Réflexion sur la « marche du retour » du Hamas

Publié dans Riposte Laïque.

 

Depuis le déclenchement de « la Grande Marche du Retour » une trentaine de Gazaouis ont payé de leur vie la stratégie adoptée par le Hamas.

La charte du Hamas commence par une exhortation de « Mouhammad chef des moujahidins », le ton est donné et les formules alambiquées suivantes ne trompent que les naïfs. Tout pourtant n’y est pas dissimulation, lisons : « La création d’Israël est entièrement illégale » « Il n’y aura aucune reconnaissance d’une légitimité de l’entité sioniste. » « Le Mouvement rejette ces accords [d’Oslo] », « La Palestine est une terre islamique arabe », « ces lieux saints islamiques et chrétiens appartiennent exclusivement au peuple palestinien et à la oumma arabe et islamique » « […] Al-Aqsa appartient exclusivement à notre peuple et à notre oumma » (pour les musulmans la mosquée Al-Aqsa ne correspond pas au petit bâtiment de ce nom mais à la totalité de la zone », laquelle inclut le mur des lamentations et le rocher du sacrifice, élément fondamental de la religion juive.)

Le Hamas n’est pas qu’une organisation radicale, fondamentaliste islamique ; si sa rhétorique reprend des formulations chères aux activistes des années 80 c’est que ce mouvement est le laboratoire de la convergence révolutionnaire islam/gauchisme, en ce sens il s’est séparé des Frères Musulmans. En perte de vitesse le Hamas a trouvé dans l’Iran un allié, mais de fortes réticences théologiques et des divergences idéologiques rendent cette alliance conjoncturelle instable.

Côté Autorité Palestinienne le monde arabe sunnite attend la mort de M. Abbas en espérant son remplacement par un pragmatique qui fera passer la pilule d’un faux-état palestinien réduit, le Hamas dérange ; l’Égypte a une attitude inamicale, les pétromonarchies se sont lassées, y compris le Qatar, reste la tordue Algérie qui en juillet a accueilli un bureau de l’organisation, faisant dire à l’ambassadeur Saoudien à Alger « Bien sûr que le Hamas est une organisation terroriste ! ».

Le Hamas lui-même, en publiant des photos de certain tués, armée, en treillis, ne cache pas la nature de la Grande Marche (maoïste) du Retour (en langage palestinien : du rejet à la mer des Juifs) il s’agit d’une opération contre Israël dont les armes sont les images. De pauvres gens sincères et manipulés sont poussés en avant – le pistolet dans le dos – par l’encadrement du Hamas, pour mourir en direct et heurter les Occidentaux par le truchement de médias voyeurs et orientés.

Pour l’instant Tsahal à déjoué ce plan, selon son porte-parole « … rien n’a été fait de façon incontrôlée, tout était précis et mesuré, nous savons où chaque balle a atterri. » indiquant que les morts étaient des cibles hostiles repérées, Yahya Sinwar du Hamas lui a répondu « La marche du retour se poursuivra […] jusqu’à ce que nous mettions fin à cette frontière transitoire. »

Premières escarmouches qui cachent une idée monstrueuse : opposer des centaines de milliers d’habitants de Gaza marchant vers la frontière à des troupes israéliennes qui seront submergées et ne pourront faire usage de leurs armes sans commettre l’irrémédiable. Déjà les forces de gauche israéliennes pro-palestiniennes appellent les soldats à refuser les ordres de tir. Cette invasion « par les pieds » sera programmée le jour du 70ème anniversaire de l’État d’Israël ; la réussite d’une escalade de la violence aurait pour conséquence la renonciation de Donald Trump à se rendre ce même jour à Jérusalem.

Un espoir cependant, en Cisjordanie, les manifestations de soutien sont restées peu nombreuses, peu fournies, la contagion n’a pas lieu ; comme si la solidarité « nationale » ne jouait plus entre Gaza et le reste des « territoires occupés ».

En France, par ces temps troubles d’antisémitisme débridé et de poussée communautariste musulmane, peut être est-il temps qu’un politique courageux donne le signal d’une ère nouvelle, d’espoirs alternatifs ; la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, serait un bon point de départ pour rebâtir, autrement, la paix.

Le Hamas prépare la tuerie.

Paru dans Riposte Laïque.

Depuis le déclenchement de « la Grande Marche du Retour » une trentaine de Gazaouis ont payé de leur vie la stratégie adoptée par le Hamas.

La charte du Hamas commence par une exhortation de « Mouhammad chef des moujahidins », le ton est donné et les formules alambiquées suivantes ne trompent que les naïfs. Tout pourtant n’y est pas dissimulation, lisons : « La création d’Israël est entièrement illégale » « Il n’y aura aucune reconnaissance d’une légitimité de l’entité sioniste. » « Le Mouvement rejette ces accords [d’Oslo] », « La Palestine est une terre islamique arabe », « ces lieux saints islamiques et chrétiens appartiennent exclusivement au peuple palestinien et à la oumma arabe et islamique » « […] Al-Aqsa appartient exclusivement à notre peuple et à notre oumma » (pour les musulmans la mosquée Al-Aqsa ne correspond pas au petit bâtiment de ce nom mais à la totalité de la zone », laquelle inclut le mur des lamentations et le rocher du sacrifice, élément fondamental de la religion juive.)

Le Hamas n’est pas qu’une organisation radicale, fondamentaliste islamique ; si sa rhétorique reprend des formulations chères aux activistes des années 80 c’est que ce mouvement est le laboratoire de la convergence révolutionnaire islam/gauchisme, en ce sens il s’est séparé des Frères Musulmans. En perte de vitesse le Hamas a trouvé dans l’Iran un allié, mais de fortes réticences théologiques et des divergences idéologiques rendent cette alliance conjoncturelle instable.

Côté Autorité Palestinienne le monde arabe sunnite attend la mort de M. Abbas en espérant son remplacement par un pragmatique qui fera passer la pilule d’un faux-état palestinien réduit, le Hamas dérange ; l’Égypte a une attitude inamicale, les pétromonarchies se sont lassées, y compris le Qatar, reste la tordue Algérie qui en juillet a accueilli un bureau de l’organisation, faisant dire à l’ambassadeur Saoudien à Alger « Bien sûr que le Hamas est une organisation terroriste ! ».

Le Hamas lui-même, en publiant des photos de certain tués, armée, en treillis, ne cache pas la nature de la Grande Marche (maoïste) du Retour (en langage palestinien : du rejet à la mer des Juifs) il s’agit d’une opération contre Israël dont les armes sont les images. De pauvres gens sincères et manipulés sont poussés en avant – le pistolet dans le dos – par l’encadrement du Hamas, pour mourir en direct et heurter les Occidentaux par le truchement de médias voyeurs et orientés.

Pour l’instant Tsahal à déjoué ce plan, selon son porte-parole « … rien n’a été fait de façon incontrôlée, tout était précis et mesuré, nous savons où chaque balle a atterri. » indiquant que les morts étaient des cibles hostiles repérées, Yahya Sinwar du Hamas lui a répondu « La marche du retour se poursuivra […] jusqu’à ce que nous mettions fin à cette frontière transitoire. »

Premières escarmouches qui cachent une idée monstrueuse : opposer des centaines de milliers d’habitants de Gaza marchant vers la frontière à des troupes israéliennes qui seront submergées et ne pourront faire usage de leurs armes sans commettre l’irrémédiable. Déjà les forces de gauche israéliennes pro-palestiniennes appellent les soldats à refuser les ordres de tir. Cette invasion « par les pieds » sera programmée le jour du 70ème anniversaire de l’État d’Israël ; la réussite d’une escalade de la violence aurait pour conséquence la renonciation de Donald Trump à se rendre ce même jour à Jérusalem.

Un espoir cependant, en Cisjordanie, les manifestations de soutien sont restées peu nombreuses, peu fournies, la contagion n’a pas lieu ; comme si la solidarité « nationale » ne jouait plus entre Gaza et le reste des « territoires occupés ».

En France, par ces temps troubles d’antisémitisme débridé et de poussée communautariste musulmane, peut être est-il temps qu’un politique courageux donne le signal d’une ère nouvelle, d’espoirs alternatifs ; la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, serait un bon point de départ pour rebâtir, autrement, la paix.

Syrie : dépeçage en vue.

Paru dans Boulevard Voltaire

 

La guerre est une chose dégueulasse, elle l’a toujours été, et même les dentelles des précieux officiers du XVIIIe étaient tachées de sang.

De mémoire d’homme, la guerre fut accompagnée du malheur des peuples, les sabres des uhlans ou les missiles tuent indistinctement. Prises d’otages, exécutions de masse, empoisonnement des puits, destruction de récoltes ou de semis, volonté de jeter l’effroi sur les populations ou d’en réduire le nombre, ces exactions n’ont jamais disparu des pratiques guerrières ; la guerre n’est morale que pour les vainqueurs et la destruction de Dresde était militairement inutile.

Nous ne saurons pas qui a utilisé du gaz dans cette ville de Syrie, ni comment, ni ce qu’il était, ni le nombre réel de victimes. Le savoir nous permettrait d’identifier les raisons de l’acte. La dissimulation, elle aussi, est une pratique de la guerre.

Nous savons la collusion entre les Casques blancs et les rebelles islamiques pourvus d’armes occidentales, nous savons que les ONG indépendantes ont leurs bases à Londres et que leur discours est du genre à emballer les visées impérialistes dans du coton soyeux ; l’humanitaire est à l’humanisme ce que le hamburger est au chateaubriand.

Au début des hostilités en Syrie, qui – rappelons-le – furent induites par les Occidentaux, le président légitime, sans doute poussé par son entourage, a semble-t-il utilisé des armes chimiques dans des parties du territoire syrien devenues hors de son contrôle. À l’évidence, il s’agissait, par la terreur, d’assécher le soutien des populations aux rebelles. Le calcul était simple : pour un prix humain, somme toute modique, sans destruction d’infrastructures, le pouvoir légal empêchait la contagion de la sécession à d’autres villes. Éteindre le feu par une violence initiale de haute intensité et éviter la guerre civile, le but était louable ; mais surtout la seule alternative face à la démission et à l’abandon du pays aux islamistes. Mais cela ne correspondait pas au plan américain, Saddam Hussein et Kadhafi ne leur suffisaient pas ; la Tunisie et l’Égypte ont eu de la chance !

Contre toute attente, Bachar el-Assad a gagné la guerre civile, grâce à l’intervention des Russes et des Iraniens, la proportion entre les deux restant à déterminer.

S’il y a conjonction actuelle d’intérêts entre la Russie et l’Iran, il n’y a pas d’alliance et chacun marque l’autre en tentant de rentabiliser au mieux les actions communes. On le voit en Syrie où nul doute que Bachar el-Assad se sert de cette compétition. Dans le futur, même proche, l’Iran est capable de rejouer la carte américaine, comme l’a montré le dégel avec Obama et la signature du dangereux traité de dupes sur le nucléaire iranien. Si Moscou a vendu des armes sophistiquées, c’est soumis à un chantage des mollahs : la Russie ne pouvait pas se permettre un Iran pro-américain alors que l’Ukraine et la Géorgie basculaient vers l’OTAN. Mais à terme, avec ou sans la fin du régime théocratique en Iran, la Russie s’en éloignera car elle ne peut durablement aider des chiites contre des sunnites alors que 10 ou 12 % de sa population est musulmane sunnite. Le rabibochage avec la Turquie, malgré l’avion russe abattu, en est une conséquence, surtout après que les Kurdes pro-occidentaux l’ont emporté sur les progressistes.

Aujourd’hui, le plan occidental est de torpiller la réussite de la paix en Syrie pour ne pas la laisser tout entière dans l’influence russe. Il faut donc empêcher une réconciliation nationale.

Ce qui se joue, c’est la partition de la Syrie. On a laissé la Turquie détruire l’enclave kurde d’Afrine pour mieux préparer le rattachement des turcophones syriens et l’émergence d’un Kurdistan plus à l’est, un état sunnite, pétrolier, sur les deux rives de l’Euphrate pour couper le croissant chiite. Provisoirement, on laissera les chrétiens et les alaouites vivoter.

L’intérêt, pour les gosses syriens étouffés par le chlore, c’est l’utilité des images de leur souffrance. La guerre est une chose dégueulasse.

