Une vision Italienne de la construction européenne.

Article original en Italien publié dans Money.it

Désunion européenne.

D’un rêve d’une Europe des Peuples nous sommes passés bien vite à une désunion européenne fondée sur les principes de Post-démocratie et de néo-aristocratie. Voici la lecture du processus d’unification de Joël Magaldi hôte de l’émission « Pile ou face ». Une histoire où la franc-maçonnerie a eu et a encore un rôle proéminent.

Plus qu’une union c’est une désunion européenne empreinte d’une idéologie post-démocratique néo-aristocratique loin des exigences des citoyens. Joël Magaldi, Grand Maitre du Grand Orient Démocratique et président du Mouvement Roosevelt, trace les contours, dans ce numéro de « Pile ou face » du parcours de la construction européenne. Le vertueux projet initial, fondé sur l’Europe des Peuples, des droits et de la paix serait aujourd’hui remplacé par un projet néo-féodal d’obscure finalité.

L’Europe des bureaucrates.

Je défini l’UE comme une désunion européenne, projet réalisé, come nous le savons aujourd’hui, par des circuits maçonniques précis. L’idée d’une Europe unie est ancienne, fruit de la pensée maçonnique progressiste de personnages comme Garibaldi, Mazzini et Spinelli.

Ils imaginaient une Europe démocratique des Peuples, déjà au XIXeme on parlait d’Etats Unis d’Europe, comme source de paix, d’équilibre, de richesses culturelles et spirituelles. Puis entre en scène Kalergi, personnage dont on parle souvent en termes trompeurs ; dans les années 20, il regroupe dans Paneuropa, son association qui en réalité était aussi le nom une super-loge à laquelle il appartenait, des intellectuels et des politiciens à qui il propose une vague idée générale d’union multiraciale et intégrée, vue favorablement des progressistes francs-maçons de l’époque. Kalergi s’opposera à des personnages comme Hitler, puis émigrera et après la seconde guerre mondiale trouvera une synergie avec Monnet.

Revenu en Europe le scénario change radicalement, Kalergi abandonne la généralité du projet  et propose une perspective claire et quasi-féodale de l’Europe, s’inspirant du Saint Empire Romain [germanique]. Il évoque un pouvoir collégial géré par quelques uns dont des bureaucrates, soustraits au jeu démocratique avec la mission de pousser en avant le projet.

A cette idée post-démocratique et néo-aristocratique se joint le projet néo-libéral de Monnet qui abandonne les inspirations de jeunesse « rooseveltiennes » pour au contraire partir dans une construction politique, imposant la Communauté Économique du Charbon et de l’Acier premier pas de la construction européenne.

De là vient que l’UE s’est construite sur un soubassement néo-féodal dans le domaine politique et avec une prééminence économique dans les instruments de son unification. Le pauvre Spinelli, marginalisé avec ses idées du Manifeste de Ventotene, obtiendra seulement la compensation d’un Parlement Européen, qui, assurément, ne représente pas la souveraineté des Peuples Européens.

Cette Union Européenne est donc une ancienne idée maçonnique-progressiste mais le résultat effectif de la désunion européenne et de l’eurozone, est une interprétation et une construction maçonnique néo-aristocratique et post-démocratique.

Une monnaie sans État.

Il n’y a rien d’aléatoire dans cette construction européenne. L’Eurozone est un instrument précis d’assujetissement de la politique aux raisons de l’économie, dont les logiques sont décidées par des technocrates irresponsables de tout y compris devant la Loi. Les fonctionnaires et dirigeant de la BCE, par une étonnante et  insupportable décision, ne répondent pas de leurs actions devant la Loi. La BCE est une structure bureaucratique de droit public, mais de propriété privée qui répond à la logique néo-libérale, à la matrice de la mondialisation des marchés et des capitaux sans droits ni démocratie. L’Euro est une monnaie sans souverain réel, c’est-à-dire un Etat qui en démocratie représente les intérêts du Peuple. La situation paradoxale est que l’Euro ainsi conçu enlève toute autonomie monétaire aux états seuls, ce ne sont pas les politiciens élus qui décident quoi faire de cette monnaie. Nous parlons d’une construction raffinée et intentionnelle et en tout incompatible avec une vision démocratique de la société. Ce néo-libéralisme, omniprésent depuis des décennies, ne peut être combatu qu’avec une idéologie de signe contraire : le socialisme libéral.

