Démocratie et nombre de députés

Article original en Italien publié dans Money.it

Le mouvement des gilets jaunes, parce qu’informel et faisant émerger des propositions « à la volée », a relancé la discussion sur le nombre de parlementaires et les économies que sa réduction permettrait de faire.

Rappelons qu’il y a 47 millions d’inscrits sur les listes électorales et 577 députés, donc un élu pour 81.500 citoyens, ou pour 116.000 Français. Chiffres peu éloignés des autres démocraties, lesquelles n’ont pas de tradition jacobine et disposent de Parlements régionaux ayant davantage de compétences que les nôtres. Les États-Unis sont souvent cités à l’échelon fédéral comme ayant peu d’élus en oubliant de dire que le travail législatif fédéral est faible, mais à l’échelon des États fédérés, notons en exemple que la Virginie élit 100 députés pour 6 millions de votants.

Il faut également tenir compte du lien territorial, même si en droit strict le député français n’est pas le représentant de la circonscription qui l’a élu ; les pratiques de la Ve République et les habitudes politiques lui donnent, et de plus en plus, ce rôle d’intercesseur. La France est un pays étendu : en décomptant les 11 députés élus par les Français de l’étranger, nous obtenons un député pour 1.190 km² ; en comparaison, aux Pays-Bas, il y a un député pour 276 km² et un pour 598 km² en Allemagne (chiffre curieusement identique au nombre de députés).

Donc, la représentativité des députés français n’a pas à être mise en cause et l’on ne peut que penser que ce débat a un arrière-goût d’antiparlementarisme, thème historiquement cher autant à l’extrême gauche qu’à la droite non républicaine.

Le budget 2018 de l’Assemblé nationale, en baisse par rapport à 2017, est de l’ordre de 550 millions ; le coût réellement lié aux députés (indemnités, secrétariat, administration, transports, etc.) est approximativement de 300 millions, soit 520.000 euros par député – 100.000 de moins que les députés européens !

Une diminution de 177 députés ne produirait donc qu’une économie de l’ordre de 90 millions et une belle panique dans l’organisation du Parlement et des élections ; avec, en prime, la manipulation des circonscriptions pour favoriser LREM et les villes au détriment des autres partis, surtout les petits, et des campagnes. N’en doutons pas, la démocratie réelle en serait affectée.

Ces quelques millions représenteraient 0,024 % du budget de l’État ; ayons à l’esprit qu’UN Rafale et son équipement, c’est presque le double, ou que le programme Barracuda, ce sera 9 milliards pour 6 sous-marins, c’est-à-dire 100 fois plus !

La proposition est donc au mieux une gentille lubie irréfléchie, au pire une manipulation démagogique. Si, pour ses promoteurs de la « société civile » peu au fait des réalités budgétaires et fonctionnelles de la nation, elle apparaît comme une mesure de bon sens économe, elle est, pour ses thuriféraires technocratiques, un moyen de plus d’éloigner les citoyens de leur représentants, de diminuer les moyens du Parlement national, de minorer ce rouage essentiel de la démocratie. Il s’agit de peu à peu étouffer les représentations nationales dans le grand dessein de la création artificielle d’une nation européenne.

Les partis qui se targuent de défendre la nation française seraient bien inspirés de ne pas aller dans ce sens.

Arithmétique et politique

Publié dans Boulevard Voltaire

Poussés par la stratégie de division, de diversion, de salissure d’un président toujours à l’affut d’un mauvais coup, l’on voit depuis 10 jours des appels à transformer les élections européennes en un référendum anti-macron. Sottise, ces élections sont les seules en France qui soient au scrutin proportionnel, elles sont l’unique occasion pour que le Peuple exprime finement son opinion.

Sottise, puisque le sujet est de dire ce que nous pensons de l’Union Européenne, de son fonctionnement, de son avenir ; pour comprendre l’avis des Français sur leur gouvernement  … nullement besoin d’élections, nous le savons tous.

Sottise, puisque de toutes façons, à Bruxelles, LREM et LR rejoindront les partis européens qui gouvernent – et vont gouverner ! – ensemble pour toujours plus d’Europe.

Il n’y a pas de sens politique à vouloir que la liste RN « gagne » devant celle de LREM, cela ne changera pas la situation politique en France, cela changera encore moins les rapports de forces au sein du Parlement Européen.

Selon les sondages et les résultats des dernières élections dans les pays de l’Union Européenne les trois partis qui se sont entendus pour diriger l’Europe, à savoir le PPE, S&D et ALDE, seront de nouveau largement majoritaires le 27 Mai, le camp des euro-septiques, augmentera le nombre de ses députés, mais restera divisé et ne représentera même pas le tiers des sièges. Compte tenu du fonctionnement totalitaire de ce parlement, autant dire qu’ils feront de la figuration, avec de temps en temps des coups de gueules salutaires ; rien de plus, rien de mieux.

Macron avait annoncé une opposition entre « progressistes » mondialistes et populistes patriotes, c’était pertinent ; l’absence volontaire de campagne sur le fond n’a pas permis un débat, et ce duel, Macron va le gagner et le fera savoir !

Nous votons, mais combien savent comment sont attribués les sièges ? Qui sait qu’il n’y a aucun intérêt à arriver en tête puisqu’il n’y a pas de prime au vainqueur, qui sait que les voix des listes faisant moins de 5% sont de facto réparties entre les autres en proportion des votes, c’est pourtant cela qu’il faut avoir en tête. Si Les Patriotes et l’UPR avaient accepté de faire liste commune avec DLF (sans accord politique, juste présence et appel au vote) messieurs Philippot et Asselineau étaient assurés d’êtres élus, alors que les quelques pourcents qu’ils vont obtenir risquent, comme lors de la présidentielle, d’empêcher DLF de franchir le seuil. Calcul sinistre : « Je préfère vous faire perdre que d’être élu avec vous ! ».

Il  y a pire, le RN aussi joue un jeu perdant, en appelant à répondre au duel proposé par Macron il fait croire à un « vote utile » qui n’existe pas dans cette élection à un tour. Si DLF n’a pas d’élus, ses votes profiteront autant à LREM, LFI, EELV, LR qu’au RN. Cela découle de la règle de calcul. Macron triomphera disant que les pro-UE représentent les ¾ des français et qu’il est leur chef. Beau résultat pour le camp patriote !

Voyons maintenant le cas où la propagande « utilitariste » serait combattue par les électeurs responsables et calculateurs, c’est-à-dire effectuant un authentique vote politique. LREM et le RN resteront peu ou prou à égalité, les 4 ou 5 députés DLF viendront s’ajouter aux 23 du RN, le camp souverainiste sera à 1/3, ce qui empêchera Macron de pavoiser.