Chiens de Juifs !

Comme je le relate ici même, malgré les nombreux efforts des médias occidentaux islamophiles la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël n’a pas eu les effets escomptés. L’usage intensif par la propagande anti-Israël de la jeune écervelée Tamimi n’a servi à rien ; la société française, faute d’un débat loyal, reste crispée sur le sujet du conflit au Proche-Orient, et particulièrement dans son expression en Cisjordanie.

La gauche française à une part majeure de la responsabilité de ce déficit d’information, et même souvent dans l’entreprise de désinformation … Dans un « tweet » récent un tueur d’âme, profiteur malsain des justes combats du siècle passé, bref un permanent de la CGT,  obscur déchet d’un totalitarisme abject, a étalé son antisémitisme compulsif par ces mots : « On entend moins les chiens réactionnaires quand on reçoit Netanyahou ». Le signifié subliminal est clair : « chiens de juifs ! ».

L’année qui vient ayant tout pour devenir explosive, peut être pouvons-nous réfléchir un instant à ce conflit interminable, au sens littéral du mot.

Interminable car il à commencé en 1947, et même, si l’on considère le statut et le sort des Juifs dans les pays musulmans, bien avant. Interminable surtout parce que les revendications des uns et des autres ont leur légitimité apparente dans des domaines différents et que la source de l’antagonisme se trouve dans les tréfonds de l’âme de chacun des protagonistes rendant impossible une solution fondée sur des concessions mutuelles.

Article en cinq parties :

I- D’une guerre à l’autre ; les 20 premières années de l’État d’Israël.

carte_3_publi_v2La création de l’État d’Israël en 1948, noté « juif » dans les textes de l’époque, résulte d’un vote de l’Organisation des Nations Unies le 29 novembre 1947, la France favorable sur le principe ne donnera son accord prudent qu’au début de 1949. Un état, noté « arabe » est également prévu partageant la Palestine sous mandat Britannique en six zones, trois pour les juifs, deux pour les arabes et enfin Jérusalem qui devait rester sous administration internationale.

Les zones juives ne sont pas contiguës, le sud correspond à la zone désertique du Néguev, la bande côtière où se situe Tel-Aviv et la plus « juive », la malaria y est présente, elle a une largeur souvent inférieure à 15 Km (si vous regardez une carte la frontière est l’actuelle autoroute n° 6), la seule région un peu plus viable est celle de Nazareth (ouest du lac de Tibériade) mais elle est isolée de la mer et sous le feu des canons Syriens disposés sur le plateau du Golan qui la surplombe. Les zones arabes sont homogènes et adossées à des pays arabes, Liban (à l’époque majoritairement chrétien), Syrie, Jordanie et Égypte.

Il est à noter que si la population des zones arabes est pratiquement judenfrei l’inverse est moins vrai ; à l’exception de l’est de Jérusalem historiquement peuplée de nombreux juifs.

Venant après les frustrations nées de l’effondrement de l’empire ottoman, de la répression par les britanniques des pogroms des années 20 et du soutien aux nazis ce plan de partition, comme d’autres auparavant, est rejeté, sans contre-offre, par les arabes.

Sans tutelle internationale de la Palestine il tombe sous le sens que ce partage est impraticable.

Les britanniques mettent fin à leur mandat sur la Palestine et se retirent précipitamment laissant le terrain libre pour une confrontation ; les juifs présents, dont beaucoup sont des rescapés des camps nazis, sont inférieurs en nombre, peu armés et sans image mentale de leur union autre que leur judaïté. Alors que des exactions commencent et qu’aucune force militaire  occidentale n’est à même de s’interposer, Ben Gourion proclame l’État d’Israël le 14 Mai 1948 dans les limites définies par l’ONU.  La cérémonie se déroule dans un musée, il est 16 heures.

Moins de 12 heures après les armées des états arabes voisins envahissent la Palestine, bien décidées à rejeter 650 000 juifs à la mer, elles sont épaulées par des Irakiens et par la Légion Arabe formée à Jérusalem par le grand mufti, allié de Hitler en 1940. Nous sommes un samedi, shabbat des juifs, la déclaration d’indépendance eu donc lieu un vendredi, jour de grandes prières pour les musulmans, lesquels, c’est notable, parlent de  cette période comme al-Naqba, la “catastrophe”.

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1948 – La légion arabe expulse les Juifs de Jérusalem-est avant le dynamitage du quartier.

Début Juin les Jordaniens sont dans les faubourgs de Tel-Aviv, le Néguev est perdu pour Israël, partout les zones juives sont réduites, la résistance n’est possible que grâce à la fortification des Kibboutz. Avec sang-froid les chefs israéliens comprennent l’importance symbolique de Jérusalem et passent à l’offensive alors que les foules musulmanes sont persuadées de leur victoire ; ce faisant cette percée inattendue empêche la jonction entre Jordaniens et Égyptiens. Mi-juillet le territoire initial d’Israël est libéré, fin octobre la Galilée et la vallée conduisant à Jérusalem sont occupées, la bande côtière est agrandie. Le 8 janvier 1949 les occidentaux imposent un cessez-le-feu alors que les armées arabes sont en déroute et que les extrémistes juifs se livrent à quelques intimidations, parfois violentes, contre les populations musulmanes des anciennes zones juives. La peur à changé de camp et 450 000 arabes ne pouvant concevoir de vivre dans une démocratie juive quittent leurs villages. Jérusalem-est échappe de peu à Tsahal. La bande de Gaza reste administrée par l’Égypte, mais le fait déterminant pour la suite est l’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-est par la Jordanie, tout aussi illégitime au regard du droit international que celle, par Israël, qui suivra.

La Transjordanie résulte de tractations et d’adaptations tactiques entre la Grande-Bretagne aux visées hégémoniques et la France soucieuse de les contrer, sur fond de dissolution du germanophile empire Ottoman et de poussées russes vers les mers chaudes. Malgré leur contribution à la victoire sur les Turcs (Lawrence d’Arabie) les Hachémites sont chassés de Syrie par les Français, puis en 1925, à la suite des manigances britanniques ils perdent leur titre millénaire de chérif de La Mecque au profit des Saoud, plus tard l’Irak leur échappera pour cause de révolution baasiste, en 1948 Jérusalem est dans leur esprit une sorte de lot de consolation pour leur prestige amoindri. Pourtant Abdallah  Ier conserve sa capitale à Amman, « Il n’y a d’Arabes qu’en Arabie » aurait-il dit indiquant que l’ouest du Jourdain n’était pas arabe, les cisjordaniens l’assassinent en 1951 alors qu’il visite la mosquée Al-Aqsa, ce qui en dit long sur le respect apporté à ce soi-disant lieu saint de l’islam. Fayçal, son père n’aurait sans doute pas renié ces paroles lui qui était favorable à l’immigration juive en Palestine ce qui confirme l’état d’esprit des bédouins par rapport aux autres habitants du machrek et pire encore du maghreb ; Septembre Noir (1970) massacre sanguinaire des cisjordaniens par l’armée de Hussein de Jordanie est à voir sous cet angle.

Entre Israël et les états arabes seuls des cessez-le-feu sont actés ; en 1956 États-Unis et URSS obligent conjointement la restitution du canal de Suez pris par les Français, les Anglais et Israël à la suite de sa nationalisation par Nasser. De multiples tensions et d’incessants incidents ont lieu le long des nouvelles frontières d’Israël l’obligeant à développer un outil militaire performant, coûteux et exigeant.  Tsahal devient alors un élément incontournable de l’imaginaire juif, bien plus que la Haganah des premiers temps, et très éloigné de ce que furent les sociétés juives durant 2 millénaires. Cette armée populaire et nationale est aussi un lien fort avec le sionisme originel puisque une part importante de l’encadrement est fourni par le mouvement kibboutzim. Coté Israélien il y a donc la réalisation d’un espoir, la Terre Promise, l’enthousiasme de la construction d’une société juive indépendante, d’un état libre 1900 ans après la destruction du Temple ; les stigmates de la Shoa font le reste. Ne pas percevoir cette force mythique, ce bloc en mouvement qui se renforce autour de ce cristal fondateur c’est marcher sans lumière dans une mine.

L’affaire de Suez, la fin de la présence française en Afrique du nord, le soutient soviétique, le revirement de De Gaulle, les « révolutions progressistes », donnent l’impression aux masses arabes qu’elles sont, elles-aussi, devenues des acteurs de la marche du monde, le pan-arabisme lyrique et désordonné achève de leur faire perdre le contact avec la réalité … Avec hardiesse et peu de considération pour son environnement arabe Israël se développe à grands pas accentuant le différentiel économique et augmentant le ressentiment des populations non-juives. Pour maintenir leur légitimité les gouvernements arabes multiplient les provocations toujours suivies de vives ripostes de l’état juif qui fait connaître divers casus belli ; l’un d’eux, le blocus du détroit de Tiran est mis en œuvre par l’Égypte en mai 1967. Venant après l’expulsion des casques bleus du Sinaï et des accords de défense avec la Syrie, alliée des Russes, et avec la Jordanie pourtant sous influence anglaise, ces gesticulations de Nasser inquiètent Israël d’autant plus que les États-Unis sont empêtrés au Vietnam et que l’ONU ne bronche pas.

Ayant obtenu l’assurance que l’URSS n’interviendrait pas, une attaque préventive est décidée à Tel-Aviv, elle durera jusqu’au 11 Juin 1967 et reste connue sous le nom de Guerre des Six Jours. Les armées arabes sont écrasées les unes après les autres, le traumatisme de cette nouvelle défaite est accentué par le fait que les dirigeants arabes ont menti à leur population faisant croire à une victoire éclatante.

http://www.lesclesdumoyenorient.com
Israël triple sa surface, le Sinaï sera restitué à l’Égypte.

Contraire aux promesses de la sunna, la colonisation économique ou politique des pays musulmans par les chrétiens fut mal vécue, les indépendances et l’illusion due à la perfusion soviétique, semblaient à cette époque remettre les choses en place.

Présente tout au long du coran la haine des juifs trouvait dans leur sujétion quotidienne un exutoire et une justification pour les masses musulmanes ; juin 1967 représente une violence mentale considérable pour leur conscience collective impropre à l’évolution. Que le statut de dar-al-kufr puisse s’appliquer à une terre si longtemps occupée, que ce soit des juifs qui disposent d’un état au milieu de l’aire coranique, que leurs armes victorieuses leur donnent la main sur Jérusalem est proprement inconcevable. L’été 1967, frustration et sentiment d’échec permanent, si prégnants dans la structure psychologique musulmane atteignent un paroxysme destructeur de la raison, le déni permanent de l’existence d’Israël provient de ce séisme culturel.

II- Modernité juive, immobilisme arabe.

Il ne s’agit pas de nier les dimensions économique et géo-politique du conflit, mais de considérer que ce sont des points, importants, mais secondaires. L’aspect primordial est ce choc entre deux cultures souvent réactionnaires, cristallisantes, mais l’une mobile et partie prenante de la modernité technique alors que l’autre est figée dans ses incantations victimaires.

La mystique de l’eau est un exemple de cet affrontement ; souvent oubliée, la guerre de l’eau, avec tous ses symboles et son caractère vital, illustre l’abime entre juifs et arabes (voir ce remarquable article).

La décennie suivante voit l’invention du peuple Palestinien, sous un prétexte de libération nationale, vaguement marxisant, on assiste, comme avec le FLN en Algérie, à l’appel masqué à la guerre sainte et son cortège d’assassins fanatiques ; OLP, FPLP, Fatah, deviennent des noms synonymes de violences aveugles. Similairement à l’Algérie la « Palestine » est mal née, sous le signe des mensonges et du sang innocent ; les raisons des deux échecs sont là.

La résolution de Khartoum qui suit la déroute arabe est tragiquement stupide : avec l’entité juive, pas de négociation, pas de paix, pas de reconnaissance. De 1967 à 1973, les escarmouches sont incessantes faisant vivre la population juive dans un état de stress permanent qui induit un comportement politique intransigeant répondant au bellicisme arabe. Il ne faut pas nom plus passer sous silence le sort cruel de presque un million de juifs vivants dans les pays arabes soumis à un arbitraire violent et meurtrier obligeant ceux-ci à un douloureux exil. Les arabes ont ainsi d’une part privé leurs pays d’habitants industrieux et éduqués et d’autre part renforcé Israël de cet apport !

