddhiste et chrétienne les susceptibilités musulmanes, toujours monovalentes, furent moins choquées…

 

A quoi faut-il s’attendre ? A ces défilés grotesques et massifs de foules mahométanes, brûlant des drapeaux, outrageant des effigies, éperdues de haine, populaces abruties, dangereuses surtout pour-elles mêmes. Et bien peut être pas, certes nous aurons des rassemblements soi-disant spontanés au Liban, en Iran, à Gaza, au Pakistan, nous verrons des images d’hommes hors de leur humanité hurlant leur intolérance, éructant, baveux, mais rien de marquant ne sera toléré en Égypte, en Jordanie, dans les émirats ou à Riyad ; la paresse magrébine sera à l’œuvre, le Yémen est bien petit, les réactions en Indonésie pourraient surprendre, Damas, c’est-à-dire Moscou, sera à scruter. En terre d’islam on crie fort le mensonge et on chuchote les vérités.

Dans un contexte de questionnements internes à l’islam de plus en plus vifs, à l’instar du Maréchal Sissi,  et de tensions internationales, il est probable que le monde shiite formera l’essentiel de la protestation, les sunnites suivront davantage l’exemple Wahhabite.

Ce dernier mot nous ramène à l’origine du conflit ; et aux mensonges. Ibn Taymiya, à la fin de notre XIIIeme siècle contestait la « sainteté » musulmane de Jérusalem et l’un de ses disciples Ibn Qayyim al-Jawziya la véracité de la sunna afférente, leurs arguments furent souvent repris y compris en Égypte dans les années 1920/30.

De quoi s’agit-il ? Déjà, Mahomet n’a jamais mis ses babouches en Palestine, ni d’ailleurs autre part qu’en Arabie, le Rocher du Dôme comme lieu du « Voyage nocturne » vers le paradis n’est qu’une récupération tardive d’après les croisades, calquée sur l’ascension de Jésus sur le Mont du Temple … c’est-à-dire au même endroit !

Jérusalem n’est jamais citée dans le coran, le nom de la mosquée Al-Aqsa (l’éloignée) désignait une mosquée isolée en Arabie ou Mahomet venait prier et qui, elle, est citée ; ce sont les Ommeyyades, dans leur mouvement géo-politique vers l’ouest, qui, après avoir transféré leur capitale à Damas, élèvent une mosquée à Jérusalem, bourgade insignifiante à l’époque, et lui donnent, perfidement, ce nom. Puis, par un transfert ou la mauvaise fois le dispute à l’inculture, les musulmans désignent cette mosquée comme étant celle où Mahomet priait, la rendant sainte par la-même. Imaginons que lorsque les anglais étaient maîtres de l’Arabie qu’ils aient bâtis une église à La Mecque en lui donnant le nom de Saint-Pierre, et qu’aujourd’hui nous estimions que la Mecque est une ville sainte chrétienne parce Saint Pierre y a prié !

Rappellerons enfin que Jérusalem est une ville liée à l’hébraïsme 2 000 ans avant l’arrivée de l’islam, et au christianisme dés son origine, 650 ans avant Mahomet, les musulmans n’y arrivant que plusieurs décennies après la mort de leur prophète. Hors des périodes de crispations politiques ou théologiques les musulmans laisseront généralement la ville dans un état d’abandon économique et n’en feront jamais une capitale, même locale.

 

Il n’y a donc aucune justification historique à la revendication d’une sainteté musulmane sur Jérusalem, c’est en réalité pour dénier aux juifs et aux chrétiens leurs droits légitimes, pour recouvrir les croyances antérieures, que la sacralité islamique du lieu à été, rétroactivement, inventée.

Les lieux saints de l’islam sont tous situés en Arabie, ce qui est normal pour un dogme de bédouins ; voyons, dans cet islam qui aime les symboles, comment la géographie rend compte de la qibla : un musulman de Riyad qui prierait vers Jérusalem serait prosterné face à Rome et Saint-Pierre, le faire à Medine –lieu hautement sacré– revient à montrer son arrière-train à la Mecque, décapitation garantie !

Vu de Téhéran, et cela nous ramène aux considérations politiques, l’angle est faible entre Jérusalem et La Mecque, et regardant vers la Méditerranée on survole une bonne part du monde Shiite.  Il n’y a guère que les musulmans de Mogadiscio qui peuvent en même temps se tourner vers Jérusalem et La Mecque, et ceux d’Istanbul …

 

Cependant la situation internationale est tendue à un point d’étiage ; la crise coréenne, l’inquiétude écologique, l’instabilité financière, l’immigration incontrôlée en occident, le Brexit, la Chine offensive, sont des ferments de crises de grandes amplitudes qui devraient bien vite prendre le dessus sur le choix de la capitale de l’État d’Israël. Le moment choisi par Trump pourrait ainsi permettre d’étouffer le séisme politico-culturel, et, la réaction passionnelle étant passée, de replonger Jérusalem dans l’indifférence musulmane où elle fut cantonnée durant de longues périodes ; le futur roi d’Arabie Saoudite n’y serait sans doute pas opposé.

Mais il y à l’apprenti-sorcier Erdogan, celui qui rêve du califat, le vrai, celui de Saladin, celui de Soliman, et pas celui des cavalcades sanglantes de l’État Islamique façon Tamerlan ; c’est du coté de Ankara que pourrait venir la réaction la plus vive, la plus construite et la plus fondée politiquement. Si Jérusalem perd son statut inventé de lieux saint de l’Islam, alors seuls subsisteraient ceux d’Arabie, c’en serait fini de la tentative politique de faire croire à un islam universaliste et rejetterait celui-ci dans ses origines obscures et exclusivement arabes. Cela permettrait aussi sans doute de freiner l’épuration religieuse menée au Moyen-Orient qui en un siècle a vu la proportion de non-musulmans passer de 35 % à 5%.

 

L’absurde « processus de paix » cher à Clinton, Obama et aux forces de gauche dont la simple consultation d’une carte démontre le coté « couloir de Dantzig » est clôt par cette décision américaine, qui rappelons-le date de 1995 ; la solution du conflit Israélo-palestinien dite « à deux états séparés/imbriqués » étant tout aussi impraticable que le retour aux frontières de 1967, on peut imaginer que nous assistons aux premiers pas d’une solution similaire à celle choisie pour les fortes minorités de l’est-européen à la fin de la seconde guerre mondiale.

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2 commentaires sur “Jérusalem : Trump faiseur d’Histoire.

  1. … la ville dans un état d’abandon économique… A l’époque, aujourd’hui tout un pays (l’Algérie) ce qui explique (entre autres) l’envahissement que nous subissons.
    … Hors de leur humanité hurlant leur intolérance, éructant, baveux… Tu parles de qui ? des Républicains en marche ? Des socialistes ? des « Gaullistes (enfin de ceux qui s’en réfèrent), and so one (comme il sera dit dans le futur Français !

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