Macron : forfait contre les musées

Publié dans Riposte Laïque

 

On se souvient de Georges Pompidou citant Paul Éluard au cours d’une conférence de presse, on ne saurait attendre tel à-propos de notre immature hôte provisoire de l’Élysée, ni d’une majeure partie de la classe politique issue de formations scolaires détournées de la culture. Signe des temps, ces gens qui se gargarisent de parler le sabir impérialiste, ce globish marqueur de la servitude écolo-libérale ou économico-libertaire, ont perdu tout lien réel, sensible, vibrant avec la nation. La France est au monde par son dialogue constant avec l’art, nulle nation plus que la nôtre n’a entretenu de liaison aussi intime avec cette extrême finalité de l’homme.

Emmanuel Macron, ci-devant président, toujours à l’affut d’un mauvais coup contre la France, a exposé son intention d’amputer de 26 objets les collections africaines de nos musées.

Ce forfait ne serait que le premier d’autres prélèvements devant aboutir à terme à l’élimination de notre patrimoine culturel et scientifique ayant trait à l’Afrique ancienne. Pour empêcher l’arbitraire des décisions politiques, la loi française a fixé le principe de l’inaliénabilité des collections muséales publiques ; exprimant cette volonté de passer outre, Emmanuel Macron renoue avec une pratique totalitaire : le fait du prince.

Cette nouvelle provocation de monsieur Macron contre la culture en France s’inscrit dans sa démarche constante de dénigrement de la France, de soutien au « parti de l’étranger » et de la soumission aux folies sociétales de la gauche.

Par minable peur ou complicité objective, aucun parti n’a encore réagi à ce crime, pourtant les arguments ne manquent pas.  Voici ce que l’on aurait aimé entendre dans la bouche de responsables politiques que l’on croyait attachés à la France, à son œuvre, à son renom, à son influence, voici quelques vérités concernant les collections africaines conservées dans les musées français.

– Le droit international est clair ; la propriété de ces objets par notre pays est légale car elle ne provient pas de captures militaires après 1899 (convention de La Haye) et respecte les engagements contractés lors des indépendances des anciennes colonies ;

– Ces objets n’étaient pour la plupart pas considérés comme des œuvres d’art ou des témoignages historiques par les populations africaines de l’époque, ou même par les pouvoirs politiques présents au moment de la colonisation. C’est l’analyse européenne, et principalement française, qui a détecté, au sens occidental, que ces objets avaient des caractéristiques permettant de les identifier comme « œuvres d’art » ;

C’est en France, après une phase curieuse ou ethnographique, grâce notamment au mouvement surréaliste, que ces œuvres entrent dans la conscience collective comme universelles ;

– En Afrique, la revendication de « retour » est un fait récent mis en œuvre médiatiquement par des élites africaines, occidentalisées, vivant en Europe ou aux États-Unis, largement instrumentalisées soit par les milieux mondialistes de gauche, soit par des forces politiques et économiques ne se préoccupant que de la réduction de l’influence française en Afrique. Les visées de ces belles âmes ne sont donc pas culturelles ;

En France, cette revendication de la « restitution » est une demande ancienne de la gauche, toujours prompte à dépouiller la France, augmentée ces temps-ci d’une repentance névrotique et d’une cécité mémorielle. Des organisations racistes et séditieuses sont à l’origine du regain actuel. Là aussi, le volet culturel est un alibi pour des objectifs de basse politique intérieure ;

– Les ressources financières et les moyens humains dont disposent les États africains, l’instabilité économique et politique de l’Afrique depuis 1960, induisent que ces œuvres seraient aujourd’hui disparues ou oubliées sans la conservation et l’étude menées par des scientifiques français, à la demande de notre nation et grâce à son financement ;

L’état actuel des musées africains, pourtant sous perfusion financière de la France et des organisations internationales financées par les Occidentaux, ne permet pas la réception de ces œuvres et leur entretien, ni même ne peut assurer leur garde. De nombreux exemples d’incurie, de vols ou de destructions volontaires à argument religieux attestent du danger que ces objets, appartenant à l’Histoire du monde, soient détruits ou captés par des oligarques ;

– La France, première destination touristique mondiale, offre à ces œuvres une visibilité qu’elles n’auraient pas en Afrique ; elles sont exposées et conservées dans des conditions optimales que permet l’excellence française dans ce domaine.