Dans l’incapacité de penser autre chose que l’affrontement, les dirigeants arabes préparent la revanche, les égyptiens n’entendent pas les conseils de modération des soviétiques qui savent que Israël est devenu un pivot américain et qui ne veulent pas entraver la politique de détente est/ouest amorcée. L’occident n’a jamais été aussi puissant, mais Sadate et el-Assad ont besoin de satisfaire leurs peuples appauvris.

Le choix du Yom Kippour, grande fête religieuse juive, consacrée au pardon, n’est pas principalement un choix tactique d’utilisation d’une moindre mobilisation en Israël, mais une illustration du choc civilisationel, de la volonté d’atteindre « le juif » dans sa dimension spirituelle ; pour les arabes la victoire est certaine car la guerre se fait sous l’auspice religieux,  jamais un dirigeant musulman ne put durablement rester au pouvoir sans l’appel à une forme de djihad. Le nom choisi par les états-majors arabes qui se concertent est significatif « opération Badr » du nom d’une bataille gagnée par Mahomet pour voler une caravane (j’engage les lecteurs à bien comprendre le sens islamique de cette bataille).

Le début des opérations semble donner raison aux arabes, profitant de l’effet de surprise et d’une considérable supériorité numérique, bénéficiant de matériel soviétique récent et pléthorique, l’armée Égyptienne enfonce la ligne de défense du Sinaï (Bar-lev), c’est grave mais cela se passe loin des premiers villages israéliens ; sur le Golan c’est tout autre chose, les Syriens attaquent frontalement avec 1 400 blindés et 1 000 cannons, les deux brigades de Tsahal (170 chars et 70 pièces d’artillerie) sont submergées rapidement. Une résistance acharnée, très mobile, héroïque parfois avec des sacrifices personnels notables, retarde les Syriens, pourtant en deux endroits ils ont l’avantage et pourraient déferler sur le nord d’Israël ; par crainte d’un piège, par rigidité de commandement, et par manque de force mentale ils vont donner à leur ennemi le temps de la mobilisation et du transport des forces de réserves. La capacité d’engagement, d’improvisation, de ces réserves, qui partent au combat sans regroupement ni dotation complète, a sans doute sauvée Israël.

Stoppées dans leur élan les armées Égyptienne et Syrienne retrouvent les freins habituels de l’islam : découragement rapide, absence de flexibilité, rejet collectif des fautes sur « l’Autre », fatalisme individuel, paresse intellectuelle, vision primaire de l’honneur ; au lieu de continuer leurs mouvements, quitte à modifier leurs plans ou à reculer en certains lieux, elles tentent de se fortifier sur place laissant de ce fait l’initiative offensive à Israël qui ne s’attendait pas à pareille aubaine !

Forts de son moral et de la liberté d’action des chefs de terrain Tsahal va parvenir à encercler la moitié de l’armée de Sadate, et à détruire le meilleur de celle de Assad, ses éléments les plus avancés parviendront à 100 km du Caire et 20 km de Damas.

Encore une fois les pays du conseil de sécurité imposent la fin des hostilités ; il est de coutume d’estimer que l’honneur était sauf pour les arabes et que grâce à cela Sadate pu engager des pourparlers de paix. C’est au contraire la nouvelle défaite qui, par découragement, à rappelé aux égyptiens qu’ils constituaient un peuple pacifique et que les « palestiniens » ne leur apportaient rien de bon ; les exemples de l’implantation de ces derniers en Jordanie et au Liban n’encourageant pas à tenter l’expérience en Égypte !

La Jordanie et l’Égypte signent enfin la paix, les premiers sont provisoirement débarrassés des Cisjordaniens, les seconds de Gaza, le Liban sombre, seule la Syrie, poursuit une guerre larvée.

Les armées terroristes du Fatah, du FPLP, du Hamas, plus tard du Hezbollah prennent le relais des états arabes dans l’agression d’Israël ; proclamant que l’éradication des juifs est une nécessité pour la paix !

Sadate en paix avec Israël, abandonne les Gazaouis à leur sort, cette décision, en rupture avec les préceptes islamiques, lui vaudra d’être assassiné. Le réveil des Frères Musulmans, et la reprise en main par le Marchal Sissi sont la suite de cet acte courageux.

Coté Syrien l’humiliation est pire puisqu’ils ont été en mesure d’atteindre le territoire sanctuarisé d’Israël, qu’ils ont pu pénétrer des bases de Tashal, mais n’ont du ensuite leur salut qu’à l’ONU.

Cette incapacité d’Assad (Hafez), représentant des Alaouites minoritaires, à signer la paix, est l’un des facteurs lourds du déclenchement de la guerre civilo-religieuse que connaît ce pays depuis 2011.

III- deux peuples pour une seule terre.

Israël étant reconnu comme État indépendant par ses deux principaux voisins, en termes de longueur de frontières, dont l’Égypte le plus peuplé des états arabes, il restait à gérer la Cisjordanie et le plateau du Golan. Pour ce dernier la Syrie se considère toujours en guerre avec « l’entité juive » mais est actuellement surtout en guerre avec elle-même, ce problème du Golan attendra mais on imagine difficilement les conditions à atteindre pour qu’Israël consente à abandonner ce poste de tir et d’invasion de son sol. C’est donc la Cisjordanie et Jérusalem qui sont aujourd’hui les principaux points de tension.

Rappelons que la Jordanie qui à occupé la Cisjordanie et Jérusalem de 1948 à 1967 n’en à rien fait, alors qu’un transfert de sa capitale à Jérusalem (Est) aurait marqué son attachement à l’ouest du Jourdain et sa prise en compte de la population cisjordanienne, au contraire ces habitants ne jouissaient pas d’une pleine citoyenneté jordanienne et leur intégration n’a jamais été faite ni souhaitée. Il ne faut pas oublier non plus que la Jordanie à massacré infiniment plus de « palestiniens » que ne le fera jamais Israël dans toutes ses ripostes. Malgré les épisodes sanglants tels que Septembre Noir et l’abandon de la souveraineté Jordanienne sur la Cisjordanie, les bédouins hachémites sont désormais minoritaires dans leur royaume.

Sur un plan territorial Israël ne retire aucun bénéfice de la guerre de 1973 et reste donc dans une configuration fragile ; la largeur du pays est de 70 km en moyenne (2 minutes de vol), les ressources hydriques sont faibles et sources de tensions avec les pays voisins et les cisjordaniens.

Israël Paris III

Sur la carte la comparaison avec la taille de Paris permet de comprendre les enjeux sécuritaires d’Israël (on y distingue l’autoroute 6 qui marque la frontière de 1948).

Dans le contexte actuel de fièvre islamique renoncer à la Judée-Samarie serait pour Israël une mise en péril constante et pour les extrémistes arabes un encouragement à reproduire les erreurs du passé.

Il n’y a qu’a voir la réaction du Conseil Central de l’O.L.P. le 14 janvier 2018, qui, pour contre-balancer la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël a décidé de « ne plus reconnaître » cet état. On peu, on doit, s’interroger sur la logique qui permet à une chose de reconnue à un moment de ne plus l’être plus tard, comment cette amnésie peut elle être justifiable ? A moins que la reconnaissance initiale n’en fut pas une, en effet que penser de la sincérité d’une reconnaissance réversible ? Les connaisseurs de l’islam se souviendront de « dar-al-Hudna », maison du calme entre « dar-al-harb » et « dar-al-islam » ; la reconnaissance d’Israël était-elle un espace-temps provisoire ?

Le peuple juif, éparpillé durant des millénaires dans divers pays, soit par exil, soit par prosélytisme ancien, à maintenu, exemple unique, certains particularismes et son lien intime avec une « Terre Promise », argument religieux, ô combien, mais aussi ferment d’une culture nationale, d’un attachement mélancolique immémorial (voir le fameux  « à l’an prochain à Jérusalem »), d’un projet politique ; malgré un environnement encore plus hostile qu’ailleurs, la permanence du peuplement juif en Judée-Samarie est un fait incontestable. Que ces populations juives dispersées, aux liens si forts, aient eu l’aspiration à former une nation, c’est-à-dire la réunion d’une conscience collective solidaire et d’un lieu, est dans l’ordre des choses de l’époque où cela eu lieu. Ensuite, sans unanimité pourtant, est née l’évidence d’un État Juif ; qui aura 70 ans ce printemps.

Ni les deux chocs pétroliers, ni la révolution islamique d’Iran, ni les deux guerres du golfe, ni les « printemps » arabes, ni la fin de l’URSS, ni les crises financières, ni la montée en puissance d’une Chine agressive, ni les pressions gauchissantes des occidentaux, ni la violence du Hamas et du Hezbollah, ni la réémergence de l’islam véritable, ni les doutes intérieurs à la société juive, n’ont entamé l’évolution d’Israël sur sa lancée de 1948. L’implantation des lotissements juifs, nommés « colonies » par les anti-sionistes,  ne répond pas seulement à des impératifs économiques ou à la pose stratégique de Pierres de Go, c’est aussi la poursuite du rêve fondateur de l’État Hébreu ; c’est une approche intime et culturelle liée à l’existence même de ce pays si particulier. On peut le regretter, s’en offusquer, y voir un caractère dominateur, mais il est vain d’attendre sa dissolution. Que le fait religieux soit initial ou primordial, que cela soit parfois dérangeant, sans doute, cela ne fait pas d’Israël  un état théocratique ; que des doubles appartenances soient contestables, c’est certain, mais est inopérant à nier qu’Israël soit le pays du Peuple Juif.

Israël est là, Israël est puissant, Israël est ainsi ; alors quelle solution pour qu’une paix durable s’installe.

La paix avec qui ?

Aujourd’hui une partie importante du monde arabe est lassé du « problème Palestinien » et désire passer à autre chose ; ce d’autant plus que la manne pétrolière se tarie, qu’il est devenu minoritaire dans l’islam, que l’Iran, héritier de la civilisation Perse millénaire, provisoirement mahométane, monte en puissance, de même que la Turquie qui pourrait un jour se souvenir de Atatürk ; sans compter l’Indonésie lointaine et peuplée.

Malgré les 13 siècles de présence coranique qui ont brouillée les origines, l’arabité même des habitants de la Cisjordanie pourrait être questionnée. Les tribus bédouines sont venues en envahisseurs, mais étaient sommes toutes assez peu nombreuses, Grecs, Romains avaient antérieurement fait souche, Phéniciens, Juifs et autres autochtones restaient majoritaires, puis ce sont les Turcs qui reprendront Jérusalem aux croisés, lesquels ne partiront pas tous ; l’unicité apparente de l’usage de l’arabe masque des diversités crypto-ethniques révélées, par exemple, par l’hystérique Tamimi ou le jeune chanteur Mohamed Assaf.

Pourtant on ne peut nier que depuis 1967, par opposition le plus souvent à Israël dans sa dimension d’un peuple devenant nation sous les yeux du monde, est née une entité humaine, injustement, mais intelligemment nommée « Palestine ». Que ceci soit peu pertinent d’un point de vue géo-politique, que la violence ait occupée la majeure part de cette construction jusqu’à en imbiber toute sa société, ne change pas la donne et on voit par exemple que le chanteur chrétien syriaque de Bethleem Yacoub Chahine place sa victoire à Arab Idol sous le signe de la Palestine politique, et arrive à réaliser un fragile, mais réel, consensus local.

Il y a donc une structure administrative reconnue internationalement comme représentative d’une population aux contours flous, il a un personnel politique contrôlant la structure dont les conditions d’admission au pouvoir sont obscures,  il y  a un territoire morcelé et contesté sur lequel cette structure exerce une autorité limitée : tout ceci ne fait pas une nation, et sans nation un état est nécessairement inopérant ; au mieux, sinon il est illégitime.

Pourtant, les Palestiniens sont devenu un peuple, distinct des autres peuples « arabes » dont les destins ont suivis des voies historiques différentes ; Israël doit l’admettre en son fort intérieur et dans son expression politique.