Il serait dommage que des électeurs sincères mais abusés ne perçoivent pas le piège : pas d’élus pour DLF n’apporte qu’un député de plus pour le RN, des élus DLF ajoutent 4 ou 5 députés au camp national.

Lorsqu’au second tour de la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, avec courage a apporté sous soutien actif à Marine le Pen il à choisi, pour la France, la voie de l’honneur et de la constance politique ; chacun sait ce que cela lui a couté, il serait peut être temps pour les électeurs de renvoyer l’ascenseur !

Nous devons tous n’avoir qu’un seul horizon : 51% en 2022 ; le RN peut-il y arriver seul ?

L’Europe Allemande.

Intervention publique à Toulouse le 23 Avril 2019

L’idée d’un rassemblement des nations de l’Europe est récente et pourtant plonge dans les racines antiques de notre culture.

Pour comprendre le fonctionnement complexe et assez tortueux de l’Union Européenne, pour saisir les rapports de forces au sein du parlement européen il faut revenir en arrière et faire de l’Histoire ; permettez-moi donc de consacrer cinq minutes à un détour historique.

Les thuriféraires de l’union européenne font généralement remonter l’idée au fameux discours de Victor Hugo sur les États-Unis d’Europe le 21 Aout 1849 à l’occasion du congrès pour la paix. Notons que dans la récupération du grand écrivain la part chrétienne et ethno-centrée sur la race blanche du propos de Victor Hugo est occultée.

Cependant, c’est bien vite oublier la première tentative, celle de Napoléon Ier, dont l’Empire utilisait toutes les volontés, nommant ainsi des préfets Italiens en Bretagne, ou des Hollandais à Milan ; dans la grande armée la moitié des hommes ne viennent pas de France. Napoléon ne fait que suivre Bonaparte, l’Empire nait de la révolution et de son rêve d’universel. Prévoyant de déplacer la capitale de Paris vers Rome, hors donc de la référence française, l’Empereur ne voulait pas reprendre à son compte la grandeur militaire des légions mais bien l’œuvre civilisatrice et rassembleuse. Du reste durant des siècles après la fin de l’Empire Romain l’imaginaire européen sera hanté par l’unité perdue, que ne saura pas récupérer le saint Empire Romain Germanique mais qu’incarnera, jusqu’au schisme réformé, le Pape, c’est-à-dire l’évêque de Rome. Rome, La Ville, l’Urb, que nous retrouverons à la signature du traité à l’origine de l’Union Européenne actuelle. Rappelons que la « constitution européenne de 2004 » rejetée par le référendum de 2005 fut aussi signée à Rome.

Mais, entre l’aiglon, Roi de Rome, le fils de Napoléon au destin tragique et le 25 Mars 1957 jour fondateur de la Communauté Économique Européenne, il y eu deux autres tentatives, liées entre elles malgré les apparences.

Comme figure marquante de la première, nous trouvons Aristide Briand,  que je qualifierais de premier traitre par irénisme. Tout comme l’Empereur Hadrien baissant la garde et montrant la voie aux barbares, il est de ceux qui pensent qu’en atténuant les pressions on affaibli les agressions, que l’exemple du désarmement désarme les oppositions … Le pacifisme de l’après-grande-guerre est souvent plus empreint de cette lâcheté active et démonstrative, que formé de la peur et des souvenirs des souffrances endurées.

Le traité de Versailles est la première incursion majeure des américains dans la marche du monde, catastrophique pour l’Europe, désastreuse pour la France ; au fond c’est le brouillon de la suite jusqu’à nos jours. Nous nous voyons volée notre victoire, par les anglo-saxons dont la participation à l’effort militaire, a été, mesurée et pleine d’arrière-pensées pour les anglais, et inconséquente pour les américains ; leur véto à la poursuite de l’offensive jusqu’à Berlin est emblématique.

En Octobre 1914 A. Briand est président du conseil (en charge du ministère des affaires étrangères) , il ne sait ou ne veut prendre la mesure des erreurs militaires, dés 1916 il s’oppose à Clemenceau, il intrigue pour éviter la promotion des « jusqu’au-boutistes », il ne perçoit rien de ce qui se passe en Russie, et recherche l’entrée en guerre des États-Unis dont on sait pourtant que l’armée n’est ni correctement équipée, ni entrainée. Il prépare la déconfiture et le recours américain, c’est Daladier avant l’heure.

La suite est une incessante reculade internationale alors que nous disposons de l’armée –et de la marine– la plus puissante du monde, c’est le traité de Locarno en 1925 qui annule, ou presque, les réparations que l’Allemagne doit à la France, qui consacre les demandes des États-Unis, induit la crise de 1929 et  l’arrivée d’Hitler. C’est aussi, à travers l’utopique SDN, le refus de reconnaitre l’Italianité du nord de l’Adriatique (Fiume, Trieste) qui nous aliène Mussolini, pourtant francophile et francophone. Tout ceci pour arriver au  Mémorandum sur l’organisation d’un régime d’union fédérale européenne publié en Septembre 1929 ; 10 après « l’étrange défaite » lui doit un peu. Ce document est le manifeste de l’auto-castration française, 90 ans plus tard il est le fil conducteur de la France – et d’elle seule ! – dans toutes les étapes de constitution de l’UE : abandon unilatéral des éléments de notre puissance et de notre souveraineté, comme gage de notre bonne volonté unioniste. Ce dépeçage étant le plus souvent pour les aspects diplomatiques ou culturels au profit des anglo-saxons et pour l’économie à celui de l’Allemagne.

C’est à la SDN que nous voyons apparaitre un autre traitre, en pire, car cynique et vénal, le dieu des européistes, Jean Monet.

Une heure ne suffirait pas à l’énoncé de ses forfaitures, il suffit de savoir qu’il fut durant la guerre, non pas à Londres avec la résistance nationale, mais à Washington, comme secrétaire particulier du très, très francophobe Roosevelt.

Mais avant de conclure cette introduction, parlons un peu de cette tentative d’union liée à la précédente : il s’agit de celle menée, au début des années 40, par des technocrates et intellectuels européens, souvent français, ayant été dans la mouvance de Briand ou de la SDN, dont nous avons un bel exemple avec François Mitterand, ou Saint-John Perse[1] –grand poète mais demi-salopard – ou encore Hubert Beuve-Méry fondateur du journal Le Monde qui attendra d’être certain de la défaite nazie pour rejoindre prudemment, mais visiblement, la résistance ; ce dernier sera imposé à De Gaulle par des forces occultes proches de celles qui aideront Bousquet et Jean-Paul Martin[2]. Une citation illustre tout « Et puis, si c’est Monsieur Hitler qui nous fait l’Europe, et bien tant pis ».

Ainsi Robert Schuman, glorifié « père français » de l’Europe, né allemand, favorable aux accords de Munich, ministre de Pétain, est bien dans l’esprit de la fondation de l’U.E.