La franc-maçonnerie déviée (dénaturée)

Pour le citoyen moyen le mot « franc-maçon » désigne quelqu’un qui conspire dans l’ombre. La franc-maçonnerie est en réalité l’objet révolutionnaire qui a créé la société contemporaine et détruit l’ordre ancien. A l’intérieur de la  franc-maçonnerie se polarisent deux visions. L’une progressive été démocratique avec l’idéal d’une société libérale et démocratique où la valeur de la démocratie et de la tolérance est absolue. De l’autre coté il y a une pensée maçonnique minoritaire dans le temps et devenue hégémonique dans les dernières décennies qui regarde comme authentiquement humain que des prétendus initiés, lesquels regardent les autres comme des sortes d’animaux. Dans cette vision, surgit un dominium oligarchique de la société utilisant tous les leviers : politiques, médiatiques, militaires et culturels. De la maçonnerie provient le mérite énorme de la conquête de la démocratie, de la liberté, des droits individuels universels. De son détournement contre-initiatique provient cette incubation post-démocratique, fondement de cette mauvaise Union Européenne.

La faillite de l’austérité.

En 1975 l’association para-maçonnique Commission Trilatérale publie un travail de la super-loge supra-nationale Tree Eyes

« la crise de la démocratie ». De là à peu de temps, nous verrons  arriver des personalités comme Reagan et Thatcher qui déclineront dans le concret cette idéologie néo-libérale. Célèbre et exécrable la simplification de M. Thatcher qui compare l’Homme d’État au « bon père de famille ». Sur cette histoire simpliste et anodine est fondée toute la perversion du néo-libéralisme. Imaginons un État qui ne serait plus en mesure de pouvoir faire des investissements en pertes, d’utiliser la monnaie et le déficit budgétaire en terme d’utilité de développement. L’État minimum qui ne s’occupe pas d’économie, réduit au minium ses dépenses pour être le meilleur, au nom d’une bénéfique austérité, dans le sort de la population est un grand mensonge, on l’a vu récemment.

Dans le laboratoire « Europe » il y a un cobaye, la Grèce. Nous devrions demander à ces groupes maçonniques pourquoi il n’est pas proposé de décrire correctement la façon dont les politiques d’austérité l’ont réduite. Où que ce soit l’austérité n’a pas abouti à des améliorations de la dette publique ou du budget de l’État.

Nos démocraties doivent-elles servir à aller au-devant des besoins du peuple ou doivent-elles s’inspirer d’une théologie dogmatique qui sert les intérêts de quelques uns à travers l’augmentation des inégalités économiques ? Et dans tout cela il y a aussi le thème de la dévaluation de la politique : si ce n’est pas le politique qui décide, ce sera le technocrate qui le fera pour lui, peut être pour le compte d’un quelconque oligarque.

Malgré tout cela, nous sommes quand même les acteurs de notre destin. Si la classe politique italienne se décidait à opter pour la démocratie, nous pourrions envisager d’autres paradigmes pour gérer l’Europe et l’UE d’une manière démocratique,

 une divinité accessible (sic) n’a pas prescrit d’avoir à maintenir cette situation, ce sont des décisions d’hommes qui peuvent être changées par d’autres hommes.

auteur : Fabio Frabetti

ONG pro-migrants à l’abordage de l’Italie

Paru sous une forme réduite dans Boulevard Voltaire.

 

Jusqu’à la nomination du gouvernement Lega / M5S l’Italie à vu le débarquement de 13313 clandestins, essentiellement arrivant sur des navires de collecte en mer affrétés par des ONG du nord de l’Europe ; 5 fois moins que l’année précédente, mais n’y voyez aucune corrélation avec les élections du 4 mars.

Depuis le début juin les arrivées sont quotidiennes, si l’on compte les petites embarcations arrivant seules jusqu’à Lampedusa et même Reggio de Calabre ; mais il y aussi les gros poissons – et je suis tenté d’oublier un ‘s’ – Sos Méditerranée (Medecins sans frontières) et le Seefuchs de l’ONG allemande Sea-Eye récemment réparé à Malte, ce détail n’est pas sans signification. Rappelons que la tentative de bloquer le Open Arms, navire de l’ONG espagnole Proactiva. (dont le nom est un programme !) a été retoquée en justice.