Entre, d’une part, l’état d’Israël, avec son histoire, son implication mondiale dans la modernité technique et scientifique, sa population éduquée et culturellement homogène, son territoire actuel administré et équipé, ses institutions démocratiques, et d’autre part, l’Autorité Palestinienne tenue à bout de bras par l’aide internationale, divisée politiquement, rongée par la corruption avec une population désemparée et malmenée, sans projet politique réel possible, il y a une dissymétrie qui constitue un obstacle majeur à l’invention d’une solution à ce conflit.

Pour faire la paix il faut être deux, si Israël existe incontestablement, l’Autorité Palestinienne n’a pas pu se hisser au niveau de représentativité suffisant, il n’y a donc pas d’interlocuteur crédible face à Israël.

On ne passe pas d’un Peuple à un État sans l’étape de la constitution de la Nation intériorisée et morale ; dans un contexte pourtant pacifique et prospère les Catalans en font l’expérience.

La guerre de 1948, pour importante qu’elle soit, n’a pas fondé la nation juive, mais marqué la création de son état du sceau de la défense vitale ; les idéologues de la « Palestine » se sont trompés en choisissant la lutte armée dont le moteur était ethnico-religieux tendant à la destruction de l’Autre, du Juif, pour exister. Ils ont ainsi conditionné leur existence à la disparition d’Israël, la pérennité de ce dernier impliquant donc leur inexistence.

Le martyrologue, emprunté au corpus musulman, à fini d’enfermer les palestiniens ; comme elle a empêché l’Algérie de devenir une nation : aucune nation véritable ne voit le tiers de sa population espérer l’exil chez l’ancien colonisateur !

Il y a des exemples de nations fondées par une guerre d’indépendance, mais ce sont des guerres impliquant de larges populations et non des poignées d’activistes aux motivations personnelles souvent troubles.

Le Hamas et les autres groupes terroristes, n’existent que par la violence et les menaces qu’ils font peser, mais ils ont échoués à créer un mouvement populaire irrépressible, ils ne font que perpétuer l’impasse initiale ; inspirant et nourris de haine.

C’est à Israël, puissance occupante de son propre aveu, d’accompagner la transformation du désormais peuple palestinien vers une nation palestinienne. Nous allons voir comment cela serait possible mais avant, un quart de siècle après les accords d’Oslo, voyons la situation territoriale actuelle.

Il est difficile de trouver des cartes synthétiques et lisibles des implantations israéliennes en Cisjordanie, coté israélien on invoque le secret militaire, et en vérité la discrétion sur les intentions, coté ONG il s’agit de travaux militants, pas forcement inexacts, mais dont la présentation est volontairement trompeuse. L’une des plus détaillée se trouve ici bien qu’il s’agisse d’un document des Nation-Unies il est totalement à charge d’Israël, néanmoins il permet d’analyser la situation. Celle-ci, pratique, est proposée par des gauchistes israéliens (qui n’ont rien à envier aux nôtres).

Pour fixer les idées j’utiliserai la carte assez ancienne suivante, due à Jan de Jong, et qui correspond à l’accord d’Oslo II.

Rappelons que, contrairement au souhait de l’Égypte, la bande de Gaza à été unilatéralement évacuée par Israël,  et qu’elle est depuis soustraite au contrôle de l’Autorité Palestinienne au profit du mouvement Hamas, dont le but est toujours la suppression de l’état d’Israël et pour sa frange combattante la mort de tous les juifs.

oslo

Les trois couleurs de fond indiquent l’autorité de contrôle sécuritaire, il est immédiatement visible que la majeure part des « territoires occupées » est sous contrôle militaire israélien (zone C, en jaune vif), et que cela fut acté par les accords garantis internationalement. On voit aussi que cette zone encercle et scinde l’espace « Palestinien » ; les routes qui y sont tracées sont très réglementées pour les arabes alors que les implantations juives sont toutes reliées par ces routes construites à dessein. Les villages arabes de cette zone sont essentiellement situés à l’ouest le long d’Israël. La bande le long de la vallée du Jourdain, est, hormis Jéricho, vide d’agglomérations arabes et les quelques villages restant ne semblent pas se développer.

La zone A est réduite aux agglomérations à forte densité Djénine, Naplouse, Ramallah, Bethléem et Hébron  (sauf la partie du caveau des Patriarches) ; enfin Jéricho est la plus grande bien que pas la plus peuplée. Il est à noter que ces villes ne sont pas toujours interconnectées par des routes « libres » pour les arabes, même si les constructions de dizaines de ponts sous les routes « juives » à permis de meilleures continuités locales ces dernières années.

La dernière zone comprend la grande majorité des villages cisjordaniens, elle est éclatée en de multiples parties, la plus grande au nord de Naplouse est un carré de 15 km de coté avec, presque au centre, une implantation juive.

Les réseaux techniques suivent un schéma assez similaire aux routes, ils sont au minimum sous le contrôle indirect d’Israël ; l’approvisionnement en eau est assez conflictuel, il s’améliore mais reste une arme pour Israël.

La situation depuis cette carte (accords d’Oslo) est similaire, mais le nombre d’implantations juives à augmenté, des routes « israéliennes » ont été construites ou protégées, des ouvrages de contrôle délimitent beaucoup de zones B (murs, tranchées, barbelés, etc.).

La région de Jérusalem, qui ne faisait pas partie de l’accord, à été l’objet d’une pression foncière, immobilière, politique et administrative considérable en faveur des juifs, aujourd’hui ils sont plus nombreux que les musulmans y compris depuis peu dans Jérusalem-est ; l’exode forcé de 1948 est vengé.
Plus encore une zone ‘E1’ hors des limites municipales de Jérusalem est apparue avec de multiples projets résidentiels, industriels, commerciaux, il s’agit nettement de créer une continuité « juive » entre Jérusalem-ouest et les grandes implantations civiles et militaires de l’ouest. Achevée cette projection de l’agglomération de Jérusalem vers l’Ouest créerait une liaison forte entre la cote et le Jourdain,  Bethléem et Hébron seraient fortement séparées du reste des zones musulmanes.  A l’évidence les quartiers encore arabes de At Tur et Silwan ne résisteraient pas longtemps à l’environnement juif et même peut être Shuafat (hors camp de réfugiés) où l’on voit déjà des enseignes rédigées en arabe et en hébreu.

E1

Si l’on observe les cartes et le statut des terres l’on s’aperçoit qu’une autre liaison est-ouest est en cours d’élaboration, il s’agit de l’axe Elkana, Ari’el, Shilo, Maale Efraim (autoroute A5), qui lui aussi abouti dans la vallée du Jourdain ; il n’est pas innocent que Shilo soit la cité du Tabernacle et première capitale d’Israël au XIIeme siècle avant notre ère ni que Ari’el abrite une importante et controversée université. L’élargissement de cette trouée, notamment vers le nord de  Shilo (jusqu’à la route 505) séparerait nettement Naplouse de Ramallah. Cette dernière, siège de l’Autorité Palestinienne, serait ainsi isolée des autres villes arabes à l’exception de la « poche »  de Jéricho.

trouée d'Ariel

Le but poursuivi par les Israéliens est assez limpide : miter au maximum le territoire, avoir le contrôle des moyens de communication, empêcher toute profondeur territoriale pour les musulmans, rompre l’horizon de leurs villages, réguler la démographie par le manque de place, limiter les expansions économiques par la petitesse des sous-zones ‘A’, imposer partout une proximité avec des établissements juifs.

Les implantations ne sont pas faites au hasard et occupent avec assez peu de population des espaces importants, au contraire des Palestiniens de plus en plus concentrés dans des agglomérations peu prospères.

L’observation en détail des implantations sur l’axe Elkana, Ari’el, Shilo, Maale Efraim, est riche d’enseignements sur l’avenir prévisible et mérite que l’on s’y attarde.

A l’ouest on voit qu’il s’évase (zone C) au contact de la frontière de 1967, le « gros » morceau de  Kalkilya (Qalqliya) au nord de l’évasement est séparé d’Israël mais aussi de la zone B par trois agglomérations  (implantations) juives, c’est aussi le cas au sud pour Rantis et Deir Ballut qui jouxtent un parc d’attractions et une base militaire Israélienne. Biddya, bourg arabe un peu important au milieu de la région est lui totalement isolé. Le triangle Zufim (au nord), Ari’el (à l’est) et Shoham (au sud – Mevo Modi’im) pourrait aisément être incorporé au territoire Israélien, les habitants des villages arabes situés dans la zone (actuellement C) devenant « arabes israéliens » ; il est à noter que l’agriculture traditionnelle des villageois n’est pas concurrentielle avec celle des implantations et que nombre de ces arabes travaillent déjà pour des entreprises Israéliennes. En changeant de statut, acquérant la nationalité Israélienne ces travailleurs seraient protégés par des lois claires et auraient les mêmes droits que les juifs employeurs ; c’est l’une des conséquences crainte par certains « colons ». Notons que ce type de réticence était celui des colons romains en Gaule au moment de l’édit de l’empereur Claude en 50.

De fait cette partie de la Cisjordanie est déjà Israélienne est cela est irréversible (hors violence guerrière), d’ailleurs le passage au statut d’université à plein titre de l’établissement public de Ari’el indique que c’est l’option du gouvernement Israélien ; il est noter que cette université ne peut recevoir, à cause des accords d’Oslo, aucun « Palestinien », l’accès à un enseignement de qualité serait une raison supplémentaire, pour les habitants locaux, de devenir « arabes israéliens ».

Vers l’Est la trouée est moins avancée mais, si la situation politique n’évolue pas vers une solution stable, il est possible d’imaginer un agrandissement de la zone C.

En voici le scénario : en premier rendre encore plus compliqué le contact entre Palestiniens en « durcissant » la route 505, qui est déjà presque le prolongement de l’autoroute (n°5 – partiellement « fortifiée ») ; à noter qu’au débouché dans la vallée du Jourdain, entre Migdalim et Gittit  il y a des zones agricoles juives isolant le bourg arabe de Majdal qui pourrait se voir coupé de Aqraba plus au nord.

En direction du sud, la zone C est plus large et le long de la route n°60 qui serpente dans une vallée fertile le gros village arabe de As-Sawiya semble prospère mais se retrouve environné d’implantations juives, à noter que la zone C en fait le tour à l’ouest. Enfin on arrive à Silho, petite bourgade juive, mais site historique important. De là une petite route, soumise à autorisation, permet de rejoindre la route ouest de la plaine du Jourdain et d’atteindre Majdal et Migdalim. Ces routes délimitent un quadrilatère de la zone B d’une cinquantaine de km² où vivent 10 à 15 000 arabes ; quelques implantations illégales de « pionniers juifs », particulièrement coriaces, ont déjà pénétré ses bords. Dans une région musulmane c’est un lieu de production de vin.

Déjà cerné de prés par la zone C ce quadrilatère va être l’objet d’une pression des Israéliens, pas de l’État mais de pionniers illégaux s’installant sur des collines vides, d’agents recruteurs pour les entreprises de la zone C, de prête-noms arabes pour l’achat de terres, puis un jour il apparaîtra que les terres mises en culture par les « pionniers » et celles achetées en sous-main se rejoignent, tout le sud d’une ligne Talfit/Qusra sera devenu juif.

camp david

En l’an 2000 les propositions de Camp David (carte ci-dessus) ne cachaient pas cette stratégie, mais l’assortissait du démantèlement de la plupart des implantations des fines bandes de zone ‘C’ situées entre les parties de zones ‘A’ et ‘B’, et aussi de celles de la vallée du Jourdain. L’incapacité de l’Autorité Palestinienne à juguler la violence anti-Israélienne à eu raison des bonnes volontés ; dés 2002 avec la vague d’attentats ayant fait 700 (sept cent !) victimes civiles juives, ces propositions étaient devenues lettre morte.

Vingt ans plus tard les trouées de Ari’el et de Jérusalem sont quasiment actées, en tout cas dans la réalité démographique et les infrastructures. Les implantations juives dans la zone ‘C’ se sont développées en nombre, activité et population.

L’incurie de l’Autorité Palestinienne et l’absence de passage à l’état de nation du peuple palestinien ont donné le temps aux activistes juifs d’accroître la présence juive dans les « territoires occupés » ; parallèlement l’attraction économique et l’opportunité de disposer de davantage de liberté de circulation ont poussé de plus en plus de palestiniens à travailler pour les entreprises installées dans les implantations, légales ou pas.