Ces objets appartiennent à la France qui en est la dépositaire soigneuse, au nom des principes les plus élevés de sa culture nationale et d’événements politiques inamovibles.

L’Histoire est passée, douloureuse et rude, elle laisse des traces dans les inconscients collectifs ; pour avoir été colonisé, il faut avoir été colonisable, c’est ainsi et nul n’a le pouvoir de réécrire le passé.

Renoncer, ne serait-ce qu’à une seule de ces œuvres, dans ce contexte et de cette manière, c’est acter le début de la mort de notre nation, c’est faciliter et justifier l’autre forfait en cours d’élaboration, la perte du siège de la France au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au lieu d’être debout, la France se couche pour mourir.

ONG pro-migrants à l’abordage de l’Italie

Paru sous une forme réduite dans Boulevard Voltaire.

 

Jusqu’à la nomination du gouvernement Lega / M5S l’Italie à vu le débarquement de 13313 clandestins, essentiellement arrivant sur des navires de collecte en mer affrétés par des ONG du nord de l’Europe ; 5 fois moins que l’année précédente, mais n’y voyez aucune corrélation avec les élections du 4 mars.

Depuis le début juin les arrivées sont quotidiennes, si l’on compte les petites embarcations arrivant seules jusqu’à Lampedusa et même Reggio de Calabre ; mais il y aussi les gros poissons – et je suis tenté d’oublier un ‘s’ – Sos Méditerranée (Medecins sans frontières) et le Seefuchs de l’ONG allemande Sea-Eye récemment réparé à Malte, ce détail n’est pas sans signification. Rappelons que la tentative de bloquer le Open Arms, navire de l’ONG espagnole Proactiva. (dont le nom est un programme !) a été retoquée en justice.

Hier 9 juin, 229 émigrants illégaux avaient été débarqués à Pozzalo, dont 126 étaient à bord du Seefuchs, le gouvernement italien avait en vain tenté de faire embarquer ces naufragés volontaires sur des gardes-côtes Maltais, mais ceux-ci refusèrent, on les comprend, et eux portent bien leur désignation maritime.

232 aussi à Reggio de Calabre sur le SeeWatch, et d’autres au moment de la visite de Salvini en Sicile ; le chef de la Lega avait alors mis en garde Malte contre sa propension à se décharger sur la marine Italienne alors que l’ile est entre le point de départ et la Sicile : « A partir d’aujourd’hui l’Italie commence à dire non au trafic d’être humain, non au bisness de l’immigration clandestine. Mon objectif est de garantir une vite tranquille à ces jeunes gens en Afrique et à nos enfants en Italie ».

La veille l’association Sos Méditéranée, largement subventionnée par des fonds publics, avait lancé, au MUCEN de Marseille, dénaturant un peu plus cette institution, son appel du 8 Juin texte dégoulinant de mauvaise fois, de faux bons-sentiments, de poncifs de dames-patronnesses européistes. Selon le site de l’association il s’agissait « d’un grand rendez-vous festif et citoyen […]  pour sauver des vies ! » « Madame-monsieur » était de la partie, c’est dire le niveau, pour un peu ils auraient ressorti la Balasko de la naphtaline. En faisant un don conséquent ou en étant chanceux à la tombola, peut être aurez-vous le droit de monter à bord, pour l’aventure, #jepayepourlinvasion.

Tout était bien orchestré, Salvini avait patienté, puis il avait menacé afin de suivre son contrat avec le peuple italien, et maintenant ?

Oh, c’est tout simple, l’Aquarius navire de l’association Sos Méditéranée se présentait avec sa cargaison d’images noires du trafic d’êtres humains, et pas qu’un peu, 629, il fallait ratisser large et nul doute que de complaisants radars avaient aiguillé les recherches du navire le long des côtes libyennes, et donné le top du sabordage avant « sauvetage ».