Il faudrait parler de Walter Hallstein, premier Président de la Commission (1958- 1967 : plus long), et juriste de Hitler.

Nous n’avons pas le temps de tracer toutes les étapes de ce qui est nommé « construction européenne », mais les pistes que je vous ai donné dans cette introduction doivent éclairer votre compréhension des structures actuelles de l’Union Européenne que je vais maintenant vous décrire.

L’union européenne n’est, ni un état, ni une fédération, ni une confédération, ni même une organisation internationale ; pourtant elle regroupe le plus grand espace de démocraties de la planète, le plus grand marché économique, le troisième ensemble démographique. Pourtant elle dispose de la personnalité juridique d’un état, d’un parlement, d’une gouvernance, que manque-t-il alors ? Une nation est essentiellement un ensemble d’individus liés par une histoire commune, il apparait que les états de l’UE ont une part d’histoire commune, que manque-t-il alors ? Et bien il manque deux choses : la notion de solidarité implicite et l’appartenance culturelle. Toutes les deux butent  sur les réalités démographiques, historiques et économiques de la partie alémanique de l’UE : pas de Peuple sans culture unique, pas de culture sans langue, pas de démocratie sans Peuple.

L’UE est donc un non-état, non démocratique, administrant des Peuples n’ayant pas de solidarité naturelle entre eux ; pourquoi pas ! Seulement nous l’avons vu sa filiation intellectuelle n’est pas apte à accepter ce fait, et tout le fonctionnement de l’UE est à lire sur ce refus, l’UE ne désire pas être la gestionnaire du réel mais l’instrument d’une modification complète, anthropologique même, du continent, de ses peuples –voir de son peuplement–, ses institutions ne poursuivent que ce but.

L’UE comprend 7 institutions (Art 13 TUE) dont 4 principales :

– le Conseil Européen, formés des chefs d’États ou de gouvernements ;

– le Conseil (de l’Union), formé de ministres aux compétences diverses selon l’ordre du jour (niveau gouvernemental) ;

– le Parlement Européen ;

– la Commission ;

-la Cour de justice de l’Union européenne ;

– la Banque Centrale Européenne ;

– la Cour des Comptes Européenne.

Les deux premières –les conseils– sont des institutions inter-étatiques tandis que les 5 autres sont des institutions supranationales.

Les trois dernières, très souvent négligées, sont en fait les instruments les plus efficaces dans la déconstruction des états-nations, étape indispensable du projet européen.

Le Conseil de l’Europe (droit de l’homme) n’a aucun lien organique avec l’Union Européenne.

Voici un aperçu du fonctionnement et de la formation de ces institutions lointaines qui, pourtant, influent fortement sur nos vies.

La Cour de Justice :

La Cour de Justice est formée par des Juges nommés par chaque gouvernement qui siègent dans des chambres spécialisées ou pas ; son siège est à Luxembourg. Si les procédures se font la langue la plus proche de la cause, il est de tradition que les débats entre Juges et les arrêts se déroulent en Français ; la pression des pays de l’Est tend à corrompre cet état de fait.

Voici un extrait du site officiel qui éclaire le rôle considérable et quasi-irréversible de cet organe :

Au fil de sa jurisprudence, la Cour de Justice a dégagé l’obligation pour les administrations et les juges nationaux d’appliquer pleinement le droit de l’Union à l’intérieur de leur sphère de compétence et de protéger les droits conférés par celui-ci aux citoyens (application directe du droit de l’Union), en laissant inappliquée toute disposition contraire du droit national, qu’elle soit antérieure ou postérieure à la norme de l’Union (primauté du droit de l’Union sur le droit national).

La Cour a également reconnu le principe de la responsabilité des États membres pour la violation du droit de l’Union  …

Donc nous avons un droit jurisprudentiel, contraire aux pratiques majoritaires en Europe, et qui s’impose aux législations nationales. Or le Droit, s’il n’est pas la source du contrat social, l’irrigue, la Cour de Justice à donc le pouvoir, et ne se prive pas de l’exercer, de modifier les rapports des français entre eux et avec notre organisation politique.

La Banque centrale européenne :

La Banque centrale européenne « gère » l’Euro, et, bien que cette monnaie ne soit pas celle de tous les états membres de l’UE et qu’elle soit aussi celle d’états non-membres[3] c’est cet organisme qui est à la source des décisions économiques de l’UE.

Elle dispose d’un budget propre et hors de contrôle des autres instances européennes. Son capital est variable et les états de l’UE qui n’ont pas adopté l’Euro son tenus de participer au financement de la BCE.

Le conseil des gouverneurs sert d’instigateur de la politique et de contrôle des organes actifs de la BCE, il est formé de tous les gouverneurs des banques centrales, et des directeurs de la BCE, un système de rotation prive de droit de vote certains pays pour des périodes de l’année.

Le directoire de 6 membres nommés par le Conseil européen (chefs d’états), statuant à la majorité qualifiée[4], dirige la BCE. Les extraits ci-après des curriculum vitae montrent à quel courant de pensée appartiennent les directeurs :

Mario Draghi, actuel président de la BCE était de 2002 à 2005 vice-président et directeur général de Goldman Sachs International dont l’implication dans le désastre Grec et autres folies d’ingénierie financière est connu.Luis de Guindos (vice-président) était de 2006 à 2008 directeur général pour la péninsule ibérique (Amérique du Sud) de Lehman Brothers, responsable important  de la crise financière des subprimes. Yves Mersch  de 2010 à 2012 était vice-président du conseil d’administration de l’International Islamic Liquidity Management Corporation. C’est-à-dire l’organisme qui gère des fonds considérables pour engager des opérations bancaires conforment à la sharia.

La langue de travail est l’anglais, alors même qu’aucun pays ayant adopté l’Euro est anglophone (sauf l’Irlande en plus du Gaelic et Malte en plus du Maltais, 1% de la population de l’UE) ; elle respecte peu l’obligation de traductions imposée par les traités. Le siège est en Allemagne à Frankfort, le directeur général est un Allemand (Michael Diemer).

La BCE s’appuie sur le travail de « comités » assez occultes dont 90% des membres appartiennent au système financier mondial et aux multinationales (surtout allemandes et anglo-saxonnes).

Le discours officiel insiste beaucoup sur l’indépendance de la BCE comme garantissant une politique sans favoritisme pour un pays, mais il s’agit surtout d’interdire que des états, même puissants et unis puissent modifier l’orientation politique de la BCE totalement soumise à la doxa de la financiarisation de l’économie et du marché tout-puissant.

Les marchandages de candidatures entre états sont atténués par une forme de cooptation préalable, assortie de sourdes menaces pour les états récalcitrants comme Chypre, la Grèce ou l’Italie ont pu le constater.