Hier 9 juin, 229 émigrants illégaux avaient été débarqués à Pozzalo, dont 126 étaient à bord du Seefuchs, le gouvernement italien avait en vain tenté de faire embarquer ces naufragés volontaires sur des gardes-côtes Maltais, mais ceux-ci refusèrent, on les comprend, et eux portent bien leur désignation maritime.

232 aussi à Reggio de Calabre sur le SeeWatch, et d’autres au moment de la visite de Salvini en Sicile ; le chef de la Lega avait alors mis en garde Malte contre sa propension à se décharger sur la marine Italienne alors que l’ile est entre le point de départ et la Sicile : « A partir d’aujourd’hui l’Italie commence à dire non au trafic d’être humain, non au bisness de l’immigration clandestine. Mon objectif est de garantir une vite tranquille à ces jeunes gens en Afrique et à nos enfants en Italie ».

La veille l’association Sos Méditéranée, largement subventionnée par des fonds publics, avait lancé, au MUCEN de Marseille, dénaturant un peu plus cette institution, son appel du 8 Juin texte dégoulinant de mauvaise fois, de faux bons-sentiments, de poncifs de dames-patronnesses européistes. Selon le site de l’association il s’agissait « d’un grand rendez-vous festif et citoyen […]  pour sauver des vies ! » « Madame-monsieur » était de la partie, c’est dire le niveau, pour un peu ils auraient ressorti la Balasko de la naphtaline. En faisant un don conséquent ou en étant chanceux à la tombola, peut être aurez-vous le droit de monter à bord, pour l’aventure, #jepayepourlinvasion.

Tout était bien orchestré, Salvini avait patienté, puis il avait menacé afin de suivre son contrat avec le peuple italien, et maintenant ?

Oh, c’est tout simple, l’Aquarius navire de l’association Sos Méditéranée se présentait avec sa cargaison d’images noires du trafic d’êtres humains, et pas qu’un peu, 629, il fallait ratisser large et nul doute que de complaisants radars avaient aiguillé les recherches du navire le long des côtes libyennes, et donné le top du sabordage avant « sauvetage ».

Salvini à donc interdit l’accostage du navire dans les ports Italiens, et aussitôt, presque avant, tous les pro-immigrationistes ont embouché les trompettes de l’accueil chez les autres, du méchant raciste, et les avocats grassement payés, vivant bien loin des enfers multiculturels ont sorti des dossiers préparés sur les contraintes de l’U.E. de la Concention Européenne des droits de l’Homme, de l’Administration des Nations Unies pour les Réfugiés, et des autres machines à détruire l’occident. L’ineffable maire de Naples, dont la ville est un cloaque, ami de B. Hamon se propose de braver le ministre de l’intérieur italien et d’ouvrir le port de Naples. Pauvres contre pauvres, l’Histoire montre que cela fini toujours mal.

Les vapeurs du New York Time

Paru dans Boulevard Voltaire

 

« Un gouvernement horrible, […] une bigoterie, une incompétence à un niveau jamais vu, un bouquet de misérables soulevé par la boue anti-libérale, […] je ne vois rien qui vienne de Cinque Stelle ou de La Lega qui ne me répugne pas » : ainsi s’exprime l’éditorialiste du New York Times, journal officiel des mondialistes illuminés, de la néo-aristocratie sans noblesse. Comme chacun sait, l’outrance, la haine, l’insulte et l’intolérance sont du côté des fascistes ou, comme ce mot est galvaudé, des populistes.

Il faut dire qu’en deux jours, Di Maio et surtout Salvini ont eu des paroles inaudibles pour les « sachants » de la jet-society, de quoi faire naître des bubons sur leur peau bronzée. Imaginez : « prima gli italiani » ; concernant les migrants promis à la démigration, « nous ferons tout ce que nous pourrons pour leur donner un futur d’espoir dans leurs pays » ; sans compter l’affirmation que le gouvernement n’entre pas dans les chambres à coucher, mais qu’un enfant a droit à un père et une mère et non à 1, 2 ou 33 géniteurs. Aïe !

Même le souriant, simple et tranquille troisième homme, Giuseppe Conte, durant son discours d’investiture, s’est montré offensif. S’étant laissé aller à un lapsus, pas si involontaire, parlant de paradis artificiels au lieu de paradis fiscaux, il continua, toujours au chapitre financier, en disant que les déficits seraient combattus non par l’austérité mais par la croissance. Mais ce ne fut pas tout : il déclara que l’Italie était justifiée à demander une union [européenne] économique et financière tournée vers la satisfaction des besoins des citoyens, et en appela à la solidarité : oh, le gros mot !