Salvini à donc interdit l’accostage du navire dans les ports Italiens, et aussitôt, presque avant, tous les pro-immigrationistes ont embouché les trompettes de l’accueil chez les autres, du méchant raciste, et les avocats grassement payés, vivant bien loin des enfers multiculturels ont sorti des dossiers préparés sur les contraintes de l’U.E. de la Concention Européenne des droits de l’Homme, de l’Administration des Nations Unies pour les Réfugiés, et des autres machines à détruire l’occident. L’ineffable maire de Naples, dont la ville est un cloaque, ami de B. Hamon se propose de braver le ministre de l’intérieur italien et d’ouvrir le port de Naples. Pauvres contre pauvres, l’Histoire montre que cela fini toujours mal.

Il avait choisi son camp.

Paru dans Riposte Laïque.

Comme à chaque fois que l’Algérie va mal, c’est-à-dire souvent dans ce pays à l’abandon et sous coupe réglée, les média algériens ressortent de vielles rengaines anti-colonialistes avec ce don inimitable qu’ils ont de la chouine et de la récrimination. Même Al-Watam replonge dans les démons qui ont conduit l’Algérie dans l’impasse actuelle.

A la rentrée, il y a le mensonge d’octobre, en mai c’est Sétif et la provocation avérée – les nazi avaient perdu ! – ; le truc du jour c’est la disparition le 11 juin 1957, de Maurice Audin, adepte forcené du conseil sartrien : « il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé […]»

Messieurs de Al-Watam, messieurs des média aux ordres du mort-vivant de la Zéralda, messieurs les ramassis de toutes obédiences, de toutes confessions, de partis moribonds, messieurs d’Alger la Blanche et de Paris la grisée, aux pouvoir usurpés et douteux, vous qui prétendez parler au nom de peuples que vous ne fréquentez pas, laissez-moi vous dire ce qu’en pense le peuple français : « que l’armée Française ait pu exécuter ce traitre, franchement on s’en tape ! ». Et voyez je suis certain qu’en Algérie, s’il n’y avait la propagande incessante qui désigne sans cesse un bouc-émissaire, la France, et bien on ferait rapidement la part des choses.

En Algérie la France a fait la chasse à une bande d’assassins habillés des habits de la liberté, elle n’a pas déclaré la guerre aux habitants de cette contrée, lesquels, comme Elle, ont beaucoup perdu ; la France a subi l’agression et défendu ce qu’elle pensait être le bien pour tous. D’ailleurs la moralité de ces barbares du FLN s’est révélée rapidement après 1962, lorsque les purs du mouvement – nos ennemis aussi, mais avec noblesse – ont été obligés de retourner au maquis, où beaucoup sont morts sous les balles de l’ALN commandée par les pleutres de la Bande d’Oujda. Et après, et bien une fois finie la tuerie de 100 000 harkis et de leurs familles, ils se sont reconvertis : dans la prévarication, la dilapidation des richesses de l’Algérie, le partage des rentes du pouvoir et du trafic d’influence ; bref ils sont restés ce qu’ils avaient toujours été : des mafieux.

L’Algérie importe du blé, de l’huile et même des jus de fruits ! On construit des mosquées gigantesques alors que la population manque des services publics élémentaires ; l’armée absorbe beaucoup de moyens et détient nombre de clefs, politiques et économiques. Tout est subventionné et les réserves de change fondent, alors que le prix des hydrocarbures reste bas. Mais tout se trouve, logement, travail, produits illicites, autorisations diverses, à condition de frapper aux bonnes portes et de ne pas venir les mains vides. Un tiers des jeunes de moins de 30 ans désire quitter le pays, ce paradis indépendant, et beaucoup le font ; innombrable sera la ruée à la mort du zombi.

Mais l’étonnant est que la schizophrénie est endémique chez les Algériens, en effet, où vivent 10% d’entre eux, ou voudraient venir 15 % des autres, et bien chez l’infâme tortionnaire, le pilleur colonialiste… en France ! Les méchantes langues disent qu’ayant rendu leur pays invivable ils viennent en faire autant dans le nôtre. ! D’autres voix plus subtiles pensent que pour beaucoup la France est vue comme ce paradis dont parlent les vieux chibanis, ceux qui ont connu « avant » ; inconsciemment en venant ici ils viendraient se recoloniser. Hélas cette France n’est plus, justement à cause des successeurs et descendants des Maurice Audin, ceux-là même qui espèrent que demain le Bernard-l’hermite de l’Elysée rabaissera la France ; c’est ce qu’il fait de mieux, d’ailleurs.