Aujourd’hui prés de 500 000 juifs vivent en Judée-Samarie au milieu moins de 3 millions d’arabes ; soit 15%[1] mais pas répartis également : les zones (violettes sur la carte) prévues pour être annexées sont déjà majoritairement peuplées de juifs.

Le plan américano-arabe porté par le président Trump et dont la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est la première étape, prend en compte la réalité territoriale imposée par le dynamisme offensif juif ; soit les palestiniens réussissent à se débarrasser de leurs dirigeants obsolètes et acceptent cette situation, soit ils perdent encore quelques années durant lesquelles le processus d’extension et de stabilisation des implantations continuera.

La rage des Palestiniens est compréhensible car chaque jour montre la progression des « juifs » et l’impuissance des « arabes », tant qu’ils seront réactifs à cette présentation du réel, au lieu de faire l’immense effort de passer par pertes le terrain gagné par Israël, cette situation perdurera, toujours plus à leur désavantage.

C’est dégueulasse ? Sans doute, qu’on peut le voir ainsi.

Oui c’est une situation inéquitable ; oui, les palestiniens sont cernés et limités dans leur développement. On peut même admettre quelques arguments tentant d’établir qu’il s’agit d’une situation historiquement illégitime.

Nous devons pourtant souhaiter que cette stratégie de tension menée par Israël réussisse, pour les Palestiniens, pour les Israéliens, et, pour nous. Ce sera l’objet de la conclusion à venir.

IV – La justice viendra après la paix.

Dans cet article j’ai volontairement utilisé les termes de juif, musulman, hébreu, arabe, sioniste, territoires occupés, Cisjordanie, israélien, Judée-Samarie, palestinien, d’une façon répartie, parfois entre guillemets. Les mots n’ont pas qu’un sens mais aussi un poids émotionnel et politique, connotés, ils sont souvent rejetés par un camp ou par l’autre car ils véhiculent des pré-supposés auxquels il faudrait se conformer ou pas. Chaque partie à ses dictas sémantiques que l’on doit suivre à peine d’être considéré comme l’ennemi ou son auxiliaire, tout écrit doit être militant et vouer l’ennemi au diable. Je n’ai pas accepté cette entrave à ma liberté d’expression.

J’ai incontestablement une sympathie pour Israël, mais elle s’arrête où commence l’intolérance d’une partie de la société juive ; j’ai aussi de la compassion pour les palestiniens entraînés sans cesse dans des impasses et servant d’aiguillons pour des conflits d’intérêts qui ne sont pas les leurs. Mais je n’offre pas un jugement moral sur les uns ou les autres, j’essaye de décrire une réalité un peu dissimulée, et de découvrir où est l’intérêt de la France et de l’occident.

Si je souhaite que les palestiniens acceptent la victoire d’Israël c’est parce que je crois que c’est devenu un préalable à toute paix et que celle-ci, pour tous, est préférable à la guerre, fut-elle larvée. Comme je l’ai dit au début de ce texte les tréfonds de l’âme de chacun des protagonistes rendent impossible une solution fondée sur des concessions équilibrées, il faut donc, injustement, que l’un perde davantage que l’autre, en tout cas que cela soit l’apparence immédiate. Ce fut le choix de Gambetta et une partie de celui de Pétain, mais c’est une autre histoire… Je ne veux pas dire que Jérusalem, al-Qods pour l’occasion, sera l’Alsace-Lorraine de la Palestine, mais que l’acceptation de la défaite permit à la France de tendre son énergie et de devenir le centre du monde artistique et intellectuel durant les 50 ans autour de 1900. Israël sera bien inspiré de ne pas sombrer dans l’ivresse dominatrice et ethno-centrée qui conduisirent au même moment l’Allemagne à l’agression de 1914 et la déconfiture de 1918 [2] [3]

– que les manœuvres américaines ne rendra pas définitive apportant à l’Europe une autre guerre qui verra la fin de sa domination sur le monde.

L’animosité judéo-musulmane, l’inimitié israélo-arabe, sont, nous l’explorons depuis le début de ce texte, d’ordre culturel, avec de multiples facettes religieuses ou ethniques ; il n’est pas inutile de s’interroger sur les conséquences qu’auraient eu d’autres choix que ceux ayant influé sur la situation actuelle.

Ainsi quelle aurait été l’Histoire si les arabes avaient acceptés le partage de 1947, si ils n’avaient pas choisi l’option d’agressions militaires jusqu’à perdre les guerres de 48, 67 et 73 (sans compter celles contres les organisations terroristes au Liban et à Gaza) ; si par conséquence les juifs des pays arabes n’avaient pas émigré en Israël, si l’épuration religieuse n’avait pas aussi touché les chrétiens ? Pour ces deniers faut-il citer l’exemple de Bethléem qui comptait une majorité de 90% de chrétiens en 1945, 70% avant la première intifada et aujourd’hui 12%.

Quelle aurait été l’Histoire, si les chrétiens moyen-orientaux avait fait une sorte d’alliance sacrée avec les juifs, si ceux d’Irak, de Jordanie, de Syrie avaient émigrés en Israël ? Si ceux de Judée-Samarie n’avaient pas quitté leur terre ? Israël serait aujourd’hui un pays de 11 millions d’habitants, dont 25% de chrétiens, totalement intégrés du fait d’une culture proche du judaïsme, et de 20% de musulmans ; les territoires occupés seraient sans majorité musulmane écrasante et partie intégrante d’Israël. Le Liban serait sans doute toujours à majorité chrétienne, sans le cancer du Hezbollah.

L’intolérance arabo-islamique est la première cause du malheur palestinien, cependant les chrétiens palestiniens, syriaques, ont grandement eu tord de mettre en avant leur discutable arabité. Tout comme les juifs ont été stupides de rejeter les chrétiens au lieu de les amener à renoncer à leur arabité et à un certain antisémitisme ; plus encore de continuer à le faire.

L’Histoire ne se refait pas, mais les mêmes causes y produisent des effets similaires.

Un cinquième, voir plus, de la population juive d’Israël se déclare athée, plus de la moitié estime que la religion n’est pas leur première préoccupation ; un quart de la population d’Israël n’est pas juive.

Je comprends la peur profonde que ces chiffres procurent aux juifs orthodoxes et à la plupart des ultra-orthodoxes ; crainte existentielle, mais aussi idéologique : Israël est l’État des juifs, est-il uniquement un état juif ? Les tensions actuelles, au sein du gouvernement israélien montrent que l’interrogation n’est pas une spéculation, la déclaration de Naftali Benett, ministre de l’Éducation, est particulièrement éclairante sur ce  débat : « Nous vivons tous ici ensemble, religieux comme non-religieux, droite comme gauche et nous devons trouver la voie pour coexister malgré nos divergences. Nous n’avons pas d’autre pays. »

Contrairement à l’esprit de « Camp David » la dégradation de la situation mondiale implique que, actuellement, Israël n’a pas les moyens de se montrer faible vis-à-vis de l’extérieur hostile, mais sa force ne peut résulter que d’un consensus intérieur, aujourd’hui entamé par les considérations dogmatiques de la gauche mondialisée post-nationale et par le confort émollient d’une part majeure de la population urbaine de la cote.

Le parti religieux pense que seule la cristallisation autour de la judéité est susceptible de re-former le ciment social et de conserver à Israël sa force inaltérable ; au contraire, avec l’attirance du vertige du défaitisme, ou de peur de lutter, la gauche imagine un Israël nouveau, ré-formé, ouvert aux non-juifs, palestiniens compris, et pour les plus extrémistes avec un nouvel élan de sionisme non-juif ! Les positions religieuses médianes de poids lourds de la droite comme  Avigdor Liberman, les déchirements autour des zera Israël démontrent que la société Israélienne n’est plus un bloc homogène.

Les coups bas juridico-médiatiques et les alternances irrationnelles, tares des démocraties contemporaines, ne permettent pas l’émergence d’un pouvoir politique incontesté en Israël, et accentuent sa fragilité dans un monde instable et des proximités locales dangereuses.

La Russie en période électorale va devoir gérer la fin de la guerre en Syrie avec soit le lâchage de son allié Assad, soit la partition de la Syrie. La Turquie menée par une enflure musulmane de premier rang, le cynique et raciste dictateur Erdogan, prend de l’ampleur jouant de son appartenance à l’OTAN et de son opposition à al-Assad ; Israël laisse un peu faire dans une optique anti-Iranienne ; c’est pure folie. L’Égypte de al-Sissi est fragile et ne peut que naviguer à vue.

Les États-Unis, travaillés par un conflit violent entre un président populiste, simpliste, électrique et un état profond corrompu, obtus, dogmatique, sont des alliés incontournables mais inquiétants. L’Inde n’est pas hostile mais la Chine est clairement pro-arabe, remplaçant partout la France défaillante du fait de sa dissolution programmée, l’Europe est totalement aux mains des libéraux-gauchistes islamophiles.

Une certaine instabilité économique globale et les désordres climatiques achèvent ce sombre tableau.

Voyons quelles sont les hypothèses d’évolution de la situation ; les explorations qui suivent concernent la Cisjordanie, car la bande de Gaza n’est pas contrôlée par Israël.

1/ La population palestinienne s’auto-administre localement – espérons mieux que maintenant ! –  sous un régime colonial bienveillant et distant, sauf en ce qui concerne la sécurité. Peu à peu cette population perdra la notion de peuple, émergée trop récemment pour résister, et ce seront des aventures individuelles de débrouilles avec les Israéliens qui achèveront de diluer le semblant national. C’est déjà un peu le cas dans certains villages très entourés d’implantations juives et dont la population travaille presque exclusivement pour des juifs. Le très efficace et maillé dispositif sécuritaire d’Israël le permettrait, il est à penser que la guerre religieuse connaîtrait quelques ravivements, rudement réprimés mais faisant des victimes de part et d’autre.

Dans la suite du processus l’Autorité Palestinienne se dissout et chaque ville-province palestinienne négocie et interagit avec Israël, on obtient une sorte de dhimmitude inversée, les pogroms en moins.

2/ Israël intègre dans son territoire national, l’actuelle zone ‘C’; les zones ‘A’ et ’B’ sont réunies mais ses habitants s’ils deviennent « ressortissants » Israéliens sont citoyens Palestiniens. Assorti d’une aide contre les chiites et de traités avantageux (eau, technologies, gaz) avec l’Égypte et la Jordanie, l’état hébreu est assuré de l’assentiment officieux des pays arabes.

Mais l’équilibre ethno-religieux d’Israël sera affecté ; les contraintes financières seront importantes puisque, les palestiniens devenant ses « ressortissants » , ce sera à Israël d’assumer ce que la communauté internationale finance actuellement. Par ailleurs il faudra que le développement économique de la Cisjordanie soit fort et rapide pour aller vers une sécularisation des populations, seule voie vers la tranquillité sociale, la proportion d’arabes –même laïcisés– atteignant 25% avec le rattachement de la zone ‘C’.

Routes et réseaux techniques continuent leur développement  « imbriqué/séparés », donnant une continuité géographique d’un genre nouveau ; une autoroute de 35 kilomètres en partie en tranchée et en partie aérienne relie Beit Hanoun (Gaza) et al-Ramadin (Hébron).

Les parties Palestiniennes pourraient devenir un quasi-état, statut à inventer, qui pourrait servir dans d’autres conflits comme en Ukraine ou en Moldavie. La représentation extérieure, la sécurité intérieure seraient soumises à un droit de regard d’Israël ; la monnaie serait unique et le pilotage économique conjoint.

3/ Israël intègre dans son territoire la Judée-Samarie ; le découpage administratif est calqué sur celui d’Israël, la citoyenneté est accordée à tous en même temps qu’une amnistie générale et une stabilisation juridique foncière de l’existant.

Le défi économique est considérable (nul doute que les pétromonarchies mettront la main au portefeuille), mais plus encore c’est le changement de nature de l’état d’Israël qui est un séisme mental pour tous, juifs et non-juifs,  40% de la population devient musulmane. L’état est obligé de se laïciser, notamment au niveau des actes d’états-civils. Le dynamisme économique juif sera renforcé, rien n’indique que la démographie évoluera en faveur des musulmans qui verraient leur niveau de vie augmenter fortement. Très rapidement les députés « arabes » s’opposeront sur des motifs politiques et non-plus ethniques, des partis trans-religieux apparaîtront et pas seulement à gauche. Les cisjordaniens peu à peu se dé-arabisent et se sécularisent grâce à une relation paix/travail/richesse.