Parlant du sujet de préoccupation majeur des Italiens, il reçut une ovation, en évoquant la solidarité feinte et le business immigrationniste. Mais le pire, pour les libéraux-mondialistes, arriva à la fin : « Nous serons les auteurs d’une ouverture à la Russie, qui a consolidé ces dernières années son rôle international dans diverses crises géopolitiques. Nous serons les promoteurs d’une révision du système des sanctions. »

Dans les interventions, il est à noter celle d’Alberto Bagnai, économiste de la Lega, critique contre l’Allemagne et n’hésitant pas à dire : « Les règles [de l’Union européenne] ne sont pas un totem mais doivent être adaptées au moment […] elles sont de plus l’alibi de la classe politique. » Ce à quoi Mario Monti, qui il y a quatre jours n’aurait même pas daigné parler à un populiste, répondit dans le plus pur style européiste : « Non, il n’est pas exclu que l’Italie doive subir l’humiliation de la Troïka. » Rappelons que ce personnage, favorable à une Europe fédérale, ancien commissaire européen, consultant pour Goldman Sachs, fut le successeur de Berlusconi à la suite du coup de force de l’Union européenne et des marchés. Gageons que la promesse renouvelée de peines de prison pour l’évasion fiscale et les manœuvres financières doivent conditionner certaines prises de position.

Si on ajoute le coup de fil entre Salvini et Orbán, déterminés ensemble à « travailler pour changer les règles de cette Union européenne », on comprend qu’à New York, on soit inquiet !

La Lega et M5S seront rapidement contrés.

Paru dans Riposte Laïque

 

Les média, nombre de nos amis, et Cyrano en personne, relancent sans fin une phrase de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien où il est question de valises et de voyageurs précaires ; au moment où j’écris, je n’ai pas encore pu entendre in extenso ses déclarations siciliennes, mais il me semble utile de préciser certaines choses. La première est celle qui éclaire le tout, Giancarlo Giorgetti, le stratège de La Lega, plus proche conseiller de Salvini, qui l’a mis au secrétariat du gouvernement, a déclaré qu’un coup de téléphone reçu durant la dernière rencontre Di Maio-Salvini avait débloqué la situation pour un gouvernement et empêché la tenue d’élections rapprochées, pourtant annoncées comme favorables aux populistes, surtout ceux de La Lega. Il serait sorti de la pièce où se discutait la date des élections, puis y revenant aurait dit « j’ai parlé avec le diable »… Mario Draghi, patron sur le départ de la BCE, lui aurait dit, en substance : « Faites vite un gouvernement sinon il va y avoir un déchaînement financier qui va tout emporter » ; menaces encore, ou tuyau d’un partant ?

L’UE, relais du mondialisme financier, est bien encore derrière le gouvernement italien (cf. http://www.bvoltaire.fr/italie-cheval-union-europeenne-entre-troie-populiste/ et https://ripostelaique.com/italie-les-dernieres-nouvelles-du-front.html ) d’ailleurs Soros dans un entretien au Corriere Della Serra ne se cache pour dire que l’UE à eu tort de parler trop tôt et qu’elle saura séparer les deux formations lorsque le temps des comptes sera venu, ce en quoi il n’a pas tort. En revanche il a redit son désir d’une société ouverte – c’est-à-dire sans cultures ancrées – et sa certitude « que les immigrés à long terme rapporteront plus qu’ils n’ont coûté ». Le but de la caste mondialiste est bien la mort des différences culturelles et l’abâtardissement général.

C’est là qu’il faut écouter Salvini : « aujourd’hui d’autres morts en mer, transforment la Méditerranée en cimetière. Il y a un unique moyen pour sauver ces vies : moins de gens qui partent, davantage de rapatriés. La vie est sacrée […]. Comme ministre je ferai tout, travaillant avec ce gouvernement, pour éviter les départs de ces désespérés qui pensent qu’il y a de l’or en Italie. Il n’y a pas de travail, pas de maisons, pour les Siciliens, pour les Italiens, il n’y a rien de simple. Au gouvernement il n’y a ni Batman (lui) ni Robin des Bois (Di Maio) ». Au delà de l’aspect rhétorique typiquement italien, Salvini est un bon tribun, il y a le message politique ; d’abord traiter les départs car à l’arrivée l’armée et la protection civile italiennes sont aux mains de M5S, le petit coup d’humanisme bon teint, puis le chômage (qui empêcherait l’intégration) et qui est du ressort de M5S, mais rien n’est facile… Et enfin, soyez patient nous n’avons pas les mains libres comme les héros cités.