Maurice Audin n’a pas de tombe, tant mieux, cela m’évitera de paraphraser Boris Vian. La guerre est une saloperie, il avait choisi son camp.

La blondinette de Cisjordanie

La blondinette de Cisjordanie.

La précédente tentative d’il y a quinze jours ayant fait un flop l’A.F.P. (Agence de Falsification Partisane) tente de relancer l’hystero-merdeuse Ahed Tamimi

Le texte, relayé par tous les portails propagandistes, dont le pire est sans doute celui de Free, est un chef-d’œuvre de conditionnement, totalement partisan mais pouvant donner l’impression de l’objectivité. Pourtant dés le premier paragraphe la ficelle de sensiblerie victimaire apparaît, la jeune fille c’est Heidi, ou Gretel, transformée en icône, ha le joli mot bien oriental et bien chrétien !

C’est un fait ancré chez les amortis du cerveau gauchistes que la provocation est le summum de courage et de l’intelligence, mais ne doit pas –çà c’est fasciste – déclencher de réaction. Des antifas abrutis et violents mais intouchables aux médiartistes minables jouant du clavier, en passant par les prétentieux experts télévisuels et leurs faire-valoir animateurs mielleux, tous usent et abusent de ce moyen rhétorique lâche, facile et destructeur.

Les habitants arabo-musulmans de Cisjordanie sont passés maîtres dans cette discipline médiatique, entraînés dans des mascarades trompeuses par des activistes européens, souvent à carte de presse, prompt à se prêter à toutes les mises en scènes malhonnêtes.

Qui peu croire que cette petite blondinette, hystérique mais fadasse, vive mais stupide, dont on nous dit qu’elle est lycéenne –dans un quartier ultra-protégé de Ramallah– est en quoi que ce soit représentative de la réalité des jeunes filles de Cisjordanie !

Amnesty International, que l’on ne peut pas ranger du coté des soutiens à Israël écrit dans son rapport 2016/2017 consacré à l’Autorité Palestinienne :« Les femmes et les filles continuaient de faire l’objet de discriminations dans la législation et dans la pratique. Elles n’étaient pas suffisamment protégées contre les violences, sexuelles et autres, notamment les crimes d’« honneur ». Plusieurs cas de femmes et de filles assassinées pour des questions d’« honneur » par des proches de sexe masculin ont été signalés. ». Femmes dont le sort à Gaza et dans les villages Cisjordaniens reculés, n’a rien à envier à celles de l’État Islamique puisque le fournisseur de chaînes est le même : l’islam.

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A gauche ce que l’on montre comme étant une exaction de Tsahal, à droite on voit que la scène ne se passe pas en Israël.

Mais qu’importe il faut mentir encore et toujours pour que les occidentaux se sentent coupables … de l’archaïsme ombrageux et stérile de la société cisjordanienne ?

Mensonge, par exemple la mignonette propre-sur-elle voulait être footballeuse, pourquoi pas, il y a bien une équipe de base-ball à Gaza,

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sauf que le foot « féminin » se fait en vase clôt, sans regard masculin et le plus souvent les premières règles sont synonymes de la fin de l’expérience ; bas les masques ! Dans un article alambiqué sur le sujet le journal Libanais l’Orient Le Jour, change son illustration afin de ne pas révéler la supercherie (mais oublie la légende :https://www.lorientlejour.com/article/1072818/cest-mon-droit-le-foot-feminin-gagne-du-terrain-en-cisjordanie.html) ; il est à noter que l’équipe féminine officielle « palestinienne » ne joue pas dans les territoires et nombre de ses joueuses sont des arabes israéliennes.

La première vidéo spontanée (!) de cette gosse date de 2012 elle avait donc 11 ans lors de cette provocation orchestrée, cela doit nous conduire à nous interroger sur l’usage d’enfants ; enfants soldats au Nigeria, enfants sacrifiés porteurs de bombes, enfants boucliers en Irak, enfants noyés, enfants toujours exhibés face à des caméras complaisantes ; mais de cela les bonnes âmes ne se soucient guère, tout comme du symbole sexiste de la jolie demoiselle, toujours filmée afin que l’on voit ses atours adolescents ; chaque époque à ses Nadia Comaneci.