La BCE a le droit d’adopter des règlements contraignants dans la mesure nécessaire à l’accomplissement des missions du SEBC[5] ainsi que dans certains autres cas stipulés dans des actes spécifiques du Conseil de l’UE.

La Cour des Comptes :

La Cour des Comptes comporte un représentant par état membre et 900 fonctionnaires. Ses membres sont généralement des hauts-fonctionnaires spécialistes reconnus des finances publiques, plus rarement des élus et anciens responsables politiques.

Les membres sont nommés par le Conseil (ministres), après consultation du Parlement européen, pour un mandat renouvelable de six ans.

En plus de son audit permanent des finances des différentes structures de l’U.E. (hors BCE) la Cour des Comptes produit des rapports et propositions dans les différents domaines couvert par ses comités spécialisées.

Ce paragraphe extrait du dernier rapport officiel est éloquent quand au poids réel de la Cour des Comptes :

La Cour espère relever le défi qui consistera, dans les années à venir, à contribuer au renforcement de l’obligation de rendre compte faite à l’UE envers les citoyens concernant les fonds publics, qu’elle octroie pour réaliser ses objectifs.

On ne peut être plus clair sur l’opacité de l’attribution des fonds européens et le peu de poids de la Cour des Comptes.

Le Conseil Européen :

Le Conseil Européen est formé des chefs d’États ou de gouvernements, son président est choisi en son sein pour 3 ans renouvelables  (actuellement  Donald Tusk, Pologne) ; initié en 1974 il est devenu un organe officiel par l’acte unique de 1986.  Selon l’article 4 du TUE Le Conseil européen fournit à l’Union « l’impulsion nécessaire à son développement » et définit « les orientations politiques générales« .

Il se réunit 4 fois par an, parfois plus comme lors de la crise de 2008 ou le Brexit.

C’est un organe éminemment politique qui permet de mesurer l’implication « européenne » des gouvernements et de dégager des consensus propres à dépasser les blocages nationaux. La personnalisation et la dramatisation sont souvent au menu des sommets européens, particulièrement lorsqu’il s’agit d’aller à l’encontre d’un choix démocratique d’un peuple européen ; éventuellement en pesant psychologiquement sur un élu isolé.

Le Conseil ( de l’UE ) :

Le Conseil de l’UE appelé à l’origine « Conseil des ministres » et souvent abrégé en « conseil » est formé de ministres des gouvernements de chaque état membre, qui, selon les sujets traités, se réunissent en formations spécialisées par  compétences, à savoir :

« Agriculture et pêche », « Compétitivité », « Justice et affaires intérieures », « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs », « Transports, télécommunications et énergie », « Affaires générales », « Affaires étrangères », « Affaires économiques et financières » et « Éducation, jeunesse et culture ».

Le Conseil de l’UE est présidé à tour de rôle par chaque État membre pour une période de six mois, selon un ordre préétabli.

Il est, avec le Parlement européen, l’organe législateur de l’UE.

Les domaines d’intervention du Conseil de l’UE sont multiples : fonction législative mais aussi autorité budgétaire, fonction de mise en œuvre du droit de l’Union (« comitologie »), pouvoir de nomination…

Le Conseil, conjointement avec le Parlement européen, exerce la fonction législative.

La procédure ordinaire est une navette entre le Parlement et le Conseil.

Sauf exception prévue par les traités, un texte ne peut pas être adopté s’il y a  désaccord entre le Conseil et le Parlement européen. Dans ce cas la Commission est le plus souvent l’arbitre ultime.

Le conseil co-exerce l’autorité budgétaire : à ce titre, il arrête et modifie le budget européen avec le Parlement, ce dernier ayant un rôle ultime dans la procédure d’adoption du budget annuel).

Le conseil adopte également des recommandations non contraignantes, conclut les accords internationaux de l’Union, nomme les membres de la Cour des comptes, du Comité Économique et Social Européen et du Comité des régions.

 Le conseil prend les décisions politiques dans le domaine monétaire, notamment dans le cadre de l’Eurogroupe.

Ce dernier illustre à lui seul la gouvernance de l’UE, c’est un organe informel formé des représentants des états ayant adopté l’Euro chargé d’imposer ses vues aux autres états membres.[6]

La Commission européenne :

Objet de tous les ressentiments la commission est l’institution qui incarne le plus l’UE ; cet extrait officiel en donne la raison :

La Commission européenne est l’organe exécutif de l’Union européenne. Elle est politiquement indépendante et promeut l’intérêt général de l’Union. Dans le cadre des grandes orientations fixées par le Conseil européen (chefs d’états), elle prépare et met en œuvre les décisions du Conseil de l’Union européenne (gouvernement) et du Parlement européen.

Cet organe de dirigeants non-élus, devenant apatrides, ne rendant de compte à personne, disposant de près de 35 000 fonctionnaires (dont 6 000 pour les traductions !), aux salaires et avantages considérables ne peut que faire naitre, au minium la suspicion et souvent la haine.

Renonçant à leur nationalité –sur ce plan les français sont les plus acharnés, n’hésitant pas pour « faire bien » à critiquer et défavoriser notre pays – ils sont garants et constructeurs de l’intérêt général européen contre celui des états ; n’hésitant pas à intervenir dans l’exercice démocratique d’états membres, comme on l’a vu avec les commissaires français et allemands Moscovici et Oettinger en Italie.

Pourtant la Commission Européenne a peu de pouvoir réel ; sa principale fonction est l’initiative des textes législatifs, qu’elle exerce en principe seule mais qui dans la pratique est fortement influencé par le Conseil et le Parlement européens.

Elle propose également chaque année le budget de l’UE et peut, en tant que « gardienne des traités », sanctionner un État membre qui ne respecterait pas ces derniers.

Les propositions de la Commission européenne sont ensuite amendées, approuvées ou rejetées par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ; au cours de navettes assez secrètes et n’incluant que les partis de l’alliance au pouvoir.

Elle est « l’exécutif européen » mais sans l’onction de l’élection démocratique, cette incongruité est à l’origine des critiques structurelles des partis eurosceptiques.

Le parlement :

Dire que nous allons élire le parlement européen est sans conteste un abus de langage, nous allons élire 9,85% d’un organe de représentation bâtard. Pour que cette élection soit vraiment représentative de l’état de l’opinion européenne il faudrait que les listes soient explicitement représentatives d’options politiques européennes et présentées comme telles. Ainsi nous voterions en France, comme ailleurs, pour les mêmes programmes, les mêmes listes, à charge pour elles de répartir les nationalités de leurs candidats selon leurs critères propres. Rien que l’ordre des noms serait démonstratif des choix patriotes ou trans-nationaux. On imagine les Verts organisant un grand happening, fumette et rap pour désigner leurs 751 candidats.es !

On nous fait croire qu’il y aurait un Peuple européen, une solidarité européenne, une globalisation des avenirs, mais on se réfugie prudemment derrière la segmentation nationale … indépassable !