Il poursuit en parlant de la nécessité de modifier les Lois et de les appliquer mieux – la haute administration italienne étant largement pro-européenne et risquant de freiner au pire qu’elle pourra – puis de se coordonner avec l’UE ; à ce propos il a redit qu’il ne serait pas présent mardi au sommet européen devant discuter d’immigration. Il est tenu d’assister ce même jour au vote de confiance au Sénat et Bruxelles n’a pas souhaiter modifier la date, ainsi l’accord de Dublin risque fort d’être encore aggravé pour l’Italie ! En Italie « nous allons travailler sans baguette magique pour moins de bateaux, plus d’expulsions, plus de sécurité, et couper l’énorme chiffre d’affaires », en Sicile ces derniers mots ne sont pas innocents et je pense que Salvini ne pourra pas longtemps continuer à se promener en chemisette au milieu de la foule. Au passage, signalons que le charmant tudesque qui a menacé les Italiens votant pour les populistes est réputé avoir eu des rapports étranges avec des gens proches de la n’dangreta

Il parlera aussi de la solidarité attendue de la part de la France et de l’Allemagne, espérant que ces pays passeront des paroles aux actes… de notre point du vue souhaitons le contraire, car, il ne faudrait pas que la peur s’empare des migrants en Italie et que massivement  ils se présentent aux inexistantes frontières de notre pays.

Heureusement, il eu aussi des propos plus proches de ce que nous attendons, il rappellera que désormais ce sont les pays nord-africains qui sont en-tête des fournisseurs de « galériens » (et Bouteflika n’est pas encore mort !). « Assez pour la Sicile, ce n’est pas le camp de réfugiés de l’Europe. Nous n’assisterons pas sans rien faire à débarquement sur débarquement sur débarquement ».

A Pozzalo où venaient de « débarquer » 158 Algériens (pays en guerre comme chacun sait, privé de pétrole et où rien ne pousse !), il quitta l’habit de ministre pour soutenir un candidat aux élections locales, et fut reçu par le maire (Parti Démocratique) avec les paroles lénifiantes d’usage chez les socialistes, puis se ravisant, demanda au ministre de peser pour avoir des « quais supplémentaires dans le port car la plupart sont occupés par les installation d’accueil des réfugiés », et, sans honte, cita les paroles de Slavini sur une Sicile qui n’était pas un camp de réfugiés ; « ici il y a des plages et des touristes ! ».

Ce gouvernement n’est pas celui que nous attendons, il fera bouger des lignes, c’est certain, montrera encore davantage aux Européens que l’EU les trahit, mais son action sera faible. Ce gouvernement n’est pas parfait, mais il est, et puis il y ces mots de Salvini prononcés à Rosolini « Envie de normalité, envie de reprendre ce pays ».

Italie : le cheval Union européenne est-il entré dans la Troie populiste ?

Publié dans Boulevard Voltaire

Emportée par le succès, la Lega a beaucoup exigé, mais renoncé – provisoirement ? – à de nouvelles élections. C’est que les rapports de force sont clairs : si la coalition centre droit pèse 37 % des voix, la Lega dans ses négociations avec M5S ne pouvait se prévaloir que de ses 17 ; ses 32 %, Di Maio les a, et seul.

Jeudi soir, Salvini a jugé qu’il avait assez obtenu et qu’un vote en juillet était risqué ; le vent tournait, les Italiens commençaient à ressentir le besoin d’un gouvernement. Dans la rue, l’inquiétude devenait palpable, car les prêts bancaires italiens sont majoritairement à taux variables, sensibles aux tensions monétaires. Le mensonge médiatique sur une sortie de l’euro a contraint les populistes à une conclusion rapide, de peur d’un retournement en cas d’élections début 2019 ; nuitamment, la Lega a supprimé de sa façade l’immense écriteau « BASTA €URO ».