4/ Israël évacue la Cisjordanie à l’exception d’installations militaires dans la vallée du Jourdain ; les colons se révoltent et s’affrontent avec les milices palestiniennes, quelques pogroms retournent l’opinion publique en Israël et dans le monde. Le gouvernement de Jérusalem est mis sous tutelle par un coup d’état secret, Tsahal intervient brutalement poussant à l’exil les palestiniens de la zone frontalière à l’ouest et toute la région entre les deux trouées de Ari’el et Jérusalem ; Ramallah est évacuée par la force, Jéricho est occupée. La menace de faire passer en Jordanie les nouveaux réfugiés empêche ce pays d’intervenir, l’Égypte en reste à des condamnations aussi fermes que dénuées d’intentions.

Le Hamas et le Hezbollah attaquent avec tout leur arsenal, infligeant des dommages sévères aux villes Israéliennes, la réaction de Tsahal est amplifiée par l’aide qu’elle reçoit des États-Unis. Les occidentaux reconnaissent l’annexion de la Crimée et le protectorat au Dombas décidant la Russie à interdire à la Turquie la moindre intervention ; des mouvements sociaux sont déclenchés en Iran. A la suite d’émeutes incessantes et violentes dans les banlieues musulmanes l’opinion publique européenne  se retourne en faveur des juifs ; l’accord entre chrétiens et chiites explose au Liban alors que l’armée française débarque un régiment de la Légion Étrangère destiné à empêcher le Hezbollah de traverser la Syrie pour reprendre Jéricho.

La paix revient ; toutes les zones évacuées par les palestiniens en fuite sont annexées à Israël, la zone militaire élargie le long du Jourdain et toute la zone entre les deux anciennes trouées et également annexée. Il est créé deux provinces israéliennes ayant un statut d’autonomie, Jénine/Naplouse et Bethléem/Hébron, toutes les colonies juives à l’intérieur de ces entités sont démantelées pour recevoir les palestiniens ayant fuit les combats. Aux alentours de 300 000 cisjordaniens traversent le Jourdain pour rejoindre leurs frères déjà installés, la Jordanie devient un état palestinien. Les Gazaouis achèvent les militants du Hamas épargnés par Tsahal et demandent l’annexion de la bande par l’Égypte, laquelle accepte après avoir eu l’assurance d’une aide massive de la communauté internationale.

5/ L’électro-choc ; les grandes puissances proposent le plan ci-dessus et la tenue d’un référendum honnête dans les territoires occupés.

Solution Israël

Il s’agit de projeter loin vers l’avenir toutes les parties en rompant brutalement avec les récriminations antérieures et les ambitions de conquêtes. Le principe est de constituer des zones ethnico-religieuses arabo-musulmanes suffisamment vastes pour dépasser les blocages sociologiques des palestiniens, cela se fait par l’évacuation des implantions juives, comme ce fut le cas dans la bande de Gaza. Les palestiniens admettent les gains d’Israël et une continuité territoriale non-contiguë.

Sur le plan symbolique Jérusalem est dédiée à Israël en échange, pour les palestiniens, de l’accès à la mer morte, au Jourdain et à la Jordanie par le contrôle du pont Allemby. La suppression du zonage met fin au minora que cela implique pour l’état palestinien, n’étant plus enclavé dans Israël celui-ci doit abandonner sa posture de citadelle assiégée. L’État palestinien est démilitarisé.

Autour de Kalkilya, Naplouse, Hébron et Ramallah il y a des abandons conséquents de zones objectivement peuplées et mises en valeur par des milliers de « colons » juifs qui devront êtres déplacés.

Les villages palestiniens incorporés à Israël correspondent à moins de 300 000 habitants, un choix leur est offert de devenir « arabes israéliens » ou de rejoindre un territoire palestinien, ce avec des contreparties financières importantes. Si les juifs sont contrains de quitter les « colonies » en territoire palestinien les arabes ne sont pas obligés d’abandonner leurs terres en Israël, mais celles-ci changent de juridiction.

La répartition de l’eau se fait par la création d’une instance internationale du bassin du Jourdain ; les réseaux publics sont administrés par des administrations conjointes, des dispositifs juridiques sont mis en place pour une interconnexion économique. Dans un premier temps les routes restent en réseaux séparés avec quelques connections.

Quel sera l’Histoire à venir ? Elle dépend beaucoup d’Israël.

A court terme le maintient du statu-quo profite à Israël qui laisse poursuivre des implantations de pionniers, renforce officieusement celles qui ont une assise économique (agricole ou pas) et stabilise les plus anciennes ou celles de peuplement des zones « bibliques » Jérusalem, Hébron et Shilo étant les plus marquantes.

Dans le même temps la machine à haine arabo-musulmane prospère masquant pour la population arabe de Judée-Samarie tout autant la réalité globale que les perspectives d’une paix véritablement acceptée. La Syrie et le Liban sont hors-jeu, pour l’instant l’Égypte et la Jordanie restent attachées à leur situation de paix avec Israël, cela pourrait changer, l’épisode Morsi à montré ce qu’implique une détérioration du climat proche-oriental.

Donald Trump est encore là, en principe pour 3 ans, rien n’indique qu’un démocrate ne le remplacera pas, les pétro-monarchies sont en phase positive et préoccupées par l’Iran qui est la principale menace pour Israël ; la France semble suivre timidement les américains. La Chine n’a pas encore projeté sa puissance et la Russie cherche à utiliser et contenir autant l’Iran que la Turquie elle ne mettra pas en péril son avantage en Syrie en tolérant des agressions dangereuses contre Israël.

Ce que l’on connaît du plan américano-arabe est trop proche de Oslo II et ne correspond pas à la réalité de la présence juive en Judée-Samarie, ni à la capacité réelle de peser sur les organisations –et tentations– terroristes palestiniennes.

Seul point positif, s’il cela est confirmé, est l’offre Égyptienne d’abandonner les villes de Rafah et el-Arich, qui devrait être saluée avec insistance de la part d’Israël.

Ce plan survient dans une fenêtre diplomatique favorable et à été précédé par la reconnaissance de Jérusalem comme ville juive et capitale de l’état hébreux ; le discours du vice-président Pence à Jérusalem est sans ambiguïté.

Le moment est donc propice à une avancée israélienne.

Avant d’aborder la conclusion de ce texte il faut évoquer ce que l’on appelle « les réfugiés ». Fuyant la guerre déclenchée par leurs organisations arabes locales et par leurs « frères » musulmans des dizaines de milliers d’habitants de la Palestine sous mandat Britannique ont quitté ce qui deviendra le territoire de l’État d’Israël ; d’autres ont été expulsés par Tshal pour des raisons sécuritaires plus ou moins réelles, enfin quelques exactions localisées ont eu pour effet l’exode forcé d’autres dizaines de milliers d’arabes. En 1967 peu de cisjordanniens ont préféré l’exil à la domination juive.

Les chiffres sont discutés en fonctions des dates choisies et des menaces supposées ou réelles qui pesaient sur ces populations. Le graphique suivant utilisant des données publiées par l’UNRWA, est intéressant car elles émanent d’une organisation, dépendant des nations unies, créé et maintenue depuis 70 ans (!) uniquement pour répondre aux problème des réfugiés palestiniens (!) , qui est notoirement anti-israélienne, et parfois même frôle l’antisémitisme.

nombre réfugiés

Que voyons-nous ? Juste après la guerre de 1948 et jusqu’en 1956 le nombre de réfugiés diminue, ce qui est normal compte tenue des décès et des intégrations. Après l’affaire de Suez et la justification apportés aux arabes contre Israël (et ses alliés : France et Grande-Bretagne) ce chiffre commence à augmenter, mais, c’est là que se situe l’invraisemblable manipulation cette augmentation ne correspond pas à de nouveaux exils, au contraire des départ des camps sont enregistrés, mais par les naissances. On voit ensuite que, ni la guerre des 6 jours, ni celle de Yom Kippour ne provoquent de sur-hausses détectables, en revanche les détentes avec Israël, interprétées comme des reculades, sont suivies d’accélérations majeures de l’augmentation du nombre de réfugiés.

Les réfugiés d’origine avaient été réunis dans des camps provisoires en attendant la fin des hostilités. Dans les années suivantes leur retour en Israël n’étant pas possible dans l’état de guerre permanent ils furent pris en charge par les nations-unies (l’UNRWA ) avec l’octroi d’un statut favorisant l’immobilisme. La plupart des pays arabes ou musulmans n’ont pas souhaité l’intégration de ces populations, et même une résolution de la Ligue Arabe le leur interdit. Les pétro-monarchies préfèreront recourir à des immigrés asiatiques ou africains plutôt que palestiniens. La plupart de ces camps existent toujours, y compris à Gaza et en Cisjordanie.

Il y a aujourd’hui 5 fois plus de « réfugiés » que le nombre d’individus qui avaient fuit l’avancée de l’armée juive il y a 70 ans ! En vérité le nombre de réfugiés vivants ayant connu l’exode est de quelques milliers. Gavés de subventions (UNOCHA, Union Européenne et autres ONG de gauche) les « réfugiés palestiniens » en sont à la troisième génération sans avoir pu, ou voulu, changer leur sort : pas d’avancée politique, pas d’évolution sociologique, pas d’éducation, pas d’émergence économique, seules des récriminations et des frustrations débouchant sur des violences compréhensibles à défaut d’êtres légitimes. C’est un peu comme si les petits-enfants des espagnols ayant fuit la guerre civile avaient été 2,5 millions dans des camps au sud de la France en 2008, demandant le retour sur « leurs terres », un dédommagement, la mise à mort des descendants de franquistes … et ne faisant rien en attendant !

Entre 1948 jusqu’à aujourd’hui, sans urgence vitale, de nombreux palestiniens, dont beaucoup de chrétiens, ont continué à quitter Israël ou les territoires occupés ; il s’agit souvent de personnes ayant un niveau de compétence supérieur à la moyenne ; malgré cette émigration la Cisjordanie est aujourd’hui 3 fois plus peuplée qu’en 1960 ; plus à Gaza. Toujours au chapitre de la démographie, la folle fécondité des femmes palestiniennes – dans et hors les camps – dans une société incapable de nourrir et éduquer les enfants est aussi à l’origine d’une part importante des tensions et du sous-développement économique ; par exemple seulement la moitié des enfants sont scolarisés en primaire et un quart dans le secondaire. Il est à noter qu’Israël à un programme énergique, sur fonds publics, destiné à augmenter le nombre d’arabes-israéliens dans l’enseignement supérieur. Malgré des relations souvent conflictuelles c’est en Jordanie que l’intégration des palestiniens est la meilleure, ce qui s’explique par la proximité autant que par la création récente et artificielle de la Jordanie, cela ne peut que déboucher sur une palestinisation de la Jordanie

Le budget permanent de l’UNRWA est de l’ordre de 600 millions de dollars, dont 60% est payé par les pays de l’U.E, la moitié par les USA et 4% par les pays de la Ligue Arabe ! Ce budget est plus que doublé par des projets soutenus, là s’agissant de construction de mosquées et d’éducation religieuse la contribution de l’Arabie Saoudite est plus forte … Par « réfugié » le total correspond à 270$ par an, une famille ayant généralement 5 enfants (sans compter la polygamie) cela donne un revenu annuel de 1 900$ ; pour mémoire le salaire moyen annuel en Égypte est de 600$.

Fin janvier 2018 le gouvernement libanais à publié les chiffres exacts après recensements de la population palestinienne au Liban, il ressort que le nombre (174 422) et notoirement plus faible (37% !) que les 469 331 recensés par l’UNRWA. Les explications alambiquées de cet organisme partial montrent au mieux une incompétence au pire une dissimulation volontaire. Il est à noter que l’UNRWA siège à Gaza où il emploie des milliers de salariés, le tout sous le contrôle du Hamas.