L’odieuse Association France Palestine (A.F.P. cela ne s’invente pas !) s’agite et trépigne d’indignation : pas de foules monstrueuses dans les pays musulmans, pas de manifestations de soutiens sous perfusion médiatique en Europe, pas d’écho dans l’opinion publique au vote de l’assemblée générale des nations unies : Jérusalem ? Tout le monde s’en moque ; les « palestiniens » ? Commencent à nous gonfler !

 

Tant que les arabes feront une fixette sur Jérusalem, ils seront comme le taureau face à la muleta : sans futur. Si Jérusalem retrouve son statut de capitale d’Israël et des juifs que pourront-ils exiger de plus ? Ou plus exactement que pourraient obtenir les « palestiniens » (le « P » n’existe pas en arabe) en échange : l’arrêt des implantations juives en Cisjordanie, l’incorporation dans l’essor économique d’Israël, la paix … Justement, peut être est-ce cela qu’ils veulent éviter : la paix.

Ec = 1/2 m v²

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Triumph Bonneville modèle 1961

Il y a fort longtemps je fus arrêté par un gendarme pour excès de vitesse en ces temps reculés, point de radar mais le nez et l’habitude du moustachu à képi, chevauchant une Bonnie qui n’était même pas la mienne – les enfants peuvent continuer à lire, il s’agit d’une motocyclette mythique–  à plus de cent kilomètre heure dans une rue de Carnon-Plage. Bon d’accord c’est beaucoup, mais autre temps autres mœurs. Le représentant de la Loi attendit patiemment bras croisés et jambes écartées, que j’enlève, mes gants, que je repousse mes lunettes d’aviateurs sur mon bol  – un Altus, s’il vous plait – que je l’ôte et que je le salue, avec toute la courtoisie que ma bonne éducation m’avait enseigné et mon instinct perfide conseillé.

« Papiers siouplait jeune homme » aussitôt je remarquai un net accent pied-noir qui, je ne sais pourquoi, me fit retrouver le mien «  voilà, tout est là en règle » dis-je en tendant pêle-mêle assurance, carte-grise, carte d’identité et permis ; le gendarme avait la cinquantaine joviale et semblait être de bonne composition, « pas à vous la moto ? », le propriétaire s’appelait Perez, autan dire que cela interpella notre homme d’autant que mon phrasé confirmait son doute : « t’es d’où ? ». La suite s’annonçait bien.

C’est alors qu’une espèce de pet’ sec du type français de France, tête-à-claque, s’approchât, l’autre s’écartât, une barrette de plus sur l’épaule ça change tout, il se saisit de mon papier rose :

– il n’est pas français

– non monsieur, camerounais

– ici il faut un permis français

– je ne crois pas il a le format international (on disait 3 volets)

– tu as ta carte d’identité

– vous l’avez, dis-je en lui montrant mon document consulaire

– hum, là que tu habites ? (bien sur ducon je suis venu ce matin en moto de Tananarive !)

– peut être encore, mais je vais peut être rester en métropole cet hiver

– c’est pas la même adresse que sur ton permis

– c’est celle actuelle de mes parents, l’autre c‘est celle de Yaoundé quand j’ai eu le permis

– ils ne sont pas français

– mon père travaille pour les Nations Unies (en Afrique c’était un sésame imparable)

– nationalité ?

Il m’énervait passablement aussi j’ai cherché rapidement ce que je pourrais dire qui lui montre l’idiotie de sa question :

– il a fait le débarquement de Saint-Tropez en 44

– dans la coloniale ! (mais non ducondeux c’était un rallye avec les boy-scouts de Neuilly)

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dans la plaine de Cuers

Exaspéré et dépité il allait me rendre mes papiers, lorsqu’il me demanda mon âge

– 17 ans et 4 mois

– c’est un permis « B »

– « un quoi ? » dis-je d’une petite voix la plus apaisante possible

– un permis voiture

– vous savez en Afrique …

– ici c’est la France et les Lois sont françaises

– mais j’ai aussi le « A »

– hum, qui me dit qu’il est vrai

– il y a un tampon

– nous allons le garder et ta mère viendra s’expliquer

– elle est à 12 000 kilomètres

– ça c’est du Tribunal !

Son air ravi contrastait avec la mine attristé du sergent Garcia qui obtint malgré tout que je puisse repartir en conduisant.