Après avoir longtemps siégé à Strasbourg, le parlement s’est rapproché de l’organe exécutif  et siège aussi à Bruxelles. Il y fort à parier que cette transhumance couteuse sera supprimée dans la législature à venir ; les députés de l’Est n’aiment pas Strasbourg, ville trop française et pas assez anglophone pour eux. Leur amour de l’OTAN et leurs liens avec les États-Unis ne se démentent jamais.

Il est dit et redit, même par des meneurs d’opinion importants, que le Parlement Européen n’a aucun pouvoir ; c’est inexact.

Structurellement il exerce diverses prérogatives ; nous l’avons vu en parlant du conseil (des ministres) il légifère avec ce dernier sur le mode de la co-décison dans le cas de la procédure législative ordinaire.

Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Parlement européen partage, avec le Conseil, le pouvoir d’adopter l’ensemble du budget annuel de l’Union européenne. Il a le dernier mot après une procédure assez lourde qui fait entrer en jeu un comité de conciliation (de fait la Commission) il peut refuser le budget à la majorité de ses membres, ou l’adopter malgré le refus du Conseil, à la majorité des membres et des 3/5e des suffrages exprimés, dans les 14 jours après la décision du Conseil.

En plus de ces rôles législatif et budgétaire le parlement dispose d’un puissant levier de contrôle.

Le Président du Parlement européen intervient au début de chaque Conseil Européen pour exposer la position de l’institution sur les sujets qui seront abordés par les chefs d’État et de gouvernement. À l’issue du sommet, le Président du Conseil présente un rapport au Parlement.

Au début et à la fin de son mandat, le Président du Conseil de l’Union européenne participe à un débat au parlement, en séance plénière, sur son programme.

Les députés européens peuvent adresser au Conseil des questions ou suggestions.

Le Parlement européen approuve la composition de la Commission. Depuis 1994, les commissaires désignés doivent se soumettre à une audition devant le Parlement. En vertu du traité de Lisbonne, le Conseil Européen propose un candidat pour la présidence de la Commission en tenant compte des résultats des élections européennes. Ce candidat doit ensuite être élu par le Parlement.

Le Parlement peut adopter une motion de censure à l’encontre de la Commission et a même le pouvoir de la dissoudre.

Le Parlement peut demander à la Cour de Justice d’engager une action contre le Conseil (des ministres) ou la Commission.

La Cour des comptes présente son rapport annuel au Conseil ainsi qu’au Parlement européen. Le Parlement vote ou non la décharge budgétaire.

Le Parlement doit être consulté avant la nomination des membres de la Cour des comptes par le Conseil.

Le Parlement européen est consulté avant que le président, le vice-président et le directoire de la Banque centrale européenne (BCE) ne soient nommés par le Conseil européen (chefs d’états).

Le président de la BCE présente le rapport annuel de l’institution en séance plénière.

Conclusion :

J’ai essayé de faire vite afin d’avoir encore un peu de votre attention pour prendre quelques minutes à faire le point sur les partis politiques au parlement européen, actuellement et à venir selon les sondages. Voici sa composition actuelle.

Le PPE, Parti Populaire Européen, 217 sièges, est un conglomérat  de centre-droit, formés de divers partis nationaux ou de clubs internationaux antérieurs ; il est clairement d’inspiration chrétienne-démocrate, bien que A. Merkel en soit la tutrice il est assez fédéraliste. C’est le groupe d’Orban, de Berlusconi (Forza Italia) et de LR. 20 députés français y sont inscrits. Le président est l’Allemand Manfred Weber, candidat à la présidence de la Commission.

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker en est membre ainsi que 13 autres commissaires européens (soit 50%) , il dispose de 3 vice-présidents (dont l’allemand OETTINGER pour qui l’Europe s’arrête au Rhin) et deux autres nordiques.

S&D, Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, 187 sièges, est le groupe originel des socialistes, très fédéraliste ; l’ajout des « démocrates » se fit pour faire de la place aux 26 députés du Partito Democratico Italiano plus réformateurs et acquis à l’économie de marché totale que leurs collègues. Cet artifice en a fait le second groupe en empêchant la formation d’un groupe libéral-social, mais n’a pas permis de ravir la première place au PPE. Du coup ils se sont entendu, y compris en organisant une présidence à tour de rôle.

Après avoir eu l’Allemand Martin Schultz, l’actuel président du Parlement, comme président du groupe, ils ont actuellement l’Allemand Udo Bullmann (SPD) n’aimant guère la France. Sous son influence le groupe se rapproche de la gauche radicale en espérant arriver à peser davantage contre le PPE en perte de vitesse, voir à inverser l’ordre actuel. C’est le groupe du PS français jadis dominant.

Ce groupe a 8 Commissaires Européens, 2 vice-présidents, dont la haute représentante pour les affaires étrangères, la jeune et inexpérimentée italienne Federica MOGHERINI plus le vrai numéro deux de la Commission le batave Frans TIMMERMANS, celui pour qui l’islam fait partie de l’Europe depuis 2000 ans !

ALDE, Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe, 68 sièges, fédéraliste, ultra-libéral, il est actif au Comité Européen des Régions (arme de destruction des identités nationales), le président est le très très européiste, ancien premier ministre Belge, Guy Verhofstadt. C’est là que sont les centristes français et le parti radical. Suites aux révélations concernant son financement (Monsanto, Microsoft, Apple, etc.) ce groupe à annoncé vouloir se dissoudre après les élections en vue de constituer un pole plus important, incluant les députés de LREM (et les mêmes financements !) mais les réticences sont nombreuses car ce groupe est aussi celui des moyens pays de l’union souvent anti-français. Le président est le Danois Morten LØKKEGAARD.

Bien que seulement 4eme après le CRE, ce groupe à 5 commissaires européens dont un vice-président Estonien.

Je fais un aparté pour vous signaler que les 6 vice-présidents sont tous ressortissants de pays alémaniques.

CRE, Conservateurs et réformistes européens, 75 sièges, c’est un groupe un peu fourre-tout, atlantiste, anti-fédéraliste, critique des institutions de l’UE -trop puissantes et fonctionnarisées à son gout-,  rassemblement libéral de la droite conservatrice et pour certains nationalistes. Ce parti européen dispose aussi d’un groupe au Conseil de l’Europe dans lequel siège le parti de Erdogan, ce qui dérange beaucoup d’électeurs. Aucun français n’est enregistré dans ce groupe.

C’est là que siègent le Parti populaire danois, les Vrais Finlandais, l’Alternative pour l’Allemagne et de nombreux conservateurs britanniques, dont le président du groupe Syed Kamall, qui est musulman.

A cause de la présence de nombreux britanniques ce groupe à pu avoir un commissaire européen.