Le retour de ces petits-enfants de réfugiés sur « la terre » qui vit naître leurs grands-parents est à l’évidence impraticable :

  • pour la partie agricole, les terres ont été remembrées, retracées, remaniées par des juifs qui les ont mises en valeur et cultivées d’un façon intensive, depuis 70 ans ;
  • des routes, des installations industrielles ou commerciales, des villes ont été bâties souvent sans relation avec le substrat foncier originel ;
  • particulièrement dans la bande côtière la densité est devenue forte ;
  • pour la partie galiléenne le développement des villages arabes est mené aujourd’hui en symbiose avec le reste d’Israël ; à part quelques cas ou des relations familiales ont été maintenues  la plupart des habitants n’ont pas de liens avec les « camps » et ne souhaitent pas véritablement l’arrivée de leurs occupants ;
  • pour la partie urbaine, les constructions arabes anciennes qui subsistent sont encore plus peuplées qu’en 1948 et le reste correspond à des normes occidentales majoritairement juives ;
  • les implantions humaines, les aménagements modernes, le nombre d’habitants dessinent un paysage qui aujourd’hui n’est en rien similaire à la Palestine de 1948 ; un réfugié s’y sentirait étranger ;
  • faire « rentrer » les habitants des camps dans Israël équivaut numériquement à faire venir la totalité de la population algérienne en France.

Il est lamentable que la communauté internationale ait, par lâcheté ou arrières-pensées, laissé ces millions de personnes espérer un « retour » dans un pays qui ne peut plus être le leur pour les raisons évoquées plus-haut. Ce mythe à de plus entretenu le désir d’un rejet des juifs à la mer, comme en 1948 ; et la récupération d’un pays complètement équipé, comme sous d’autres cieux en 1962.

L’absence de la maîtrise de la démographie, pour des raisons mêlées de religion, de culture et de politique est l’un des aspects les plus contraignants et les plus inquiétants de la situation au proche-orient ; pas seulement en Cisjordanie et dans les camps.

En vérité, pas seulement au proche-orient mais en Afrique aussi et dans tous les pays musulmans ou ayant une forte communauté musulmane.

IV – L’Occident commence à Jérusalem.

Dans « Civilisation », Régis Debray, en établissant sa distinction entre « civilisation » et « culture », évoque, à titre d’exemple, une civilisation musulmane et une culture juive, ce qui, en d’autres termes, constate que le fond intellectuel juif n’a pas produit une forme d’organisation sociale, de pratiques politiques, de considérants sociologiques distinctifs et appliqués à un nombre suffisant d’humains pour devenir une civilisation alors que l’islam à eu l’opportunité historique de le faire. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une classification hiérarchique.

Régis Debray estime qu’une civilisation peu accueillir plusieurs cultures concurremment, ce serait le cas de l’actuelle civilisation nord-américaine hôte des cultures européennes et de leurs dérivés. Mais ce qui nous intéresse est la relation d’une culture avec plusieurs civilisations, ainsi la culture juive séfarade n’a pas été part significative de la civilisation musulmane, alors que les juifs ashkénazes ont prit part à la civilisation européenne, puis ensuite contribué à sa déclinaison américaine ; pourtant les différences culturelles entre ces deux rameaux juifs sont faibles pour un observateur extérieur. Remarquable aussi de constater que le différentiel des modes de vies séfarades/musulmans était plus faible que celui ashkénazes/chrétiens ; mais que l’influence juive à l’islam à diminuée avec le temps alors que l’apport juif à l’occident chrétien à augmenté dés la fin du XVIIème siècle. On peut aussi penser aux éthiopiens, chrétiens ou juifs, totalement isolés de leurs coreligionnaires durant des siècles.

Quelque que soit la nomenclature des civilisations que l’on adopte (Fernand Braudel, Samuel Huntington, etc.) la culture juive est indiscutablement liée à l’occident[2], d’ailleurs la dénomination de civilisation judéo-chrétienne à été maintes foi utilisée. En Europe, et en France particulièrement, on constate une distanciation des populations par rapport à leurs cultures propres, alors même qu’elles sont riches et ancrées, et l’adoption, plus ou moins naturelle, de comportements liés à la culture nord-américaine. L’enjeu vital de la prochaine décennie est la transmutation explicite de cette civilisation américano-européenne en civilisation occidentale par l’abandon des traits exagérés de protestantisme mercantile américain et l’introduction de la culture slavo-orthodoxe. L’Amérique représentée par Donald Trump[3] doit redevenir une culture –prédominante de fait– parmi d’autres dans la civilisation occidentale ; sinon l’apparition du monde post-américain, que l’actuel président des États-Unis ne fera que ralentir, pourrai être aussi le temps du post-occidentalisme.

Les 5 800 km² de la Cisjordanie ne sont pas l’enjeu réel du conflit en Palestine, pas plus que la possession de la Terre Sainte n’était l’objectif profond au temps des croisades ; la Palestine est un point de contact, de friction, géographique, historique et symbolique ou l’opposition de la civilisation musulmane à toute autre culture se révèle.

Arabes, Mamelouks, Turcs, maitres successifs du califat, diluent invariablement leur spécificité culturelle dans la civilisation mahométane et adoptent, plus ou moins rapidement, la même intransigeance agressive et ombrageuse. La Reconquista espagnole, la bataille de Lépante, la domination de tout le monde musulman par l’occident durant un siècle (1850-1950) n’ont pas de prise sur l’islam ; pour reprendre l’expression de Fernand Braudel, ce sont « les soubresauts du temps court ».

L’islam a le temps parce rien n’entame l’invariant dogmatique sur lequel il se fonde : le coran. Si l’on n’écoutait que les harédim on aurait l’impression d’un effet de miroir, mais voilà la culture juive à aussi produit le sionisme, une utopie, généreuse et expérimentée, dont les kibboutz furent les phalanstères. Nul n’ignore l’apport des scientifiques juifs, religieux ou pas, sionistes ou pas, à la connaissance universelle, personne ne peux nier la capacité des individus juifs à participer à la marche de sociétés non-juives chrétiennes, laïques, occidentales et même appartenant à d’autres civilisations.

Eretz-Israël aussi a le temps, mais en attendant le messie, il s’occupe !

S’il ne s’agissait que d’établir un nouvel état et de déterminer sa capitale, des négociations y parviendraient, l’échec d’Oslo, la crispation sur Jérusalem, ou le « Tombeau des Patriarches », indique que le territoire n’est qu’un prétexte, une représentation de l’affrontement culturel en Palestine. Durant les années 60 des marocains, des algériens et même des soudanais étaient venus au Proche-Orient combattre les Juifs, Le Juif en vérité ; aujourd’hui des iraniens, et toutes les tribus chiites, soutiennent le Hezbollah qui d’ici quelques semaines  pourrait embraser la région. Ces individus proviennent majoritairement de pays qui n’ont pas de frontières avec Israël, souvent ils ne sont pas arabes, ce qui les relie c’est qu’ils sont des combattants d’Allah, œuvrant pour l’établissement universel de l’islam.

La volonté presque centenaire de rejeter les juifs hors de Palestine qui habite les musulmans est pourtant contredit par des versets du coran, mecquois il est vrai ; contexte religieux, indiscutablement, mais dans une forme intrinsèque plus que littérale.

L’épuration religieuse menée par les musulmans dés qu’ils sont en capacité de la faire, résulte de la peur de la comparaison, de la concurrence intellectuelle ; chez nous, la provocatrice ou la soumise qui porte le voile, le salarié musulman qui refuse de toucher la main d’une femme ne font rien d’autre qu’une forme d’épuration, c’est-à-dire de restreindre l’échange, le contact. La ghettoïsation volontaire des « quartiers », le refuge dans la langue arabe, procèdent de la même volonté d’enfermement, de non-côtoiement. La pureté recherchée n’est, primordialement, ni utilitaire, ni ethnique, ni idéologique elle est préventive.

Les millions de non-musulmans approchant les musulmans sont autant de points de contacts réputés dangereux pour l’intégrité islamique, en les rejetant physiquement, en les éjectant du réel , en se concentrant, en recherchant l’entre-soi – dans les pays à majorité musulmane tout comme dans nos banlieues– l’islam se préserve de la mise en évidence de son inconsistance philosophique, sa crainte de la confrontation des idées n’est que la marque qu’il connait sa disqualification dans l’histoire morale du monde.

Israël, les juifs, Jérusalem sont emblématiques de cette peur panique de l’islam face à la modernité ouverte, à l’altérité dynamique ; dans l’immensité du monde, dans la succession implacable des âges, un mur, édifié il a des siècles, concentre à lui seul l’antagonisme paroxysmique de deux perspectives humaines, de deux mondes que rien ne parait concilier, l’islam et l’occident.

Pensons à ce qu’écrivait Pierre Boutang : « L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer ».

Il est bien là le choc des civilisations ; si Israël tombe Saint-Denis sera la prochaine étape, pensez-y !

 


[1] les amateurs d’uchronies remarqueront que ce chiffre correspond à la proportion de pied-noirs en Algérie.

[2] que les manœuvres américaines ne rendra pas définitive apportant à l’Europe une autre guerre qui verra la fin de sa domination sur le monde.

[3] Rappelons qu’il n’y a dans cette dénomination aucune dimension géographique – notons l’intelligence du christianisme pour qui ni Rome ni Jérusalem n’ont été des directions théo-symboliques.

[4] Paradoxalement l’Amérique de Obama, celles des GAFA, celle des « villes-monde » est infiniment plus dominatrice et exclusive.

Jérusalem : Trump faiseur d’Histoire.

Ça y est, l’impensable s’est produit au Proche-Orient : les États-Unis d’Amérique ont reconnu Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël. Qu’un pays change de capitale est rare mais d’autres cas existent à l’époque moderne, par exemple Brasília au Brésil,  Ankara en Turquie. Là, il s’agit pour 220 millions d’arabes et 1,2 milliard de musulmans, de la reconnaissance de Al-Quds comme capitale de l’État Juif.

Lorsque Islamabad à été reconnu comme capitale du Pakistan, avec le message religieux fort et agressif que cela représentait pour les minorités bouddhiste et chrétienne les susceptibilités musulmanes, toujours monovalentes, furent moins choquées…

 

A quoi faut-il s’attendre ? A ces défilés grotesques et massifs de foules mahométanes, brûlant des drapeaux, outrageant des effigies, éperdues de haine, populaces abruties, dangereuses surtout pour-elles mêmes. Et bien peut être pas, certes nous aurons des rassemblements soi-disant spontanés au Liban, en Iran, à Gaza, au Pakistan, nous verrons des images d’hommes hors de leur humanité hurlant leur intolérance, éructant, baveux, mais rien de marquant ne sera toléré en Égypte, en Jordanie, dans les émirats ou à Riyad ; la paresse magrébine sera à l’œuvre, le Yémen est bien petit, les réactions en Indonésie pourraient surprendre, Damas, c’est-à-dire Moscou, sera à scruter. En terre d’islam on crie fort le mensonge et on chuchote les vérités.

Dans un contexte de questionnements internes à l’islam de plus en plus vifs, à l’instar du Maréchal Sissi,  et de tensions internationales, il est probable que le monde shiite formera l’essentiel de la protestation, les sunnites suivront davantage l’exemple Wahhabite.

Ce dernier mot nous ramène à l’origine du conflit ; et aux mensonges. Ibn Taymiya, à la fin de notre XIIIeme siècle contestait la « sainteté » musulmane de Jérusalem et l’un de ses disciples Ibn Qayyim al-Jawziya la véracité de la sunna afférente, leurs arguments furent souvent repris y compris en Égypte dans les années 1920/30.

De quoi s’agit-il ? Déjà, Mahomet n’a jamais mis ses babouches en Palestine, ni d’ailleurs autre part qu’en Arabie, le Rocher du Dôme comme lieu du « Voyage nocturne » vers le paradis n’est qu’une récupération tardive d’après les croisades, calquée sur l’ascension de Jésus sur le Mont du Temple … c’est-à-dire au même endroit !

Jérusalem n’est jamais citée dans le coran, le nom de la mosquée Al-Aqsa (l’éloignée) désignait une mosquée isolée en Arabie ou Mahomet venait prier et qui, elle, est citée ; ce sont les Ommeyyades, dans leur mouvement géo-politique vers l’ouest, qui, après avoir transféré leur capitale à Damas, élèvent une mosquée à Jérusalem, bourgade insignifiante à l’époque, et lui donnent, perfidement, ce nom. Puis, par un transfert ou la mauvaise fois le dispute à l’inculture, les musulmans désignent cette mosquée comme étant celle où Mahomet priait, la rendant sainte par la-même. Imaginons que lorsque les anglais étaient maîtres de l’Arabie qu’ils aient bâtis une église à La Mecque en lui donnant le nom de Saint-Pierre, et qu’aujourd’hui nous estimions que la Mecque est une ville sainte chrétienne parce Saint Pierre y a prié !