 

Quelques mois plus tard je quittais Grenoble à l’heure où blanchi la campagne pour me rendre à la convocation du Juge.

J’arrivais au moment ou le greffier appelait mon nom, et c’est donc harnaché de cuir, en botte, casque à la main, ébouriffé et le visage glacé que je me présentais à la barre.

– vous venez d’où comme cela ?

– Grenoble

– « vous êtes parti tôt » ; était-ce une question ou une affirmation ?

– je ne voulais pas vous faire attendre

– nous n’aurions pas attendu ; remettez-vous ; vous avez roulé vite ?

– je pu enfin regarder la salle, ma virile assurance fondis, je prenais conscience de la solennité du lieu, du pouvoir de l’homme qui me questionnait, des conséquences de mes réponses ; mais on n’est pas sérieux lorsqu’on a 17 ans …

– ce qu’il faut pour être à l’heure

– en partant bien en avance n’est-ce pas ?

– bien sur monsieur le Juge

– en pleine nuit donc, en moto sous la neige … Je restais coi.

Bien que « l’audience » ait déjà commencé il fit un signe au greffier qui rappela l’affaire, le rituel achevé, le Juge qui discutait avec son assesseur, repris la parole.

 

– ainsi vos parents ne sont pas là et ils n’ont pas jugé opportun de vous faire représenter par un avocat

– mes parents n’ont pas été prévenus apparemment

– vous ne l’avez pas fait ?

– je pensais que c’était La Justice qui le ferait

Son plissement de paupière, visible de moi seul,  m’en dit long sur la crédibilité qu’il accordait à ma réponse.

 

– vous allez donc assurer votre défense seul

– « je suis habitué à répondre de mes actes » ; non seulement on n’est pas sérieux à 17 ans, mais on est aussi très con, j’eu pourtant l’impression que cela sonnait bien ; c’était surtout assez loin de la réalité, mais s’il l’avait relevé je me sentais prés à lui parler de la méthode Freinet des écoles de mon enfance. Ce ne fut pas nécessaire :

– « prévenu, avocat, condamné » ce jeune homme a de l’ambition, dit-il à la cantonade

– dans les rires j’hasardais : « pour le dernier cela dépend de vous »

-En effet ! Vous roulez toujours vite ?

– oui

– pourquoi, vous êtes toujours pressé

– non c’est une habitude

– depuis longtemps

Aie ! Comment lui dire qu’à 14 ans je faisais déjà le tour du mont Fébé en 4L avec ma copine, pouvait-il seulement penser la liberté dont nous jouissions en Afrique ?

– C’est venu peu à peu avec mon expérience

– ancienne ?

Aie ! Il était malin.

– Je fais attention, j’ai de bons réflexes

– Vous conduisez depuis quand ?

– 2, 3 ans

– ou plus ; et depuis tout ce temps là vous n’avez pas pu comprendre que cela était dangereux ?

– je n’ai jamais eu d’accident

– jusqu’au jour où cela arrivera

– je connais mes limites

– et celles des autres vous les connaissez ? La mauvaise réaction par la peur que vous engendrez en doublant trop prés …

– quand on conduit vite il y a une sorte de pré-conscience de ces choses là

– tient le mysticisme de la route, on ne me l’avait jamais sortie celle-là

– je veux dire qu’on est totalement dans la conduite, qu’on perçoit tout autour

– et si cela avait été gosse qui avait traversé la route, au lieu d’un gendarme

– votre gendarme est sortit de derrière son mur comme pandore de sa boîte, je ne l’ai pas écrasé vôtre gendarme, alors vous pensez pour un petit

– un enfant se voit moins

– mais c’est plus vif

Il prit le parti d’en sourire.

 

L’assesseur pris le relais pour un savon en bonne et due forme que le Juge n’avait sans doute pas envie de me faire aussi amusé qu’il l’était, ou qu’il avait déjà fait deux fois dans la matinée. Il fut question de respect de la Loi, de mon permis inacceptable puisque je n’avais pas l’âge requis pour conduire des automobiles en France –ni du reste en Afrique – et enfin de l’obligation d’assurer le contrôle de son véhicule à tout instant et de pouvoir l’arrêter dans la seconde.  « Dans la seconde » répéta-t-il deux fois pesamment.