GUE/NGL, Gauche Unitaire Européenne, Gauche Verte Nordique, 52 sièges, autre groupe fourre-tout ; de la gauche très radicale à Podemos, et de tous ceux de gauche qui ne se reconnaissent pas dans la social-démocratie ou l’écologie politique. Les membres du parti de Chevènement y furent tout comme LO ! C’est le groupe de Syriza ou de la France Insoumise. Cet ensemble pourrait éclater, de nombreux députés préférant une rénovation du groupe S&D.

ALE, Verts/Alliance Libre Européenne, 52 sièges ; regroupe tous les partis militants pour les dingueries sociétales extrêmes, l’écologie punitive, le droit des nations sans État, la régionalisation à outrance (démantèlement de la France notamment).

En son sein, les allemands sont les plus nombreux, suivie des français et des britanniques. La présidence est à l’Allemagne avec Ska Keller à qui l’on a adjoint le Belge Philippe Lamberts pour respecter la parité !

EFDD Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe ,41 sièges, dirigée par le Britannique Nigel Farage est un groupe résolument euro-sceptique dans lequel siègent les députés du Mouvement 5 Etoiles (M5S). La délégation française compte 6 députés issus de plusieurs partis souverainistes (Debout la France, Les Patriotes, Les Français libres).

ENL, Europe des Nations et Libertés, 37 sièges de 8 nationalités c’est la plus petite formation du Parlement européen, la délégation du Rassemblement national est la plus importante. C’est là que l’on trouve la Ligue du Nord, le FPÖ autrichien, le PVV Néerlandais et l’UKIP.

Les co-présidents sont le néerlandais Marcel de Graaf et le français Nicolas Bay.

Le PPE et les S&D se sont entendus pour gouverner ensemble, en se répartissant les vice-présidences, les commissions, les nominations … Bien que le CRE soit le troisième groupe, le PPE et S&D se sont associés à ADLE : minorer toute voix ne répétant pas en boucle la doxa européiste et libérale est la règle absolue. Il faut savoir que le parlement européen à un règlement intérieur quasi-totalitaire et que son respect est pointilleusement vérifié par les gardiens du temple. Les groupes minoritaires sont systématiquement combattus et relégués.

Pour le parlement à venir, les projections en sièges donnaient le 23 mai 2019 :

                                   2019   2014             

PPE                               168     217

S&D                              146     187

ALDE                            106        68

                                      420     472

EAPN (ENL)                   74        37

ECR                                 59        75

EFDD (M5S + brexit)   48        41

                                      181     153

EFA (ALE)                      55        52

GNU LGF                       52        52

                                      107     104

non-inscrits                  43        22

Il est à noter que le gain de ADLE correspond a peu prés à la perte du PPE, les socialistes essuyant une réelle défaite, il s’agit ni plus ni moins que la traduction au  Parlement Européen de la situation française.

PPE, S&D, ALDE disposeraient de 420 sièges ! Les verts-rouges se répartissant 107 sièges ; avec 181 députés la poussée euro-sceptique serait moindre qu’on le dit, sans doute a cause des positions édulcorées et pro-euro de nombre de partis populistes.

Les 3 compères actuels pourraient retrouver un accord, en tenant compte de ALDE en hausse, mais avec la présence de LREM qui crispe les autres pays. Mais une autre alliance serait possible, celle des trois partis de droite et centre-droit : PPE, ALDE et ECR avec 333 sièges (majorité 376) mais qui pourraient avoir le renfort ponctuel de non-inscrits et de l’ENL.

Ma conclusion sera abrupte ; lors du changement de poste traditionnel de la mi-mandat, les français ont obtenus 25 postes, les allemands 43, lorsqu’on observe la nationalité des fonctionnaires on s’aperçoit que les français sont nombreux (seconds après les belges) mais que les allemands occupent une part majeure des postes d’encadrement. Au sein des partis du Parlement vous avez noté la prééminence germanique de même à la Commission et dans les autres instances, Cour de Justice exceptée.

Manfred Weber (CSU – PPE) devrait être élu président de la Commission, en cas de litige PPE/ALDE On évoque les noms de Michel Barnier (ancien ministre français de droite, négociateur en chef du Brexit) ou de Margrethe Vestager (libérale danoise, commissaire à la concurrence entre 2014 et 2019).

Le S&D devrait hériter de la présidence du Parlement pour la première moitié de la mandature, sauf accord –assez improbable– des partis de droites.

Les députés LREM et ceux de LR seront membres des groupes se partageant le pouvoir dans l’UE et en minorité numérique dans ces partis européens ; de facto ils seront co-gestionnaires de décisions d’origine allemande ; le pacte de Marrakech, les euro-départements en Alsace-Lorraine ou la privatisation de AdP et des barrages donnent un avant gout de la suite.


[1] Alexis Leger

[2] chef de cabinet de F. Mitterrand

[3] Montenegro, Kossovo (de facto) Bosnie-Herzégovine

[4] majorité qualifiée – 55 % des États membres (16/28), représentant au moins 65 % de la population totale de l’UE, ont exprimé un vote favorable

[5] Système Européen de Banques Centrales, y compris les états hors-euro

[6] Conseil ECOFIN

Macron : forfait contre les musées

Publié dans Riposte Laïque

 

On se souvient de Georges Pompidou citant Paul Éluard au cours d’une conférence de presse, on ne saurait attendre tel à-propos de notre immature hôte provisoire de l’Élysée, ni d’une majeure partie de la classe politique issue de formations scolaires détournées de la culture. Signe des temps, ces gens qui se gargarisent de parler le sabir impérialiste, ce globish marqueur de la servitude écolo-libérale ou économico-libertaire, ont perdu tout lien réel, sensible, vibrant avec la nation. La France est au monde par son dialogue constant avec l’art, nulle nation plus que la nôtre n’a entretenu de liaison aussi intime avec cette extrême finalité de l’homme.

Emmanuel Macron, ci-devant président, toujours à l’affut d’un mauvais coup contre la France, a exposé son intention d’amputer de 26 objets les collections africaines de nos musées.

Ce forfait ne serait que le premier d’autres prélèvements devant aboutir à terme à l’élimination de notre patrimoine culturel et scientifique ayant trait à l’Afrique ancienne. Pour empêcher l’arbitraire des décisions politiques, la loi française a fixé le principe de l’inaliénabilité des collections muséales publiques ; exprimant cette volonté de passer outre, Emmanuel Macron renoue avec une pratique totalitaire : le fait du prince.

Cette nouvelle provocation de monsieur Macron contre la culture en France s’inscrit dans sa démarche constante de dénigrement de la France, de soutien au « parti de l’étranger » et de la soumission aux folies sociétales de la gauche.