Le gouvernement italien semble s’équilibrer entre M5S et la Lega, mais en réalité, il est aussi la représentation des divergences au sein des deux camps, allant pour Salvini jusqu’à l’abandon de poste à des berlusconiens. Si l’on ajoute la participation d’anciens ministres socialo-centristes, on se rend compte que le populisme pourrait bien n’être que marginal.

Paolo Savona, pro-européen ne demandant qu’une réorientation des politiques financières de l’Union, n’était qu’un prétexte, plus encore pour Mattarella que pour Salvini ; les flancs du cheval entré dans la Troie récalcitrante sont emplis de guerriers de l’Union européenne comme Enzo Moavero Milanesi (Affaires étrangères), Giovanni Tria (Économie) ou Elisabetta Trenta (Défense).

La Justice est octroyée à M5S, Alfonso Bonafede était prévu à ce poste dans la « squadra ideale » présentée par Di Maio. Avocat, homme patient, très à l’écoute, ce proche de Di Maio aura la tâche, dans la droite ligne idéologique du mouvement social-citoyen, de mettre en œuvre l’opération de « purification » des instances politiques et administratives italiennes. Il est la bête noire des libéraux qui voient en lui poindre le risque d’une judiciarisation de l’Italie sur le mode américain ; c’est d’ailleurs Bonafede qui à introduit une loi pour les actions de groupe. Au fond, il ne dérange que très peu Bruxelles.

Ce n’est pas le cas du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini en personne, dont l’élimination était davantage souhaitée par l’Union européenne que celle de Savona. Le suivi des actions du chef de la Lega s’annonce passionnant, tant ses promesses vont à l’encontre de la doxa mondialiste.

Di Maio, vice-Premier ministre, comme Salvini, chargé du développement économique et du travail, sera tout autant entravé par les contraintes de l’Union européenne ; dans son cas, financières plus qu’idéologiques.

Pour finir, il y a un ministère du Sud, confié à Cinque Stelle afin d’équilibrer celui d’Erica Stefani qui, aux Affaires régionales et à l’autonomie (des régions), fera avancer les choix fédéralistes de l’ancienne Lega.

Le tourisme reste rattaché aux « Biens culturels » : c’est un échec pour Salvini, qui voulait en faire son cheval de bataille ; pourtant c’est Danilo Toninelli, aux Infrastructures, qui pourrait être l’élément déclencheur d’une crise dans ce gouvernement bancal : en effet, il est proche des thèses de décroissance, contre les grands travaux, notamment ferroviaires et autoroutiers.

Un gouvernement ambigu en Italie

Paru dans Riposte Laïque.

Après une journée harassante et confuse, emplie de petites phrases cajoleuses ou assassines, de confidences de seconds couteaux, et de fuites journalistiques, la nouvelle est tombée à 18 h 58 : dans une note conjointe Salvini et Di Maio déclaraient que les conditions politiques d’un accord étaient réunies. A 19 h 40 Cottarelli remettait son mandat entre les mains du président Mattarella, qui aussitôt convoquait Giuseppe Conte à 21 heures. Ce soir nous savons que les ministres prêteront serment à 16 heures le 1er Juin.

Alors qu’hier en fin de journée Di Maio semblait en perte de vitesse, contesté dans son parti, accumulant les gaffes, Salvini au contraire, avec calme et joliesse, tissait sa toile et paraissait proche d’emporter toute la mise. Aujourd’hui, même si le Partito Democratico estime que le pire populisme de droite arrive au pouvoir, le gain de Salvini est moins éclatant et celui de Movimento Cinque Stelle plus affirmé. Que s’est-il passé ?

La Lega est en hausse, beaucoup au détriment de Forza Italia, d’où la main tendue de Berlusconi, M5S aussi progresse, les sondages récent indiquaient, en cas de vote le 29 juillet, une plus forte abstention des classes les plus pauvres et des jeunes, donc de l’électorat M5S, soumis en plus à une remontée du Parti Démocratique (Renzi étant sur la touche) ; mais un autre est venu bouleverser les conclusions que l’on pouvait en tirer : si les électeurs de La Lega sont les plus fidèles ils sont aussi nombreux parmi la petite moitié d’Italiens qui partent en vacances. Matteo n’a pas voulu relancer et à abattu son jeu.

Voici donc la liste des ministres et chargés d’affaires, car en Italie la création d’un ministère est une affaire compliquée.