– Le Juge opinait, mais je cru déceler comme de la lassitude, éclairée d’une attente …

-Qu’avez-vous à répondre jeune homme

– Ec = 1/2 m v²

– pardon ?

– l’énergie est égale à la moitié de la masse par le carré de la vitesse

– merci pour le rappel de physique de seconde

– je veux dire qui si comme le veut le code de la route un conducteur doit être à tout instant capable de stopper net son véhicule cela impose qu’il puisse dissiper en 1/ 100 ou 1/100 000 de seconde toute l’énergie induite par la vitesse et la masse .

J’ai dis cela sans provocation et il eu de la difficulté à réprimer une joyeuseté retrouvée ; c’était son quart d’heure de détente et moi celui d’une petite gloire publique.

– intéressant, concluez

– le facteur temps étant par définition incompressible et par attendu égal à 0, cela veut dire qu’il faut que la masse soit nulle, autrement dit qu’il n’y ait pas de véhicule.

– ce jeune homme est bien savant, mais pas encore assez dit-il en se tournant vers le greffier, puis à la limite de l’hilarité, se tournant vers moi « une suite ? »

– oui monsieur le Juge, si la masse n’est pas égale à 0 c’est la vitesse qui doit l’être

Il prit le temps de réfléchir, regarda la salle et les autres affaires à venir, les autres justiciables, les avocats tassés sur leur bancs ou s’agitant comme des corbeaux aux fond de la salle décatie …

– Et bien vous avez jugé vous-même, puisque véhicule il y a,  il doit demeurer à l’arrêt jusqu’à ce que vous repassiez un permis un peu plus fiable.

– le « B » je comprends mais mon « A » ?

– disons que vous le conservez au bénéfice du doute, mais ne tardez pas à vous inscrire.

 

C’est ce jour-là que j’ai compris ce que voulais dire cette expression entendue quelques fois : justice de classe.

 

Rien n’a changé aujourd’hui, au contraire, seule la classe n’est pas la même.

La classe sociale de ces juges cultivés, bourgeois, bienveillants, masculins, bien dans leur peau, à laissé la place son exact contraire. Ces hommes n’étaient ni des redresseurs de tords, ni des auxiliaires des débats politiques, leur mansuétude était simplement humaine, sachant et différenciant ce qui relève des luttes sociétales et ce qui est le propre de la Justice ils pouvaient rendre celle-ci, légitimement,  « Au Nom du Peuple Français ». Cette mention si puissante, notre SPQR, qui n’a de sens qu’en vertu de notre délégation est aujourd’hui dévoyée et nul citoyen ne se reconnaît désormais dans les décisions de Justice.

J’oubliai, ce qui à changé aussi c’est la classe tout court, comme disait Aldo Maccione.

 

O tempora, o mores

 

Bon appétit, messieurs !

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où la France agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
La France et sa vertu, La France et sa grandeur,
Tout s’en va. – nous avons, depuis le timoré Coty
Perdu l’Afrique, de l’Atlantique à Djibouti,
Et même l’Algérie, malgré la guerre gagnée,
Ruanda perle tranquille par le Yankee volé.
L’Océanie où les tribus archaïques
Manipulées par de haineux caciques
Pour l’Australie s’emploient à notre lâche abandon.
Jusqu’à Terre Adélie nos navires sans pontons.

Mais voyez. – du ponant jusques à l’orient,
L’Europe, qui nous hait, nous regarde en riant.
Comme si votre Président n’était plus qu’un fantôme,
La Chine et l’Anglais partagent ce royaume ;
Alger vous trompe ; il faut ne risquer qu’à demi
Une armée au Mali, quoique pays ami ;
Monaco et son prince sont pleins de précipices.
La Mecque pour nous prendre attend des jours propices.
L’Allemagne aussi nous guette. Et l’implant Bruxellois
Se meurt, vous le savez. – quant à vos vice-rois,
Bongo, fou de pouvoir, emplit le Gabon d’esclandres,
Sall vend Dakar, Albert II perd les Flandres.