Par minable peur ou complicité objective, aucun parti n’a encore réagi à ce crime, pourtant les arguments ne manquent pas.  Voici ce que l’on aurait aimé entendre dans la bouche de responsables politiques que l’on croyait attachés à la France, à son œuvre, à son renom, à son influence, voici quelques vérités concernant les collections africaines conservées dans les musées français.

– Le droit international est clair ; la propriété de ces objets par notre pays est légale car elle ne provient pas de captures militaires après 1899 (convention de La Haye) et respecte les engagements contractés lors des indépendances des anciennes colonies ;

– Ces objets n’étaient pour la plupart pas considérés comme des œuvres d’art ou des témoignages historiques par les populations africaines de l’époque, ou même par les pouvoirs politiques présents au moment de la colonisation. C’est l’analyse européenne, et principalement française, qui a détecté, au sens occidental, que ces objets avaient des caractéristiques permettant de les identifier comme « œuvres d’art » ;

C’est en France, après une phase curieuse ou ethnographique, grâce notamment au mouvement surréaliste, que ces œuvres entrent dans la conscience collective comme universelles ;

– En Afrique, la revendication de « retour » est un fait récent mis en œuvre médiatiquement par des élites africaines, occidentalisées, vivant en Europe ou aux États-Unis, largement instrumentalisées soit par les milieux mondialistes de gauche, soit par des forces politiques et économiques ne se préoccupant que de la réduction de l’influence française en Afrique. Les visées de ces belles âmes ne sont donc pas culturelles ;

En France, cette revendication de la « restitution » est une demande ancienne de la gauche, toujours prompte à dépouiller la France, augmentée ces temps-ci d’une repentance névrotique et d’une cécité mémorielle. Des organisations racistes et séditieuses sont à l’origine du regain actuel. Là aussi, le volet culturel est un alibi pour des objectifs de basse politique intérieure ;

– Les ressources financières et les moyens humains dont disposent les États africains, l’instabilité économique et politique de l’Afrique depuis 1960, induisent que ces œuvres seraient aujourd’hui disparues ou oubliées sans la conservation et l’étude menées par des scientifiques français, à la demande de notre nation et grâce à son financement ;

L’état actuel des musées africains, pourtant sous perfusion financière de la France et des organisations internationales financées par les Occidentaux, ne permet pas la réception de ces œuvres et leur entretien, ni même ne peut assurer leur garde. De nombreux exemples d’incurie, de vols ou de destructions volontaires à argument religieux attestent du danger que ces objets, appartenant à l’Histoire du monde, soient détruits ou captés par des oligarques ;

– La France, première destination touristique mondiale, offre à ces œuvres une visibilité qu’elles n’auraient pas en Afrique ; elles sont exposées et conservées dans des conditions optimales que permet l’excellence française dans ce domaine.

Ces objets appartiennent à la France qui en est la dépositaire soigneuse, au nom des principes les plus élevés de sa culture nationale et d’événements politiques inamovibles.

L’Histoire est passée, douloureuse et rude, elle laisse des traces dans les inconscients collectifs ; pour avoir été colonisé, il faut avoir été colonisable, c’est ainsi et nul n’a le pouvoir de réécrire le passé.

Renoncer, ne serait-ce qu’à une seule de ces œuvres, dans ce contexte et de cette manière, c’est acter le début de la mort de notre nation, c’est faciliter et justifier l’autre forfait en cours d’élaboration, la perte du siège de la France au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au lieu d’être debout, la France se couche pour mourir.

Les Gilets Jaunes : une quintessence de France

Publié dans Riposte Laïque

 

Il y a moins de 20 jours, personne, ou presque, ne pensait à cet accessoire, made in china, inutile, imposé par un lobbyiste inconnu à Bruxelles, et que, pourtant, tout à chacun avait dans le coffre de sa voiture.

Depuis, des dizaines de milliers de messages sur les réseaux sociaux, des milliers d’articles, de tribune, d’appels, des heures innombrables de télévision et de radio, pas une rencontre entre français, pas une prise de parole publique qui n’évoque le bout de tissu. Le monde entier regarde étonné cette France qui se réveille, et certains se disent « enfin », contemplant le pays de la haute couture -calme et volupté ! – soudain si mal vêtus d’un Gilet Jaune.

Si mal ? Non au contraire cela lui va à ravir, la France retrouve le gout d’être disgracieuse ; notre peuple courtois s’offre le plaisir de l’impolitesse, et s’il peut être grossier, il ne sera jamais vulgaire. Les Français, qui ont toujours aimé la poésie, reprennent à tue-tête Boris Vian, « qu’il soit midi, qu’il soit minuit, vous nous faites chier monsieur Macron ». Vous remarquerez que plus personne ne dit le « Président Macron ».

Las, d’ici peu, la pandémie annuelle de fièvre acheteuse aura raison de ce mouvement spontané mais non sans fondements, pourtant il restera dans les gorges avec le terrible arrière gout de la rancœur et l’âcreté de la défaite.

L’apolitisme feint ou cru et l’amateurisme auto-administré étouffe déjà ce mouvement éminemment populaire, tellement français. Interrogeons-nous, cet élan ne fut pas politique, la Liberté n’est pas en cause, il ne fut pas non plus social, d’Égalité il n’est pas question, ce qui le marque c’est le retour de la Fraternité, nationale, homogène, une fraternité, oh combien chaleureuse ; ensemble, simplement, des gens ne se connaissant pas et pourtant si proches ; fraternité, avec qui ? A quelques jours de distance deux sondages donnèrent des chiffres inhabituellement élevés dans des « échantillons représentatifs» : 84 % de français soutenaient les « Gilets Jaunes », et presque autant trouvaient qu’il y avait trop d’immigration en France ; qui nous fera croire que ce n’était pas les mêmes !

Alors si par la trahison des clercs, la France sombre sous les flots de l’invasion africano-musulmane, nous savons maintenant que, comme Cyrano, nous mourrons emportant avec nous, et malgré eux, notre panache.

Voiture électrique : pas si verte que cela.

Publié dans Boulevard Voltaire

 

Une petite goutte de gazole de trop a enflammé le débat social en France, focalisé un temps sur le prix du carburant et sa taxation ; depuis, le mouvement des Gilets Jaunes a montré l’étendue et la violence du divorce entre une majorité de français et leurs gouvernants.

Une part de l’argumentation du gouvernement et de ses soutiens à été d’utiliser l’argument écologique et de promouvoir une « transition énergétique »  jugée indispensable et urgente ; sa contrepartie automobile étant le développement de la « mobilité » électrique.