Rappellerons enfin que Jérusalem est une ville liée à l’hébraïsme 2 000 ans avant l’arrivée de l’islam, et au christianisme dés son origine, 650 ans avant Mahomet, les musulmans n’y arrivant que plusieurs décennies après la mort de leur prophète. Hors des périodes de crispations politiques ou théologiques les musulmans laisseront généralement la ville dans un état d’abandon économique et n’en feront jamais une capitale, même locale.

 

Il n’y a donc aucune justification historique à la revendication d’une sainteté musulmane sur Jérusalem, c’est en réalité pour dénier aux juifs et aux chrétiens leurs droits légitimes, pour recouvrir les croyances antérieures, que la sacralité islamique du lieu à été, rétroactivement, inventée.

Les lieux saints de l’islam sont tous situés en Arabie, ce qui est normal pour un dogme de bédouins ; voyons, dans cet islam qui aime les symboles, comment la géographie rend compte de la qibla : un musulman de Riyad qui prierait vers Jérusalem serait prosterné face à Rome et Saint-Pierre, le faire à Medine –lieu hautement sacré– revient à montrer son arrière-train à la Mecque, décapitation garantie !

Vu de Téhéran, et cela nous ramène aux considérations politiques, l’angle est faible entre Jérusalem et La Mecque, et regardant vers la Méditerranée on survole une bonne part du monde Shiite.  Il n’y a guère que les musulmans de Mogadiscio qui peuvent en même temps se tourner vers Jérusalem et La Mecque, et ceux d’Istanbul …

 

Cependant la situation internationale est tendue à un point d’étiage ; la crise coréenne, l’inquiétude écologique, l’instabilité financière, l’immigration incontrôlée en occident, le Brexit, la Chine offensive, sont des ferments de crises de grandes amplitudes qui devraient bien vite prendre le dessus sur le choix de la capitale de l’État d’Israël. Le moment choisi par Trump pourrait ainsi permettre d’étouffer le séisme politico-culturel, et, la réaction passionnelle étant passée, de replonger Jérusalem dans l’indifférence musulmane où elle fut cantonnée durant de longues périodes ; le futur roi d’Arabie Saoudite n’y serait sans doute pas opposé.

Mais il y à l’apprenti-sorcier Erdogan, celui qui rêve du califat, le vrai, celui de Saladin, celui de Soliman, et pas celui des cavalcades sanglantes de l’État Islamique façon Tamerlan ; c’est du coté de Ankara que pourrait venir la réaction la plus vive, la plus construite et la plus fondée politiquement. Si Jérusalem perd son statut inventé de lieux saint de l’Islam, alors seuls subsisteraient ceux d’Arabie, c’en serait fini de la tentative politique de faire croire à un islam universaliste et rejetterait celui-ci dans ses origines obscures et exclusivement arabes. Cela permettrait aussi sans doute de freiner l’épuration religieuse menée au Moyen-Orient qui en un siècle a vu la proportion de non-musulmans passer de 35 % à 5%.

 

L’absurde « processus de paix » cher à Clinton, Obama et aux forces de gauche dont la simple consultation d’une carte démontre le coté « couloir de Dantzig » est clôt par cette décision américaine, qui rappelons-le date de 1995 ; la solution du conflit Israélo-palestinien dite « à deux états séparés/imbriqués » étant tout aussi impraticable que le retour aux frontières de 1967, on peut imaginer que nous assistons aux premiers pas d’une solution similaire à celle choisie pour les fortes minorités de l’est-européen à la fin de la seconde guerre mondiale.

Lire la suite « Jérusalem : Trump faiseur d’Histoire. »

Des civilisations en guerre.

Paru dans Riposte Laïque.

 

 

Non, ce n’est pas la guerre. Depuis quelques semaines, j’avais l’idée d’écrire un article qui se serait intitulé « heureusement, ils sont cons », mon intention était de montrer comment des terroristes pouvaient mettre la France à genoux avec des actions assez simples à monter.

A l’entrée des grandes villes, des pylônes haute-tension se trouvent le long d’autoroutes, pour ceux qui disposent d’une alarme, le temps d’intervention est supérieur à celui qu’il faut pour mettre en place quelques centaines de gramme d’explosifs qui feront s’abattre le pylône et les câbles sur l’autoroute. Si simultanément 5, 8, 10, 15 attentats ont lieu les conséquences sont : privation d’électricité sur des centaines de milliers de points de distribution, effondrement en cascade (19h. un vendredi de fin Janvier ) de tout le réseau électrique national (*), blocage de sortie de villes avec répercussion globale sur toute la circulation urbaine, accidents à répétition, difficulté de déplacement des secours, interruption des communications, noir dans les rues, panique générale assurée décuplant les effets.

Il est facile de produire et de transporter des substances hautement toxiques, les dizaines de milliers de captages ou autres éléments de la chaîne de distribution d’eau potable ne sont pas protégeables, là encore une action multiple concertée pourrait entraîner des morts et une psychose considérable.

Plus complexe, mais nécessitant peu d’intervenants, serait la création d’une brèche au point de rupture de l’un des barrages hydro-électriques datant d’avant-guerre, en période de remplissage maximum cette action aboutirait à la destruction de l’ouvrage puis par répercussion entraînerait la ruine des autres barrages situés en aval, le tout dans des vallées étroites, habitées, souvent industrielles et débouchant dans des villes qui seraient ravagées par la vague.

Des milliers de kilomètres de lignes ferroviaires sont des cibles de moindre importance mais sans aucune possibilité réelle de surveillance, particulièrement dans le cas d’une attaque-suicide.

Nos gouvernants ont de la chance – et nous ? – en venant, d’une façon discutable, sur les lieux des attentats, à Charlie Hebdo puis, c’était prévisible, au Bataclan, ils prennent un risque considérable : observez les images, il y a à chaque fois dans leur proximité des véhicules garés, il suffirait que l’un d’entre ait été mis là bourré d’explosifs. Commandée à distance, l’explosion aurait des conséquences considérables, inouïes, d’autant plus que par soucis de communication et de leur destin personnel, les ministres les plus emblématiques se pressent outrageusement dans le champ des caméras. Concernant la présence conjointe du président de la République et du Premier ministre, il s’agit d’une démonstration supplémentaire de leur amateurisme et de leur manque d’implication réelle.

Ces horreurs seraient des actes de guerre contre la France, l’obligeant à des mesures extrême de limitation des libertés publiques, et à des actions militaro-policières libérées des contraintes du droit ordinaire ; c’est d’ailleurs le sens des propositions du président devant le congrès. Cent cinquante djihadistes suffiraient à exécuter successivement ces actions ; avec un ordonnancement calibré, les activités économiques, culturelles, politiques du pays seraient suspendues durablement ; au moins 10% du PIB serait dilapidé en quelques semaines, le traumatisme social modifierait à jamais les segmentations politiques, la forme même du gouvernement serait remise en cause.
Ceci serait la guerre asymétrique redoutée, et, l’avertissement de Manuel Vals le confirme, nous n’avons aucun moyen de l’empêcher.

Heureusement qu’ils sont cons ! Ou bien est-ce autre chose ?
L’islam a le temps et manipule des symboles au-delà des faits. Ces attentats s’inscrivent dans cette pratique. Le but ultime des musulmans est celui assigné par le coran : faire du monde entier la maison d’Allah, les moyens importent peu, les échecs intermédiaires sont sans importance, la durée n’est pas prise en compte.

Les tueries de vendredi ne sont ni une action de guerre, ni même un avertissement, nous ne sommes en fait pas concernés, ce sont les musulmans vivant en Europe qui sont les destinataires du message.

« Nous pouvons frapper où nous voulons, nous nous rapprochons de vous, ne soyez pas tentés par la mécréance ; vous êtes encore trop liés aux non-musulmans, trop proches d’eux, mais voyez comme ils ont peur de vous et ne vous désignent pas, au contraire ; vous n’avez pas encore assez marqué vos territoires conquis par l’islam, pour leur paix, les mécréants sont prêts à concéder davantage. Ne cessez pas de nous envoyer vos fils car vous savez comme ils sont forts et proches d’Allah. Voilez vos filles qui sont trop impudiques, car les lieux maudits seront frappés, tournez-vous vers l’islam car là est votre sécurité. »

La suite est connue, bientôt des imams considérés, à raison ou le plus souvent à tort, comme « modérés » seront la cible d’assassinats, surtout avec la fermeture officielle des mosquées dites salafistes, distinguo commode permettant de ne pas viser l’Arabie Saoudite.

L’invasion migratoire suscitée par Erdogan sera relancée dés que l’U.E. aura montré son absence de volonté d’en inverser le sens.

Quelques déséquilibrés et autres loups solitaires continueront de maintenir le débat hors du champ de la réflexion ontologique de l’être musulman.

La nationalité française accordée sans réciproque intime continuera d’installer deux peuples sur le même territoire en interdisant au premier, le seul légitime, la défense de son mode de vie : les pouvoirs publics ne pourraient pas gérer un mouvement dont 2005 ne serait que la gentille répétition ; l’Etat islamique le sait.

L’angélisme, autre nom de la pleutre complicité, et la faiblesse organisée de notre parole civile, ont permis que se forme une chaîne, sorte de cordon Bickford, dans toute la communauté musulmane en France (et en Europe), le fond idéologique est connu, Daesh vient de le rappeler ; peu importe que les soi-disant extrémistes ne soient que 10, 15 ou 20 %. Au milieu d’essence, l’eau aide la combustion. Un extrémiste comme son nom l’indique se trouve au bout de quelque chose auquel il est indissociablement lié ; et cette chose, ce terreau, n’est pas combattu.

La revendication par le califat doit être lue dans l’esprit de ceux qui l’ont écrit ; la sourate 63 – les hypocrites – n’est pas un choix innocent, surtout précédé du rappel précédant sa citation. Chacun doit lire et considérer la répercussion des versets 3 à 5 remis dans le contexte d’un islam de France, vaguement en voie de sécularisation.

Non ce n’est pas la guerre que l’on vous décrit d’un monde civilisé et pacifique, auquel appartiendrait un islam occidentalisé, contre un monde dominé par une pensée moyenâgeuse ; il s’agit de la poursuite intemporelle d’une folie globalisante d’un système de pensée incapable d’accepter l’Autre comme légitimement différent. Nous leur proposons d’êtres nous, et le coran leur rappelle sans cesse que nous devons devenir eux ; de gré ou de force.

Ce qu’ils veulent, c’est la guerre intérieure, que je ne nomme pas civile, ce sont les banlieues se barricadant, l’appel obligé à l’armée, les tours des cités bombardées ; voilà leurs rêves, croyez-vous que les habitants de ces lieux résisteront longtemps à la terreur religieuse puis physique ? Bien sûr que nous reprendrons le contrôle, pour cette fois, eux s’en moquent, l’islam a le temps, mais ensuite ?

L’Italie, pourtant bon élève du prêchi-prêcha différentialiste, pourrait être le prochain pays visé, avec la même intention ; la Grande Bretagne à t-elle fait assez en matière financière pour espérer être épargnée ; l’Espagne a déjà subi cette violence, mais Al-Andaluz refuse encore trop de mosquées ; l’Allemagne a donné ses gages en appelant la foule migrante.

Chez nous, le déclenchement se fera par la destruction d’un monument emblématique, le feu à Chambord, l’explosion du cénotaphe de Glanum, le soufflage des vitraux de Chartres, des milliers de cibles potentielles et aucun moyen de les préserver. Palmyre n’a pas servi de leçon à des dirigeants incultes, insipides, assensuels et incapables donc de percevoir le sens de cette destruction : l’islam manipule des symboles.

Nous sommes désarmés, fragiles parce que nous ne voulons pas admettre que le combat est culturel, en ce sens c’est une guerre de civilisation.

 


 

(*) Ce ne sont pas les éoliennes allemandes ni les panneaux solaires espagnols qui nous alimenteront !