Quel remède à cela ? – l’État est indigent,
L’état est épuisé de troupes et d’argent ;
Dans l’industrie, où le Marché met ses colères,
Perdues trois cents usines, et tout un savoir-faire,
chaque jour nous voyons, l’Ouvrier sacrifié,
les machines bradées, sans compter les brevets.
Et vous osez ! … – messieurs, en vingt ans, songez-y,
Le peuple, – j’en ai fait le compte, et c’est ainsi ! –
Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
Le peuple misérable, et qu’on pressure encor,
A sué quatre cent trente millions d’or !
Et ce n’est pas assez ! Et vous voulez, gouverneurs ! …

– Ah ! J’ai honte pour vous ! – front haut, zonards, dealers,
Vont battant le pays, arrogants, impunis.
Le couteau est braqué, oh ! bien avant minuit.
Comme si c’était peu de la guerre des princes,
Guerre entre les banques, guerre entre les provinces,
Tous voulant dévorer leur voisin éperdu,
Morsures d’affamés sur un vaisseau perdu !
Notre église en ruine est pleine de couleuvres ;
L’herbe y croît. Quant aux grands, des aïeux, mais pas d’œuvres.
Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.

La France est un égout où vient l’impureté
De toute nation. – tout patron à ses gages
À cent journaleux qui parlent cent langages.
Magrébins, Roms, Turcs, Babel est dans Paris.
Le gendarme dur au pauvre, au riche s’attendrit.
La nuit on assassine, et chacun crie: à l’aide !
– Hier on a volé, demain, cagoulés un autre raid.
La moitié des cités pille l’autre moitié.
Tous les juges vendus. Peu d’arrêts exécutés.

Anciens vainqueurs du monde, Français que nous sommes.
Quelle armée avons-nous ? À peine trois cent mille hommes,
Qui ne sont plus le sang de la nation, levant
L’étendard tricolore, mais celui de l’OTAN ;
Qui s’en vont dans de vieilles guimbardes d’un âge autre,
Défendre des intérêts qui ne sont pas les notre.
Notre police est exsangue, elle fut exemplaire
La drogue a plus de troupes qu’un commissaire,
La mafia fait chez lui la guerre au Préfet de Corse.

Hélas ! Les paysans, pourtant plein de force,
Jamais entendus, insultent la personne du président.
Et lui, chef, plein de morgue dédaignant son rang,
Seul, dans l’Élysée, avec les morts qu’il foule,
Lève son front satisfait sur qui l’empire croule !
– Voilà ! – l’Europe, hélas ! Écrase du talon
Ce pays qui fut pourpre et n’est plus que haillon.
L’état s’est ruiné dans ce siècle funeste,
Et vous vous disputez à qui prendra le reste !
Ce grand peuple français aux membres énervés,
Qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,
Expire dans cet antre où son sort se termine,
Triste comme un lion mangé par la vermine !

Merci à Victor Hugo

  Vous me faites chier, docteur Boubakeur

Qu’il soit minuit, qu’il soit midi Qu’il soit minuit, qu’il soit midi
Vous me faites chier, docteur Boubakeur. Vous me faites chier, docteur Schweitzer.
Si vous entrez dans la légende Si vous entrez dans la légende
Mettez des semelles de caoutchouc Mettez des semelles de caoutchouc
Vos babouches de beau parleur Vos godasses de vieux trappeur
Ça fait du bruit sur les cailloux. Ça fait du bruit sur les cailloux.
A l’avant garde des salauds A l’avant garde des salauds
On se couvre de votre image On se couvre de votre image
Pour qui voulez-vous les construire Pour qui voulez-vous les remettre
Les imposer docteur Boubakeur En bon état, docteur Schweitzer
Ces mosquées où vous racolez Ces nègres que vous recollez
Et qu’on cassera demain ? Et qu’on recassera demain ?
Restez dans vos gourbis à la noix Restez dans vos temples à la noix
Jouez du rekk avec vos pieds Jouez de l’orgue avec vos pieds
Étudiez Ibn Al-Khatta si ça vous plait Étudiez Bach si ça vous plait
Mais sachez que depuis cinquante ans Mais sachez que depuis cent ans
En long en large et en travers En long en large et en travers
Qu’il soit minuit, qu’il soit midi Qu’il soit minuit, qu’il soit midi
Vous me faites chier, docteur Boubakeur. Vous me faites chier, docteur Schweitzer
Il importait que ce fût dit … Il importait que ce fût dit …
merci à Boris Vian, 12 mots changés Boris Vian, Cantilènes en gelée