Voyons de plus prés ; le carburant des automobiles représente à peine le tiers du pétrole consommé en France, de plus il n’est pas possible de produire ce que l’on veut à partir du pétrole brut ; le faible coût des carburants lourds extrêmement polluants en est une conséquence. Indépendamment des investissements faramineux qui seraient perdus si l’on ne devait plus produire de carburant, l’usage des strates intermédiaires des produits résultant du pétrole serait problématique. Concernant la pollution on oublie que les progrès techniques ont diminué d’une façon considérable les émissions dangereuses des automobiles (diesel plus que l’essence !)  et que tout indique que cette évolution pourrait se poursuivre. On ne dira jamais assez que les 20 plus gros navires polluent autant que la totalité des véhicules routiers de la terre. Le transport annuel des agneaux et des kiwis de Nouvelle-Zélande équivaut à toute la pollution engendrée par les automobiles en France.

On nous dit que le pétrole est un produit en voie de disparition, le fameux « pic » reporté d’année en année ; les réserves connues  –pas toujours exploitables actuellement– sont considérables, rien ne permet de dire que nous les connaissons toutes ; et puis enfin quel serait le risque qu’il n’y en ait plus en 2 200 ?

En opposition aux véhicules à moteurs thermiques ringardisés nous avons la parfaite voiture électrique, dont les batteries sont des calamités écologiques, chères, parfois dangereuses, souvent usées prématurément. Ce n’est pas tout, ce véhicule mirobolant utilise diverses matières rares et stratégiques, ainsi que des dizaines de kilo de cuivre, dont l’extraction est polluante, rendant ce métal de plus en plus cher.

Le fameux « bilan C02 » n’est pas si en faveur de l’électrique, mais tout cela n’est rien en regard de l‘apport énergétique de ces véhicules : l’électricité.

Rappelons déjà que le rendement d’un moteur électrique est de l’ordre de 85% et que celui d’une excellente batterie fonctionnant dans des conditions optimum est du même ordre, la charge elle-aussi consomme de l’énergie, ainsi entre la prise de courant et les tours de roues ce sont prés de 30% de l’énergie qui ont été perdus. Soyons équitable cela fait deux fois moins qu’avec un Diesel.

Imaginons que toutes les voitures soient électriques en France, et que l’on accepte une conduite plus souple, moins rapide, des recharges les plus tardives possibles, et que les conditions climatiques soient favorables, un calcul simple montre que le parc consommerait annuellement plus de 55 TWh d’énergie électrique, en gros 11% de la consommation française en 2017.

Compte tenu du mode d’usage des véhicules, on peut imaginer un appel maximal de rechargement sur 10 heures la nuit, complété en journée à condition d’une installation de prises de recharge en nombre considérable. Le réseau devrait lui aussi être fortement développé, et enfin cela nécessiterait la construction de 7 réacteurs nucléaires EPR (3eme génération à venir) ou de multiplier par 3 le nombre d’éoliennes.

Cela représente des investissements colossaux, auprès desquels la prime actuelle fait l’effet de confettis. Face à cela les donneurs de leçon écolo proposent la réduction du nombre de véhicules privés, oubliant, ou pas, que l’automobile est un merveilleux moyen de liberté individuelle.

Il avait choisi son camp.

Paru dans Riposte Laïque.

Comme à chaque fois que l’Algérie va mal, c’est-à-dire souvent dans ce pays à l’abandon et sous coupe réglée, les média algériens ressortent de vielles rengaines anti-colonialistes avec ce don inimitable qu’ils ont de la chouine et de la récrimination. Même Al-Watam replonge dans les démons qui ont conduit l’Algérie dans l’impasse actuelle.

A la rentrée, il y a le mensonge d’octobre, en mai c’est Sétif et la provocation avérée – les nazi avaient perdu ! – ; le truc du jour c’est la disparition le 11 juin 1957, de Maurice Audin, adepte forcené du conseil sartrien : « il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé […]»

Messieurs de Al-Watam, messieurs des média aux ordres du mort-vivant de la Zéralda, messieurs les ramassis de toutes obédiences, de toutes confessions, de partis moribonds, messieurs d’Alger la Blanche et de Paris la grisée, aux pouvoir usurpés et douteux, vous qui prétendez parler au nom de peuples que vous ne fréquentez pas, laissez-moi vous dire ce qu’en pense le peuple français : « que l’armée Française ait pu exécuter ce traitre, franchement on s’en tape ! ». Et voyez je suis certain qu’en Algérie, s’il n’y avait la propagande incessante qui désigne sans cesse un bouc-émissaire, la France, et bien on ferait rapidement la part des choses.

En Algérie la France a fait la chasse à une bande d’assassins habillés des habits de la liberté, elle n’a pas déclaré la guerre aux habitants de cette contrée, lesquels, comme Elle, ont beaucoup perdu ; la France a subi l’agression et défendu ce qu’elle pensait être le bien pour tous. D’ailleurs la moralité de ces barbares du FLN s’est révélée rapidement après 1962, lorsque les purs du mouvement – nos ennemis aussi, mais avec noblesse – ont été obligés de retourner au maquis, où beaucoup sont morts sous les balles de l’ALN commandée par les pleutres de la Bande d’Oujda. Et après, et bien une fois finie la tuerie de 100 000 harkis et de leurs familles, ils se sont reconvertis : dans la prévarication, la dilapidation des richesses de l’Algérie, le partage des rentes du pouvoir et du trafic d’influence ; bref ils sont restés ce qu’ils avaient toujours été : des mafieux.

L’Algérie importe du blé, de l’huile et même des jus de fruits ! On construit des mosquées gigantesques alors que la population manque des services publics élémentaires ; l’armée absorbe beaucoup de moyens et détient nombre de clefs, politiques et économiques. Tout est subventionné et les réserves de change fondent, alors que le prix des hydrocarbures reste bas. Mais tout se trouve, logement, travail, produits illicites, autorisations diverses, à condition de frapper aux bonnes portes et de ne pas venir les mains vides. Un tiers des jeunes de moins de 30 ans désire quitter le pays, ce paradis indépendant, et beaucoup le font ; innombrable sera la ruée à la mort du zombi.

Mais l’étonnant est que la schizophrénie est endémique chez les Algériens, en effet, où vivent 10% d’entre eux, ou voudraient venir 15 % des autres, et bien chez l’infâme tortionnaire, le pilleur colonialiste… en France ! Les méchantes langues disent qu’ayant rendu leur pays invivable ils viennent en faire autant dans le nôtre. ! D’autres voix plus subtiles pensent que pour beaucoup la France est vue comme ce paradis dont parlent les vieux chibanis, ceux qui ont connu « avant » ; inconsciemment en venant ici ils viendraient se recoloniser. Hélas cette France n’est plus, justement à cause des successeurs et descendants des Maurice Audin, ceux-là même qui espèrent que demain le Bernard-l’hermite de l’Elysée rabaissera la France ; c’est ce qu’il fait de mieux, d’ailleurs.

Maurice Audin n’a pas de tombe, tant mieux, cela m’évitera de paraphraser Boris Vian. La guerre est une saloperie, il avait choisi son camp.