Pour la Lega :

Matteo Salvini, vice-premier ministre, ministre de l’intérieur (sans le tourisme qu’il revendiquait)

Giancarlo Giorgetti (bras droit de Salvini) sous-secrétaire à la présidence ; c’est un poste clef

Giovanni Tria, économie (nettement moins anti-euro que Paolo Savona)

Giulia Bongiorno, administration publique (en Italie ce n’est pas rien !)

Erica Stefani , affaires régionales et autonomie (le dada de la Lega)

Lorenzo Fontana (vice-secrétaire générale de La Lega), familles et handicapés

Gian Marco Centinaio, politique agricole et alimentation (dada de Salvini)

Marco Bussetti, instruction publique

Pour le Movimento Cinque Stelle :

Di Maio, vice-premier ministre, développement économique et Travail (risque maximum pour lui)

Riccardo Fraccaro rapport avec le parlement et démocratie directe (fond de commerce de M5S)

Barbara Lezzi (pour contrebalence Erica Stefani)  Sud (au début n’était pas prévu, tristement célèbre et fantomatique !)

Alfonso Bonafede, Justice (désastreux pour les centristes et la droite libérale)

Danilo Toninelli infrastructures et transport (et pas Mauro Coltorti plus radical)

Alberto Bonisoli culture et tourisme (une nouveauté en Italie où il n’y avait qu’un ministre des « biens culturels »)

Elisabetta Trenta défense (genre bisounours)

Giulia Grillo santé (compromis sur la vaccination)

Pas affiliés :

Paolo Savona, celui qui était refusé par le président, aux affaires européennes (une semi-provocation)

Enzo Moavero Milanesi affaires étrangères, et non pas le francophile Luca Giansanti (une espèce de technicien centriste ! ancien ministre de Monti)

Général Sergio Costa, environnement et protection du territoire ( en Italie les tremblements de terre, incendies, et glissements de terrains sont fréquent)

Demain Salvini sera le ministre de l’intérieur qui à promis aux Italiens de régler le problème de l’invasion africaine, et Di Maio celui du travail dans un pays ou un jeune sur trois est au chômage.

Dans les mois qui viennent, il sera passionnant de voir lequel des deux populistes, parvient le mieux à suivre ce conseil de Machiavel « Chi viene eletto principe col favore popolare deve conservare il popolo come amico », l’autre méditera ce proverbe latin « il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne ».

Italie : le petit coup d’État a donc échoué

Publié dans Boulevard Voltaire

Le feu financier allumé dans le but de mettre en valeur Cottarelli, le pompier du FMI, s’est propagé toute la journée d’hier, échappant au contrôle des apprentis sorciers. La déclaration du commissaire européen Oettinger – « Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter » -, prévue pour s’insérer dans une amélioration des taux, a attisé l’incendie.

Après que Berlusconi, poussé par la force de la Lega, a annoncé le retrait de son soutien au plan B de l’Union européenne et que Renzi, en bon socialiste, a choisi de ne pas choisir, le gouvernement technique dont on espérait, à Bruxelles, la venue pour une durée la plus longue possible n’était plus envisageable.

Le golpetto, le petit coup d’État, a donc échoué. Le 2 juin, fête de la République italienne, sont promises de grandes manifestations organisées par M5S et la Lega. « Fascisme », crient les européistes, oubliant que les populistes ont remporté les élections !

Le retour aux urnes le plus tôt possible, pourquoi pas en juillet, semble la solution, mais les sondages prédisent un raz-de-marée populiste et, vu l’échec de l’intimidation économique, on ne voit pas comment il en serait autrement, surtout que l’invasion migratoire reprend en Sicile.
L’autre possibilité serait que Mattarella accepte le gouvernement la Lega/M5S refusé la semaine dernière – c’est le sens de l’ouverture faite, hier soir, à Naples par Di Maio.

À l’instant, 11 heures ce mercredi, Salvini a sifflé la fin de partie : vote le plus tôt possible, en septembre, si l’on trouve un accord pour un gouvernement provisoire (loi de finance, position italienne au sommet de l’Union européenne et blocage des immigrants) ou, sinon, le 29 juillet. C’est que, le 10 juin, ont lieu des élections locales où des listes Forza Italia/La Lega sont très fréquentes, d’où l’intérêt, pour Salvini, de ne pas fermer la porte trop sèchement. Mais après, soit Berlusconi rejoint un nouveau parti euro-critique, soit Forza Italia est mangée.